Quand j’avais 12 ans je suis tombé sur clip de The Bitter End de Placebo à la télé. Tout m’a fasciné dans cette chanson. C’est une des rares chansons où je préfère les couplets au refrain. Dans le clip le groupe joue sur une immense parabole qui doit servir à sonder l’espace. Je ne connaissais pas Placebo à cette époque. Je ne savais pas que c’était un groupe moyen qui avait déjà ses plus belles chansons derrière lui.

L’album Sleeping With Ghosts n’était pas encore sorti quand j’ai découvert le clip, alors je pense que j’ai demandé à mes parents de m’acheter le single. Il y a eu une erreur quelque part et je ne me suis pas retrouvé avec le single de The Bitter End mais avec celui de This Picture, qui est une autre chanson du même album. Je l’ai retrouvé l’autre weekend que j’étais chez ma mère.

Dans This Picture je préfère le refrain aux couplets. On m’avait offert un Walkman CD Sony. Je n’arrive pas à retrouver le modèle parce qu’ils se ressemblent un peu tous, mais je me souviens qu’il était bleu clair. Je le prenais avec moi et j’allais marcher autour du plan d’eau juste en contrebas de la maison. Quand la chanson était finie je la remettais au début. Je faisais ce geste des dizaines de fois. J’écoutais Brian Molko chanter : sometimes it’s fated, disintegrated, for fear of growing old. Je crois que je ne comprenais pas le sens des paroles, mais je sentais qu’elles me disaient quelque chose au-delà de leur sens.

J’ai écouté cette chanson des milliers de fois, toujours dans la même configuration. Je ne sais pas si beaucoup d’enfants font la même chose. Je ne les croise pas, ou je ne fais pas attention à eux, comme personne ne faisait attention à moi.

Ô mon cahier, tu n’es pas pour moi un amas de papier, quelque chose d’insensible, d’inanimé ; non, tu es vivant, tu as une âme, une intelligence, de l’amour, de la bonté, de la compassion, de la patience, de la charité, de la sympathie pure et inaltérable. Tu es pour moi ce que je n’ai pas trouvé parmi les hommes, cet être tendre et dévoué qui s’attache à une âme faible et maladive, qui l’enveloppe de son affection, qui seul comprend son langage, devine son cœur, compatit à ses tristesses, s’enivre de ses joies, le fait reposer sur son sein ou s’incline par moments sur elle pour se reposer à son tour, car c’est donner une grande consolation à celui que l’on aime que de s’appuyer sur lui pour prendre du sommeil ou du repos. Il me faut, à moi, un amour comme celui-là, un amour de compassion. – Maurice de Guérin, Le Cahier vert.

Plutôt content d’avoir découvert ce type qui était de toute évidence aussi perdu que moi il y a 200 ans. Il est mort à 28 ans.

J’habite avec les éléments intérieurs des choses, je remonte les rayons des étoiles et le courant des fleuves jusqu’au sein des mystères de leur génération.

2026.01.26

You can always keep looking. That’s what the creative experience is about.


Hier pendant ma séance psy j’ai dessiné une sorte de schéma, ou de diagramme, ou de machine infernale, des mouvements de ma vie depuis ma naissance. L’idée c’était d’y voir plus clair, comme quand Rivage accroche les indices sur son tableau en liège. Je parlais en même temps que je dessinais. Je ne suis pas allé plus loin que mes 10 ans parce que l’œil du cyclone est dans cette zone.

À un moment l’idée est arrivée que mes parents ont été négligents, et que même si j’ai tout fait pour croire que c’était normal, ce n’était pas normal. Ce n’était pas normal que je me retrouve seul aussi longtemps chez moi à l’âge que j’avais. Ce n’était pas normal qu’ils ne réagissent à aucun de mes appels de détresse.

Moi je pensais que c’était normal, que je vivais une vie normale.

Je pensais qu’être tout le temps tout seul c’était normal.

Je ne comprenais pas pourquoi les parents d’Audrey ne la laissaient jamais sortir pour venir jouer avec moi. Je me disais qu’ils n’étaient pas normaux de ne pas la laisser libre. Je pensais que j’étais libre, mais j’étais prisonnier. J’étais tout seul parce qu’on ne me laissait pas le choix.

Je rentrais de l’école, je prenais un Kinder Délice dans le frigo du garage et je me cachais pour le manger. Personne n’essayait de me trouver. J’étais caché dans un coin du jardin. Des fois j’en mangeais un deuxième, des fois un troisième. Je mangeais des céréales dans le paquet. J’allais dans ma chambre. J’allais dehors. J’allais dans ma tête. J’allais dans le canapé. J’allais dans les entrées des maisons. J’allais sur mon vélo.

J’étais malheureux, mais je ne le savais pas encore.


En ce moment j’écoute Tool et je me souviens que la seule autre personne qui m’a déjà parlé de Tool dans ma vie c’est Guillaume quand on avait 11 ans.

Une femme dit : j’ai envie d’être pétée de thunes.

Comme je suis au chômage j’ai été obligé de revoir mon budget. C’est un drôle de truc l’argent. J’ai installé un logiciel pour répartir mes postes de dépenses. J’épargne depuis sept ans mais je n’ai aucune idée de quoi faire de cette épargne. Tout l’argent que je mets de côté n’a aucune perspective. Je crois que j’aimerais bien acheter un appartement, mais je n’ai pas d’emploi. Parce que j’ai moins de choses à faire de mes journées j’ai envie d’acheter des trucs. Par exemple au lieu de jouer à Magic j’achète des cartes. Au lieu de jouer à la console j’achète des jeux. Si au lieu de vivre je pouvais m’acheter des vies.

