Relevés

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Je jette une bouteille à la mer parce que mes recherches n’aboutissent à rien. Je cherche des romans qui vont vite.

Par qui vont vite, je fais référence à des livres aussi divers que Le Livre du Graal, Bouvard et Pécuchet, Moisson rouge, Les Manuscrits Ninja, Les Aventures d’Arthur Gordon Pym, Le Seigneur des Anneaux, Chainsaw Man, ou des trucs genre Manchette, Tao Lin, ou du genre des Mike Kleine, ou tout simplement de ce que j’écris.

En gros des livres sans trop de gras, où les phrases et les événements s’enchaînent sans un milliard de considérations inutiles (psychologiques comme descriptives), et avec des aventures prenantes dans l’idéal. Plus il y a d’ellipses et mieux c’est.

Vu que je lis de tout je cherche dans tous les genres. Si c’est des romans pour ados (YA ou assimilé), je prends d’autant plus.

C’est souvent plutôt une histoire de rythme que de propos. C’est pas forcément concret non plus, souvent un ressenti. Dans l’ensemble, il faut que ça avance.

Si vous avez des idées, écrivez-moi, merci !

J’ai battu la Ligue de Pokémon Emeraude avec Branette, Laggron, Airmure et Chapignon. C’était vraiment vraiment galère.

Quand j’étais petit je m’ennuyais souvent, et je verbalisais aussi souvent le fait que je m’ennuyais. Je le disais à mes parents surtout. Je n’avais pas spécialement de stratégie contre l’ennui. J’ai passé beaucoup de temps sur les mêmes jeux Game Boy et Game Boy Advance. Je démontais et remontais les mêmes Lego. Des fois j’allais demander à la voisine si elle voulait jouer avec moi, mais en vrai je ne sais plus trop à quoi on jouait. Et sinon en général je jouais juste à taper au ballon contre un mur ou à faire des tours du lotissement à vélo.

En réalité, le Dr Naomi Hunter n’est pas le Dr Naomi Hunter.


C’est une des journées les plus chaudes de l’année.

Des étudiants marchent avec un sac sur l’épaule ou des livres sous le bras dans les allées du campus de l’Université de Miami.

D’autres groupes sont assis dans l’herbe ou sur des tables de camping. D’autres jouent au basket ou discutent au bord du terrain, adossés au grillage.

Certains traversent à vélo et en skate.

L’Université de Miami accueille plus de 40 000 étudiants qui viennent du monde entier.

Toutes les disciplines y sont enseignées et certains des plus grands esprits du monde en sont diplômés.

Leurs portraits sont accrochés dans le hall d’entrée du bâtiment principal.

Par exemple il y a les portraits de Tim, archéologue, du Dr. Neo Cortex, scientifique, de Tifa Lockheart, diplomate, de Bryan Vega, archéologue, de Fionna Campbell, chirurgienne, de Mircea Speedwagon, philanthrope, et de Doppio, le maire actuel de Miami.

Tous portent leur uniforme de l’Université.

Ils en font la fierté et le prestige.

Une étudiante marche dans un couloir et s’arrête devant la porte du bureau de Chloé Price. Il y a écrit : Chloé Price, archéologue.

Elle frappe et Chloé Price lui dit d’entrer.

Le bureau est entouré de bibliothèques remplies de livres anciens, de vitrines avec des fossiles de poissons et d’ammonites, de diplômes encadrés et de petites statuettes.

Scott… Devenir le meilleur dresseur POKéMON prend du temps et est très difficile… Vas-tu tenir le coup ? Abandonner maintenant serait stupide. Tu ne dois pas oublier ton rêve. Je suis impatient de te revoir !

Avec un tempérament comme le tien, tu surmonteras tous les obstacles de la vie.

Je pêche comme un méga dingue. Je fais des combats, aussi.


Tout à l’heure j’allais faire les courses et j’ai pensé à deux trucs qui a priori n’ont rien à voir.

D’abord j’ai pensé à ma mère, que je dois rappeler. Et après j’ai pensé à Casca et à la soirée de lancement à Rennes le mois prochain.

Et je me suis rappelé que ma mère n’avait pas pu lire Rivage à cause des références et des noms de certains personnages qu’elle ne comprenait pas. C’est ce qu’elle m’avait dit après avoir essayé de le lire.

Je me suis dit que c’était normal qu’elle ne comprenne pas le nom d’un personnage comme DuKeNuKeM-4D. Peut-être qu’elle ne sait même pas comment le lire.

Et pourtant.

J’ai découvert Duke Nukem 3D sur l’ordinateur de ma mère. C’était son ordinateur de travail, un Packard Bell avec Windows 95.

Sur le même PC j’ai aussi découvert des jeux comme Sim City, Comix Zone, Ecco, Rayman, ou Le bus magique explore le système solaire.

Je devais avoir entre 7 et 10 ans, donc je parle d’une période entre 1998 et 2001.

J’étais un des premiers à l’école à avoir un ordinateur. Guillaume me l’a confirmé dans un mail il y a quelques jours.

Et donc je trouve amusant que l’ordinateur que j’utilisais quand ma mère ne l’utilisait pas a développé chez moi un imaginaire si étranger au sien.

On avait accès aux mêmes logiciels, au même moment, au même endroit (même ordinateur, même pièce, même maison) et pourtant 20 ans plus tard elle ne peut pas me comprendre.

Je me suis dit qu’en fait on n’est jamais très loin des personnes qu’on aime, et pourtant on est tout le temps toujours beaucoup trop loin.