Les mesures de l’ennemi

Il ne faut pas chercher bien longtemps pour trouver tout un tas de mots qui ont l’air neutres mais imposent également la même vision de la société : « salarié / salariée » au lieu de « travailleur / travailleuse », nous représentant comme des coûts pour une entreprise (qui verse le salaire dans sa grande mansuétude) en effaçant le fait que nous produisions la richesse

Salarié me semble presque tolérable de nos jours, où le terme qui s’est imposé est collaborateur, qui en plus du reste gomme la relation de subordination et le statut. Un collaborateur peut être auto-entrepreneur, intérimaire ou salarié, secrétaire comme DRH, et donne le sentiment que tout le monde bénéficie des mêmes avantages, des mêmes rémunérations et du même droit à la parole.


Les personnes dans la même situation que moi en ce moment se lanceraient sur Twitch ou décideraient de vivre à 100% de leur pratique artistique jusque-là amateure.

J’identifie très bien d’où vient ma tristesse, mais le château que j’ai construit pour m’en protéger a un level design digne des plus sadiques d’Elden Ring : ennemis embusqués, passages secrets, scènes macabres, multiples boss aux barres de vie infinies.

Les proches qui pensent mieux me comprendre en lisant les relevés sont malheureusement pris dans une illusion profonde. Ils sont fascinés par une énième facette, beaucoup plus confortable à aborder puisqu’elle n’implique pas de dialogue. Vous ne me comprenez pas mieux, vous compreniez mieux seulement ce que vous consentez à voir. Je vis à côté de cette vie, et c’est là que j’aimerais que vous portiez le regard, mais il implique que vous vous découvriez, et personne ne veut parler à découvert quand c’est possible de garder son masque. Mes proches se sont habitués à ma belle collection de masques parce qu’ils peuvent la comparer à celle qu’ils ont sur leurs propres murs.

Je sais que je l’ai déjà écrit, mais ces derniers temps je pense réellement à supprimer ou déménager mes relevés. Je souffre trop de vivre dans l’ombre de ce double. Ce qui était un outil formidable pour mieux me connaître est devenu un outil formidable dont les autres se servent pour se dispenser de mieux me connaître.

Je vais y réfléchir.

Le capitalisme systémique, de plus en plus diffus, de plus en plus apte à capturer toute forme d’hétérogénéité faisant obstacle aux flux innervant le vivant valorisable, n’exige pas moins d’État mais davantage d’État. Jamais on n’a vu autant d’État.

Des gens vont me raconter des fragments d’histoires. Il faudra que j’essaye de comprendre, non pas où ils en sont mais où ils sont. Vers où on va.

Et vers où moi je vais depuis 14 ans que j’assemble des fragments.


J’ai répondu aux messages en attente comme j’aurais fait mes devoirs, par obligation plus que par envie.

Comme toujours dans ces périodes de grand vide, je pense au minimum : boire, manger, dormir, bouger. J’essaie de ne pas trop penser aux autres. Il se dévoue tant à ses études que les autres le pensent figé sur place.

Je n’ai toujours pas pris la moindre photo avec les deux appareils retrouvés chez Manou. C’est un geste qui m’est tellement étranger.

Du point de vue de la relation, la thérapeuthique, plutôt que le recouvrement de l’expérience par des savoirs unifiés, est le recueil et la production de fragments. Recollement de fragments. Ou, plutôt, coalescence. On rencontre quelqu’un. On écoute un bout d’histoire : un fragment. Qu’est-ce qu’un fragment ? C’est le tout contenu dans la partie. – Josep Rafanell i Orra, En finir avec le capitalisme thérapeuthique.

shedding

There were/are so many layers of me…it just felt impossible to excavate something underneath those layers.

Je crois que j’ai du mal à accepter que je vis avec ce que je ne peux pas qualifier de maladie, mais que je pourrais appeler tare ou handicap. Un poids invisible qui fait que ma vie n’a rien à voir avec celles des autres. Et parfois, comme à la lecture de ce post de Winnie Lim, on rencontre quelqu’un qui pense exactement la même chose que nous, dans un autre pays, une autre langue, une autre histoire. Le fait que le miroir soit aussi clair malgré toutes ces différences culturelles me conforte dans l’idée que nous sommes peu à porter un masque sur un masque, sur un masque, sur un masque, sur un masque, sur un masque, sur un masque, sur un visage, qui est peut-être encore un autre masque.

my theme for 2026

This year, I will send out a lot of applications for both new work and a new apartment. That will undoubtedly result in a lot of no’s; the market for both is just incredibly tough right now, and there always seems to be someone better.


Les angoisses professionnelles refont surface à force de buter sur ce problème : les métiers pour lesquels je suis qualifié ne veulent pas de moi, et je ne suis pas qualifié pour les métiers qui m’intéressent. Je ne trouve pas les mots pour faire la différence. Je ne trouve pas de sens aux journées qui passent. Je m’aventure au fond de cavernes. Je tue des chevaliers, des sorciers et des dragons. Je trouve des parchemins pour apprendre de nouveaux sorts. Quand je reviens avec un talisman, je suis heureux.

Claude Code Won’t Fix Your Life

The people who actually produce things, real things, have boringly simple systems.

Quand je fais de l’administratif, je n’utilise que deux outils : une boîte mail et un fichier todo.txt. Quand j’écris un livre, je n’utilise qu’un seul outil : l’éditeur de texte. J’ai jamais compris tout le délire autour du Second Cerveau alors qu’on est même pas capable d’utiliser le nôtre correctement. Plus d’outils, c’est plus de maintenance, donc plus de charge. Les gens qui utilisent Obsidian ou Notion m’angoissent.

930 (51, Hanımefendi Sk. No:64)

j’ai ressenti quelque chose de vertigineux : les structures dans lesquelles nous sommes pris nous font faire des choses qui, sans recul, semblent vraiment avoir du sens, alors qu’elles n’en ont pas.


Sur le buffet du salon il y a trois cadres avec des photos d’Angélique, de Julien et de moi avec notre mère, mais aucune de nous quatre ensemble.

On a regardé Gravity et When Harry Met Sally, on a écouté Solitude Standing de Suzanne Vega et La disparition de Keren Ann, on a joué à Abalone. J’ai dormi une heure et demi dans le canapé. J’entre dans mes siestes comme dans des trous noirs. Je ne fais aucun rêve, ne ressens aucun appel. On a mangé au restaurant et je lui ai expliqué la différence entre une question ouverte et une question fermée. Je lui ai expliqué que quelqu’un qui écrit : j’espère que tu vas bien ne veut surtout pas que tu lui dises que tu vas mal. L’ambiance dans Dinan était morose. Sur le parking quatre personnes restaient dans leur voiture, qui au téléphone qui en train de manger. Je lui ai dit que me taire c’était ma façon d’être moi.

191225

Ma première réaction est toujours de me dire je suis incapable.

How Markdown took over the world

The people who make the real Internet and the real innovations also don’t look for ways to hurt the world around them, or the people around them. Sometimes, as in the case of Aaron, the world hurts them more than anyone should ever have to bear.

Our Algorithmic Grey-Beige World

Those who think they’re being creative because they’re “creating content” are just living at the whims and fancies of the algorithm, painting by numbers in templates already defined.


Les paroles de Lives de Modest Mouse disent : everyone’s afraid of their own life, if you could be anything you want i bet you’d be disappointed, am i right? no one really knows the ones they love, if you knew everything they thought i bet that you would wish that they’d just shut up.

Je passe mes journées à jouer à Elden Ring et à recevoir des refus pour les offres auxquelles je postule. Je meurs en boucle dans un univers où tous les êtres vivants veulent me tuer.

Je passe trois jours chez ma mère. Je retourne dans cette maison où je ne me suis jamais senti heureux. Je n’ai rien à dire. Je suis fatigué.

Personne ne prend de mes nouvelles parce que je n’en prends de personne.

beware of the bore-out

A full work day of feeling like I actually accomplished something makes it easier to go home and study for my degree or do other projects, compared to hanging around doing basically nothing for 7 hours, which has me arriving home in a sluggish, lazy and tired mood instead.

Piano, vulnerability, and playing guitar

Anyway, this was going to be a post about playing guitar, but it seems I had a lot more to say about my vulnerability than I thought I did.

small thoughts part 6

It’s okay for things to just happen or shift with no reason that is cinematic or cool to tell others.

noclip.website

A digital museum of video game levels.


J’ai dit à ma psy ce matin que je n’avais jamais été aussi malheureux de ma vie, et que parfois je regrettais d’avoir commencé ma thérapie il y a trois ans. Je suis rentré dans un tel tunnel pour sauver la relation avec mes parents que j’ai complètement fermé les yeux sur le reste, et aujourd’hui il n’en reste que des miettes. Je ne sais pas si le résultat en valait la peine.

J’ai écrit sur un post-it une liste avec des sous-catégories de tout ce qui me fait souffrir, et c’est vertigineux. Je ne sais pas comment je vais faire pour me sortir de ce chaos. J’ai l’impression d’être toujours en retard et que je ne peux pas m’occuper des questions du présent à cause de toutes celles du passé. J’entraîne les autres dans ce gouffre. Je rêve d’un lit une place dans une pièce blanche pour m’isoler du monde et ne plus faire de mal aux autres. Je rêve d’être seul pour toujours et de perdre le sens de la parole pour garder en moi ce poison immonde.

J’ai fait un tour dans une librairie pour éviter la pluie : tous les livres sont moches. C’est devenu une industrie hyper cheap.

How to Debug Your Life

We are all drowning in technical debt. Maybe you spent your twenties “moving fast and breaking things” (ignoring your dental health and relationships). Now you’re thirty-five, and the interest payments are due.

Talent can be quiet, if you want it to be

The reason for my irritation: Everyone wants to monetize everything.


La collab Lego x Pokémon est vraiment atroce.

Je trouve bizarre de dire consommer des livres ou consommer de la musique ou consommer des films.

La conseillère France Travail me posait des questions comme si la recherche d’emploi était un jeu de culture générale. Elle me demandait : mais alors comment vous pourriez faire pour élargir votre recherche d’emploi ? Et moi je lui disais : c’est une question rhétorique ? Ou alors à la fin de l’entretien elle m’a dit : et alors qu’est-ce que vous allez mettre en place maintenant ? Et moi je lui disais : ben juste je vais continuer à chercher. À aucun moment elle ne s’est posée la question de ce que elle pourrait faire pour moi.

On dirait un parent qui te gronde un peu parce que tu as fait une petite bêtise. Je suppose que l’infantilisation fait partie du processus. Je suis parti une heure plus tard sans aucune solution ni aucune piste. Je ne sais pas vraiment en quoi son travail a consisté. Je l’ai vue prendre des notes dans son carnet quadrillé. C’est sans doute la définition d’un bullshit job. Elle m’a fait un tour de magie qu’elle connait par cœur.

C’est un métier qui a l’air très confortable parce que tu peux remettre en permanence la faute sur les autres : le candidat qui ne cherche pas bien, qui ne produit pas les bons documents, qui ne sait pas lire entre les lignes, ou l’entreprise qui est trop exigeante, qui a ses propres réseaux ou ses propres attentes difficiles à décrypter. Elle n’était même pas capable de m’aider dans mon parcours autodidacte à partir d’autres candidats déjà reçus qui auraient eu eux aussi des parcours autodidactes. Elle m’a dit : j’en ai en tête mais là je n’ai rien qui me vient. Et j’ai pensé : tu mens. Parce que moi aussi je mens donc je ne suis pas dupe.

Il y a 30 offres d’emploi pour des postes d’assistant administratif à Rennes, je veux faire de l’administratif, j’ai toutes les compétences demandées à chaque fois, mais elle a l’air de trouver plus logique que je me réoriente vers plombier ou maraîcher. C’est la réalité.


En ce moment je regarde Emily in Paris et j’aime beaucoup le personnage d’Alfie.

Petite digression sur le fait que je regarde Emily in Paris : je regarde tout. J’ai encore du mal à expliquer pourquoi j’ai regardé les huit saisons de Vampire Diaries ou les quatre de Newport Beach ou les douze (oui) de The Walking Dead, mais c’est le cas.

Alfie c’est le deuxième love interest d’Emily et sinon c’est juste un banquier en costume avec une tête sympa. Quand je le vois jouer j’imagine si j’étais banquier et la vie de banquier que je pourrais mener. Les vêtements que je pourrais porter, mon emploi du temps, ma manière de parler, de gérer ma vie sentimentale et ma vie professionnelle.

Je ne peux pas vous montrer le chemin que j’emprunte, mais cette vie imaginaire de banquier m’amène aux deux derniers albums d’Arctic Monkeys, où les narrateurs des chansons ont tous l’air d’être des sortes de banquiers dépressifs dans des univers hantologiques. Dans Star Treatment les paroles disent : hitchhiking with a monogrammed suitcase, miles away from any half-useful imaginary highway, i’m a big name in deep space, ask your mate. Ou dans The Ultracheese : i still got pictures of friends on the wall, i might look as if i’m deep into thought, but the truth is i’m probably not, if i ever was.

J’ai écouté ces deux albums littéralement des centaines de fois. J’aurais aimé écrire presque tous les textes écrits par Alex Turner. J’ai l’impression qu’il a eu les visions que je n’ai pas eues au même âge, et sans doute parce que c’est une star. Je ne peux pas vraiment l’expliquer mais je crois que c’était son code secret pour atteindre ce niveau littéraire. Toutes ses chansons sont de la pure nostalgie de star.

J’aimerais écrire des romans avec une nostalgie de banquier.

Plain Text Doesn’t Have to Be Ugly, It Just Has to Stay Boring in the Right Ways

Of course plain text is boring. The right kind. Once you’re certain you are either pursuing clarity or focus-friendly self-expression and not falling into distraction mode, continue on.

Failure vs. Success is the Wrong Frame

The fear that stops people from making things is almost entirely the fear of the performance frame. Nobody is afraid to experiment. We’re afraid to be judged.


J’ai mis en ligne ma page Réflexions sur le processus d’édition.

C’est la première d’une série de pages isolées que je mettrai en ligne au fil du temps en fonction de mes projets. Elles n’auront évidemment pas toutes la même tête, ni le même sujet. C’est facile pour moi à produire, et pour vous à partager avec un seul lien.

C’est internet, tout simplement.

C’est une petite page pour le moment, mais je trouverai un moyen de la faire évoluer en fonction de mes expériences et de mes rencontres. J’en suis très content. Elle résume bien là où j’en suis. Vous verrez, il y a même des screens de mes textes en cours de correction. Pour les généticiens du texte c’est comme une glace à la vanille. Une petite glace avec pas beaucoup de vanille parce qu’il n’y a pas beaucoup de screens. Ou alors une glace qui a surtout coulé sur les doigts et avec un cornet un peu mou parce que je suis pas Flaubert non plus. Enfin je crois que vous avez compris la métaphore.

Je sais pas si vous avez déjà vu Michael Clayton, mais moi je l’ai regardé hier et c’est vraiment un super film.

J’ai une pensée pour Aaron Swartz, dont j’aurais aimé être le contemporain plus longtemps.

hopping on the cameron winter bandwagon

To me, it sounded like those moments you have, say when you walk by the house your childhood friend no longer lives in

may 2026 be a boring year

I don’t want to be a person who needs to be constantly seeking for something. I would like to be at ease, more than anything. I want to be capable of staring into the abyss of boringness and feel okay with it.


C’est devenu tellement facile de mettre en ligne les relevés que c’en est presque un peu perturbant. Au tout début je devais ouvrir mon dossier, mon serveur ftp, entrer le mot de passe du serveur, ouvrir le terminal, taper les lignes de commande, puis glisser-déposer mon fichier du dossier au serveur. Alors que maintenant j’appuie juste sur HOME+u.

C’est bizarre d’avoir fini par oublier qu’un ordinateur c’est précisément la machine qui est censée travailler à notre place. Elle est faite pour et on continue à entrer des données à la main dans des tableurs Excel.

En triant encore des livres, j’ai pensé que j’avais construit une parfaite bibliothèque de prouveur. Comme je lisais tout, littéralement des centaines de livres chaque année, je crois que je voulais que ce soit visible autant pour moi que pour les autres, si bien que je gardais les livres comme des preuves. J’ai gardé 20 Duras, 20 Beckett, 20 Bernhard, 20 Simon, alors qu’en général je ne me souvenais pas de la moitié de ce qui était écrit dedans, et que je ne les relirai jamais.

Mais c’est une bibliothèque qui ne reflète pas du tout qui je suis. Elle occulte volontairement une immense part de mon identité pour en présenter une autre supposément plus légitime. Mais en réalité tout le monde s’en fout de tous ces livres, et moi le premier. Je me suis surtout construit un mausolée, un tombeau, pour qu’on puisse se souvenir de moi comme celui qui a tout lu.

Alors que je voudrais qu’on se souvienne de moi juste parce que j’ai été gentil.

J’ai plusieurs objets à vendre d’occasion : mon vieux Macbook Air, mon vieux Macbook Unibody, mon clavier Varmilo, mes JoJolion (parce qu’en vrai ce n’est pas très bien), et peut-être mes DanDaDan.

DemainJarretePas

De toute façon j’aime bien être limité
Dans ma consommation culturelle
Je me sens libre

Amaya Home Page

Amaya est un éditeur Web, c’est à dire un outil destiné à créer et mettre à jour des documents directement sur le Web.

ÉFÉLÉ, réimprimeur la nuit

ÉFÉLÉ réimprime fidèlement, sous forme électronique, des textes du bien commun.


Comme souvent avec moi, entre le moment où j’ai dit que j’avais une idée et le moment où je l’ai réalisée, il s’est passé un jour et j’ai déjà presque tout fini. J’ai écrit un document d’environ 3000 mots intitulé Réflexions sur le processus éditorial, que je vais bientôt mettre en ligne.

J’ai compris comment utiliser pandoc pour convertir ce document markdown en page html avec un template et un style css liés. Il y a une ou deux options css que je n’ai réussi à intégrer mais qui étaient du détail. Je vais prendre quelques jours pour peaufiner le document avant d’en parler ici. Même si ce n’est pas grand-chose, j’ai bien aimé l’écrire et il m’aide à y voir plus clair.

Je pense m’amuser à faire davantage de pages de ce genre dans les prochains temps. Internet c’est aussi des pages sur lesquelles on tombe avec des informations random. J’aimerais faire un site pour la soirée Decks à 20 balles qu’on va organiser avec Valentin dans un ou deux mois, en mode bien Magic 1995. Et j’aimerais faire une page collaborative avec Louise, Mimi et Anti de nos avis à l’arrache sur les restaurants où on va à Rennes.

Sinon j’ai postulé à deux nouvelles offres d’emploi.

Au moins je dors beaucoup mieux en ce moment.

Je déteste les professionnels qui prennent le temps d’écrire qu’ils n’ont pas le temps de répondre à une question plutôt que de répondre à la question, parce que de toute évidence le problème ce n’est pas le temps, mais eux.

Les paroles de Say Something Loving de The xx disent : you say something loving, without hesitation it hits me, it hits me, it feels so unfamiliar, before it slips away.

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ou plutôt j’ai consenti à ce qu’on coupe les ponts avec moi et n’ai pas cherché de faire l’effort de recoller les morceaux, parce que je savais qu’il me serait impossible d’exister en tant que personne auprès d’eux, et plus comme un enfant.

la résidence continue

J’ai construit ma représentation mentale du temps sur ce schéma. Dans ma tête la semaine est circulaire et installée sur un plan vertical.

It’s hard to join the Indie Web

I’d love it if everyone had their own website, but I’m a hypocrite, talking about how easy it is to blog while I write these words inside a text editor because plaintext files are just so simple to use.


Je vais essayer de trouver la motivation d’écrire une page qui résumerait mes attentes comme auteur dans un processus éditorial cohérent. Du genre quels outils pour quelles étapes, délier l’écriture des corrections et de la mise en page pour retrouver une fabrication cohérente. J’aimerais le faire parce que mes expériences passées dans le domaine se sont révélées décevantes : des outils lourds et peu lisibles, des formats de fichiers à ne plus savoir qu’en faire, un mélange confus des rôles et des attentes et une multiplication épuisante d’allers-retours.

J’ai aussi mon expérience de lecteur pour plusieurs maisons d’édition qui joue. Par exemple je pense qu’il n’y a rien de pire que de lire des manuscrits en PDF. Ce qui m’a sauvé la vie c’est d’avoir une liseuse et de tout convertir en EPUB. Personne n’a la force de lire 300 pages sur un écran d’ordinateur ou une tablette, c’est une connerie autant au niveau de l’attention que de la santé.

Or, parmi les dénonciateurs du mensonge, le mélancolique est de longue date au premier rang. Davantage spectateur qu’acteur, se méfiant d’une réalité qui lui échappe, il voit des masques partout. Sa distance vis-à-vis du monde l’incline à vouloir démasquer et cela le situe à la fois dans le cadre d’une symptomatologie et d’une éthique. – Fernando Vidal, L’expérience mélancolique au regard de la critique.

Je ne me suis réconcilié avec l’écriture qu’au moment où j’ai commencé à écrire avec la conscience que je le faisais de toute façon en pure perte. – Roger Caillois, Le Fleuve Alphée.

Un nouveau site

On a mis dedans toute notre énergie pour être en mesure de faire au mieux ce pour quoi nous avons créé les éditions Burn~Août en 2019 : publier des textes et les rendre toujours plus disséminables et accessibles.

Même si la gestion et l’ouverture de leur catalogue est salutaire et sans comparaison dans le paysage éditorial actuel, je suis un peu déçu du nouveau site avec ses quatre blocs à faire défiler et ses informations textuelles dans tous les sens, ses cases à cocher, ses liens à cliquer. Le mode liseuse est parfait et le reste du site aurait à mon avis dû s’en inspirer.


J’allais écrire en détail sur le fait que j’avais passé la journée d’hier à pleurer, et puis j’ai été pris d’une fatigue intense à l’idée d’écrire, et j’ai tout supprimé. J’ai juste l’impression que ma tête est un fardeau et que le capitalisme est en train de la broyer.

Tout le monde porte son masque, certains avec une petite ficelle, d’autres un élastique, d’autres comme une cagoule en latex, d’autres comme les bandages d’une momie. Le mien était greffé directement à ma peau : l’enlever laisse des cicatrices. Pour le moment je ressemble à un grand brûlé. Des fois j’imagine aussi mon masque comme celui de Tobi, d’abord détruit en partie, puis explosant complètement sous la pression d’un Rasengan de Naruto. La surprise est totale de découvrir derrière un visage connu. Celui que tout le monde pensait mort est en vie, sauf qu’il n’est plus vraiment en vie.

Je sais pourquoi je me perds autant dans les outils en ce moment : je n’ai rien à raconter, alors je fais semblant de bouger la machine, comme les vieux golfeurs qui changent tous les quinze jours leur matériel pour ne pas se poser les vraies questions sur leur niveau de jeu.

Je m’en veux d’avoir abandonné Miami = Paradis. Le site est une ruine, et désormais je le visite comme une ruine.

C’est ma mère qui me réveille le matin. Quand je sors de mon lit je sais qu’une grande aventure m’attend, mais je ne sais pas encore laquelle. Tout est à sa place : mon ordinateur, ma Nintendo 64, mon bureau et mon petit palmier. Je suis déjà habillé pour partir, je n’ai pas besoin de me changer.

Je descends dans le salon où ma mère m’attend. Elle me donne un peu d’argent pour la route et me conseille de rendre visite au professeur Chen qui vit dans la maison d’à côté. Elle me dit : il arrive qu’un jour le fils aimé quitte la maison. C’est la vie. Je ne suis pas triste de la quitter parce que je sais que je pourrai revenir quand j’aurai vu assez de choses et traversé assez d’épreuves. Quand je passe le porte j’oublie même de lui dire au revoir.

Mais s’il y a, comme ici, une attente, fût-elle frustrée, la mélancolie n’a donc pas tout à fait partie gagnée. Qu’un futur, même si rien ne doit s’y produire, reste ouvert devant la conscience, le vide alors change de signification. Une plénitude est redevenue possible. – Jean Starobinski, L’encre de la mélancolie.

Information is still free

The web was a place where you could put some information out there in an attempt to connect others to it.

Blogging is An Act of Courage

The way I see it, if you want a blog to be interesting, particularly from a business perspective, it has to be personal, authentic and even controversial. Otherwise, don’t blog – it’s not going to be interesting.

D’ailleurs, les blogs existent depuis un peu de plus de 25 ans, et j’ai par exemple l’impression qu’aucune recherche littéraire ne porte sur leurs spécificités stylistiques, alors qu’il y a déjà un corpus plutôt riche et varié.


J’ai décidé de concentrer mes nouvelles recherches techniques sur mon processus d’écriture. C’est encore mieux d’apprendre à utiliser des outils qui peuvent véritablement me servir dans la vie quotidienne. Par exemple si je pouvais écrire tous mes prochains projets en Markdown et les convertir avec pandoc, je crois que ce serait une belle avancée. L’étape qui m’interroge toujours c’est la collaboration éditoriale sur un même document, mais je m’en occuperai en temps voulu.

Les supports pour ordinateurs portables sont littéralement des lutrins vendus beaucoup plus chers que les lutrins.

Il y a une offre d’emploi pour être professeur de trombone en visio.

En discutant avec Laura au restaurant hier soir, j’ai réalisé que la recherche en littérature n’est plus un domaine dynamique de notre époque, ce n’est plus un outil de lecture des événements ni des émotions. Là où j’ai le sentiment que la sociologie, l’anthropologie, la géographie, voire la philosophie (j’en lis un peu moins) se renouvellent et proposent des clés d’accès, la littérature végète. Les corpus sont la plupart du temps paresseux, datés, sans enjeux, et l’écriture critique hermétique et déphasée. J’ai lu quelques essais sympas ces dernières années, sans plus, d’autres carrément nuls, aucun en tout cas n’a approfondi ma compréhension du monde.

Why I Left Substack

And when I looked at some of the people Substack wanted to give hundreds of thousands of dollars (funded in part by subscription income), I didn’t like what I saw.

Une année déjà a passé depuis La Grande Migration d’Instagram vers Substack. Tout le monde a déjà pris de nouvelles bien mauvaises habitudes en ayant pourtant l’impression d’avoir fait un grand pas en avant. Je crois que c’est ce qui me crispe le plus dans cette histoire.

Pokémon World in 2000


Pour la première fois depuis un moment j’ai pensé que je n’aurai peut-être rien à écrire ni à mettre en ligne aujourd’hui. Je me suis engouffré dans des rabbit hole techniques sur mon ordinateur qui en général recouvrent un manque de sens dans mes actions et dans mes choix. C’est une de mes stratégies de défense. La preuve : j’ai des tensions nerveuses dans mon pouce gauche et dans mon poignet droit. Je n’ai pas fait de sport depuis une semaine parce que je suis trop occupé à avoir mieux à faire.

Comme je m’y attendais Gurvan m’a aidé à résoudre le problème de mon script bash, et j’ai donc officiellement un script fonctionnel qui me permet de compiler et mettre en ligne les relevés avec un simple raccourci clavier. J’ai même une notification qui s’affiche sur mon bureau pour dire Relevés mis à jour !, si c’est pas le comble du luxe.

La torpeur qui m’empêche de me mettre en mouvement ces derniers jours m’inquiète un peu. Ce n’est pas si facile de trouver du fuel pour alimenter la machine. Même quand il neige, ce n’est que de la neige.

J’oublie que la fiction m’a déjà fait défaut, que j’ai déjà expérimenté un sentiment de trahison narrative lorsque l’histoire ne se déroulait pas comme dans les livres, que tout ne se terminait pas par un happy end, une révélation, un retour de karma, un rétablissement de la justice, une transformation profonde. – Marie Kock, Après le virage, c’est chez moi.

C’est comme une relation amoureuse où, sur le papier, je ne pourrais rien reprocher à l’autre, mais dont je sens bien au fond que nous ne sommes pas faits pour être ensemble. Un crush passager dont les petites manies que je trouvais adorables au début finissent par me taper sur les nerfs.

A Metabolic Workspace

I was spending more time organizing thoughts than having them.


Si les newsletters me filent autant le cafard c’est parce que je visualise parfaitement les boites mal gérées avec 4529 emails non lus. Chaque nouveau mail est une pierre de plus ajoutée au sommet de ces édifices démoniaques.

Choqué d’apprendre que Lily Collins est la fille de Phil Collins.

J’ai rêvé que je m’étais fait voler mon portefeuilles dans une sorte de ville labyrinthique dans laquelle je vivais avec d’autres personnes dont j’ai oublié les identités dans des logements insalubres et minuscules. J’étais vraiment très angoissé par ce vol qui m’empêchait d’une façon ou d’une autre de pouvoir rentrer chez moi.

Quand j’ai une idée de roman en tête, comme en ce moment Mon voyage à Kanto, je remets toujours à plus tard le début de l’écriture parce que j’aime la sensation d’un projet qui m’attend. Il peut encore être parfait dans ma tête, et pas tout raté et nul comme la plupart de mes projets terminent. C’est l’idée d’un livre parfait qui pousse à en écrire des imparfaits.

welcome to desk stops

@deskstops explores the relationship between creative technologists and their desktop setups.

Dans l’idée c’est presque un site de rêve pour moi. Dans la réalité : ennui ultime. 95% des participants sont sur Mac, avec les icônes rangées à peu près pareil, c’est-à-dire pas vraiment rangées, et des fonds d’écran random. En fait il n’y a aucune variété d’environnements, ce qui m’inquiète un peu pour des artistes et des designers. Tous ces bureaux sont sincèrement interchangeables. L’évolution de l’informatique nous a fondu dans une même identité. Quelle est cette identité ?

High School Radical (1/4)

As a teenage exchange student in 2014, Max left his native France for a year to live out the American dream in the quintessential American town of Owassa, Oklahoma. Ten years later, in the runup to the presidential election in November 2024, he goes back to see what has happened to all his friends from the time.


Cette année c’est les 30 ans de la licence Pokémon, autant dire que je suis dans mes petits chaussons. J’ai déjà repéré une collection de tee-shirts Uniqlo qui sort en mars. Je n’aurais jamais pensé écrire cette phrase.

Maintenant que mon filler arc est terminé et que je me retourne sur les trois mois qui viennent de passer, je suis pris d’un léger effet d’étrangeté. Il y a eu des événements réels qui me semblent faux, de nouvelles rencontres transformées en spectres, des mouvements aussitôt figés dans le temps. Je ne sais plus vraiment quel visage j’ai présenté aux autres. Il me reste quelques marques sur le corps et dans la tête, mais je peine à les relier. Je suis de retour d’une île dont j’ai presque tout oublié. J’oublierai cette île aussi un jour, et ses coordonnées. Je saurai à peine la situer sur une carte.

La boîte de V-Rally 3 que j’ai retrouvée chez Manou est l’exemple parfait de l’objet qui ne me dit rien en soi mais pour lequel je me rappelle précisément des circonstances de l’achat : un dimanche soir, mon père m’avait emmené en voiture dans le Carrefour de la zone commerciale de Langueux, où pour une raison que j’ignore j’avais choisi cette boite parmi les dizaines qui couvraient le mur du rayon jeux vidéo. J’ai encore une impression assez nette des lumières de ce soir-là.

J’ai passé beaucoup trop de temps à essayer de créer le raccourci clavier d’un script bash qui me permet de compiler puis d’uploader l’index des relevés. Il fonctionne sans souci dans le terminal, mais mon raccourci ne lance pas la suite de commandes. Je demanderai lundi au club informatique si quelqu’un a une idée de comment résoudre ce problème.

Le je qui s’exprime ici, agile et ingénieux, sait qu’il est tout au plus l’ombre du moi espéré. Sa liberté, sans entraves et sans garant transcendant, lui est un tourment ; ce qu’il attend, c’est la confirmation absolue d’une nécessité intérieure, c’est l’équilibre d’une relation de soi à soi qui ne laisserait subsister aucune zone lacunaire, aucun résidu opaque.

Unworthy

When I see myself reflected in someone else, I shrink back. I construct something more palatable, a cleaner, plastic version of me. But I can’t hide the rot underneath.

Je suis un peu troublé par la précision avec laquelle son ressenti rejoint le mien, tout comme les articles de Starobinski sur Kierkegaard (dont la citation plus haut est un extrait) éclairent d’une nouvelle lumière ma quête.

Tempête dans un verre de cristal

Derrière l’argument du « professionnalisme » et du « sérieux » employé par la note Rubio, on voit que c’est aussi un imaginaire de pouvoir et de royauté qui se reflète dans un choix de caractère.

L’occasion peut-être de revoir la police de mes citations, qui s’affiche étrangement selon l’appareil sur lequel mon site est lu.


Je commence à prendre conscience que ce site devient un espace de curation et que c’est un travail à part entière.

Je suis allé déposer de nouveaux livres dans la boîte à livres, qui devient une bibliothèque à proprement parler vu le nombre d’ouvrages qu’elle voit défiler chaque semaine, puis j’ai échangé mes cartouches de Pokémon Pinball et Golden Sun 2 en double contre 28€ de bon d’achat pour des cartes Magic, et enfin j’ai acheté deux pellicules 35mm pour mes appareils photo. J’en ai mis une dans le Olympus : tout fonctionne, maintenant il faudra attendre un peu avant de savoir si vraiment tout fonctionne.

D’ailleurs, pendant les vacances j’ai écrit à Valentin car j’aimerais bien organiser à Rennes des soirées Magic Decks à 20 balles. Le but c’est de jouer uniquement des decks Commander dont l’ensemble des cartes vaut autour de 20€, terrains inclus. Je me dis que ce serait l’occasion de réunir autour d’une vision de Magic différente de gagner avec mon deck qui vaut plus cher que le tien, donc les lots (s’il y en a) pourraient venir récompenser d’autres spécificités que la victoire seule. Et on pourrait organiser des bulk fiesta avant ou après les matchs pour échanger toutes les cartes de merde que d’habitude personne ne veut.

Starring the Computer

Starring the Computer is a website dedicated to the use of computers in film and television. Each appearance is cataloged and rated on its importance (ie. how important it is to the plot), realism (how close its appearance and capabilities are to the real thing) and visibility (how good a look does one get of it).

“The era of the business idiot”

Reduce. Simplify. Protect attention. Return to what matters. This is not a magic recipe, it is a way of bringing the discussion back to the most concrete level. Which devices actually produce useful work, and which devices mostly produce proof of work.

Sur les dernières années à la Maison de la Poésie, on en était à un tel point de compétences, de simplification et d’automatisation avec Lucie qu’on avait réduit notre temps de travail quasiment par sept. Je pouvais sans aucun souci concentrer ma semaine de travail en une matinée sans mettre de côté aucun des enjeux de l’association (administratif, communication, médiation, programmation). Le travail administratif aujourd’hui est écrasé par les processus, ordres et logiciels inutiles. Débarrassez-vous des diaporamas et des réunions et vous verrez déjà un bout du paradis.

Working with the end in sight

My writing happens while I am reading.

En dehors des citations que je peux transcrire ici, je ne prends jamais de notes de mes lectures. Je ne surligne rien, n’écris rien dans les marges de mes livres. Je laisse faire ma mémoire défaillante et je crois que j’aime l’idée d’oublier, de ne plus savoir que vaguement, de peiner à retranscrire un argument, voire de peiner à transmettre un enthousiasme. Quand je vois la complexité des systèmes de prise de notes comme dans ce billet, je suis admiratif mais je me dis que c’est un dédale d’informations dans lequel j’aurais bien de la peine et du plaisir à circuler.

The 7 lessons I learnt about making and happiness

Not many things were sure back then, but I remembered the important lesson I learned as a child: I could always make.


Je me suis amusé à ajouter une icône lien externe à l’ancienne à côté des liens.

Je déteste les tops, les listes, les données et de manière générale tout ce qui a tendance à quantifier et analyser numériquement nos pratiques, nos loisirs et nos passions. Je me fous de savoir qui a gagné la compétition des livres, des albums et des films de l’année.

L’année dernière j’avais arrêté mon apprentissage de certains outils bash après une boulimie de nouveautés suite à l’achat de mon ordinateur. Je m’y suis remis hier parce que c’est une occupation de jour férié parfaite. J’ai enfin compris comment personnaliser et vraiment bien utiliser fzf, et j’ai installé starship qui m’a enfin permis de comprendre pourquoi mon terminal n’avait pas la même tête que ceux que je voyais sur les tutos. J’ai aussi corrigé un petit bug de navigation entre les fenêtres dans kitty. Il suffit en général d’un peu de temps et de recul pour mieux résoudre les problèmes. Je m’interroge encore sur le nombre important de dpkg installés sur mon système, mais je n’ai pas encore les compétences pour bien lire ce qui est utile ou pas. Je crois que la prochaine étape serait de faire un peu de tri dans mes plugins neovim, et de configurer ncmpcpp pour remplacer cmus.

Vivre à l’état d’ombre, vivre entre parenthèses, être le double d’un autre, tel est le tourment de celui qui a délaissé son vrai moi ou qui en a été délaissé. Seulement, il faut supposer qu’un vrai moi existe, qu’une édition originale a été déposée avant toutes les contrefaçons. Il y a donc un visage, un nom, une essence qui sont nôtres, de toute éternité. Libre à nous de les méconnaître. Notre vie alors se déleste de son sens, jusqu’à devenir fantomatique. Nous ne sommes plus que l’anagramme de notre nom. Les lettres en ont été brouillées, il faut le recomposer. […] Rejoindre son vrai nom n’est pas une tâche moins difficile que rejoindre l’éternité : c’est la même tâche.

journaux brésiliens – décembre 2025 (quelques notes de fin d’année)

je n’ai pas été prise et ça m’a quand même fait de la peine, parce que j’avais imaginé une vie un tout petit peu meilleure, et que ça m’avait coûté.

The Case for Blogging in the Ruins

Diderot spent twenty years on his infrastructure.

A website to destroy all websites

Illich also describes the concept of radical monopoly, which is that point where a technological tool is so dominant that people are excluded from society unless they become its users.

L’occasion de développer ce que je disais il y a peu quand je parlais de la honte de partager. On s’est habitué à se terrer dans un coin pour regarder les autres faire et on a fini par oublier notre propre capacité de création, de réflexion et d’émerveillement. On a oublié que même les plus petites choses valent la peine d’être présentées. C’est une inhibition générationnelle, paradoxalement à une époque où le branding personnel est omniprésent. Je ne peux que vous encourager à reprendre en main vos outils d’expression, mais surtout à retrouver de la confiance dans vos plus petits accomplissements. C’est ce qui participe à construire une société curieuse, et non voyeuriste.

On wearables

All of this stacks on top of the documented harms of digital gadgets, gear acquisition syndrome, and the creeping politics of health tech. Taken together, wearables are increasingly an unbearable shit sandwich.


Une question me trotte quand même dans la tête en ce moment : si finalement je n’étais pas en dépression, j’étais en quoi alors ?

Au rayon boissons du Super U un type m’a demandé si je savais s’il y avait des réglementations sur l’alcool pour la soirée. Je lui ai dit que je n’en savais rien, mais je ne lui ai pas dit que c’est parce que je ne buvais pas d’alcool. J’ai pris sous ses yeux une bouteille de limonade, ce qui était peut-être une façon de le dire.

Je pensais mériter mieux pour commencer 2026 qu’un pseudo-lumbago et un email de France Travail. C’est la pochette surprise des adultes.

Surimpression des trois sœurs de The Corrs sur les trois sœurs de Charmed.

Singer-songwriter Claire Cottrill (Clairo) discusses having different phases, going down research rabbit holes, and acknowledging that, for better or worse, music is the important thing.

I never really like to stay the same, anyway.

Technic and Magic: Introduction

For one, I wondered, what am I to do with myself, while we journey through these gloomy, penultimate times? And secondly, is it really true that a sociopolitical revolution would be sufficient to change the course of the events? Or is it perhaps the case that something else, at a different level, would have to change?

My website is a shifting house next to a river of knowledge. What could yours be?

A website can be anything.

Je n’arrive pas à voir mon site autrement que comme un site, je ne peux le comparer à rien, et c’est précisément pour cette raison qu’il me semble unique. Il ne pourrait être rien d’autre, il ne ressemble à rien d’autre dans ma vie. Sa disparition entraînerait un vide que je ne saurais pas comment combler. Peut-être le plus grand vide, d’ailleurs.

The Story Behind Pierre Sernet’s Mobile Tea Room

In the series, often referred to as Guerrilla Tea, the artist presents photographs in which randomly selected guests, from a variety of cultural worlds and backgrounds, are invited to share a bowl of tea.