Si ma mère avait ouvert ne serait-ce qu’une seule fois Duke Nukem 3D, même pour voir, même par erreur, peut-être qu’elle aurait pu comprendre les noms des personnages de mes livres.

Elle aurait compris que je ne viens pas de nulle part.

Que j’ai vécu à côté d’elle.

Et que tout était sous ses yeux.

Moi enfant, c’est moi adulte.

J’utilise les mêmes mots, je pense aux mêmes choses.

J’aime ma mère, je passe du temps dans son bureau, j’appuie sur les mêmes boutons pour allumer la tour puis l’écran, j’utilise la même souris, le même clavier. Je regarde ses cartes aux murs, ses documents, les produits de beauté qu’elle vend.

Je sens son parfum qui reste dans la pièce.

Je vis dans la même maison.

Je vis dans la même maison.

Paint The Silence

Tous ceux que j’entends semblent tellement détendus sans moi, ou déprimés par qui je suis aujourd’hui, ou étais, ou n’ai jamais été. – Dennis Cooper, Défaits (trad. J. Dorner).


Il était aux alentours de 23h30. J’étais en train de m’endormir devant la télé. J’ai toujours un peu de mal à m’endormir en ce moment, donc je reste devant la télé et quand je vois que je m’endors, je me lève, j’éteins la télé et je vais me coucher. J’ai des somnifères mais je préfère ne pas les prendre, sinon je fais des cauchemars. J’étais en train de m’endormir quand j’ai entendu frapper. Je me suis réveillée mais j’ai cru que c’était dans mon rêve. J’ai continué de regarder le téléfilm. J’ai entendu frapper une seconde fois. J’ai regardé l’heure et c’est là que j’ai vu qu’il était 23h30. Je n’attendais personne. Mon mari était au match de foot. Il est bénévole pour la buvette. Il part toute la journée le samedi, ou le dimanche. Le temps que je me lève et marche vers la porte il avait frappé une troisième fois. J’avais oublié de descendre les volets, et je savais qu’il ne partirait pas. J’étais stressée et je me souviens que j’avais du mal à mettre la clé dans la serrure pour ouvrir de l’intérieur. J’avais les mains qui tremblaient. J’ai ouvert et je l’ai vu devant moi. Il portait une casquette. Je ne voyais pas ses yeux à cause de la lumière automatique et de l’ombre de sa visière. Il regardait plutôt vers le sol, mes pieds, ou le paillasson. Il m’a demandé si c’était normal que mes pots de fleurs soient cassés. J’ai des pots de fleurs devant l’entrée du garage, mais ils n’étaient pas cassés quand j’ai arrosé les plantes en début de soirée. Je me suis dit que peut-être mon mari les avait renversés en sortant sa voiture du garage. Je lui ai dit que ce n’était pas grave et que je m’en occuperai demain. Il m’a dit que c’était dangereux de laisser les pots comme ça parce que des enfants pourraient se blesser avec les morceaux. Il n’y a pas d’enfants dans les maisons voisines, donc je n’ai pas compris à qui il faisait allusion. Je lui ai dit que tout irait bien et qu’il n’y avait pas de risques. Il m’a dit que je devrais au moins passer un coup de balai. J’ai entendu un bruit fort venir du salon donc je me suis retournée, et j’ai compris que c’était une explosion ou un tir dans mon téléfilm. J’ai eu peur à ce moment-là, parce que j’ai été surprise par le bruit, qui était beaucoup plus fort que le volume habituel. J’écoute toujours la télé ou la radio assez bas, j’ai des problèmes d’hyperacousie. J’ai voulu lui dire que je m’occuperai des pots et que c’était gentil de m’avoir prévenue, mais il était déjà près du garage en train de regarder les pots cassés. Il m’a dit quelque chose comme : ils pourraient se blesser, ou : je pourrais les blesser, je n’ai pas bien entendu. Il a descendu l’allée et il est parti par la droite de la rue, en marchant sur le trottoir. J’ai fermé à clés derrière moi et j’ai descendu les volets. Mon mari est rentré 20 minutes plus tard. Il m’a dit qu’il n’avait croisé personne près de la maison.

Qui êtes-vous ?

Il y a une version boîte de Pokémon Bleu en vente sur un site marchand local pour 135 euros, et je suis près à l’acheter. C’est bizarre la nostalgie.


Je dors peu.

Qui se souvient de Tokyo Megaplex ?

Pourquoi je n’arrive pas à être plus enthousiaste.

Je crois que les gens viennent ici chercher ce qu’ils veulent. Il n’y a pas une lecture des Relevés. Il y a plein de choses à l’intérieur. En fonction des obsessions les motifs ressortent. Moi j’ai beaucoup d’obsessions, mais certaines vous piègent plus que d’autres. Vous avez vos travers, qui sont les mêmes que les miens. Vous avez vos lubies, les mêmes que les miennes.

Vos angoisses, les mêmes. Vos joies, les mêmes.

Personne ne vient chercher quelque chose en particulier, parce qu’il n’y a pas un moi en particulier.

Tout va bouger, quand je vais bouger.

Bonne nuit.

Moi. Comme des limbes que je parcours, impatient déjà de m’en aller, puisque je sais que je peux entrer, sortir, rester là sans déranger, toucher ni saisir rien de vivant. – Tony Duvert, Portrait d’homme-couteau.


Je me contente de signaux faibles en attendant les signaux forts.

Si je ne passe plus mon temps à recevoir, je vais être obligé de créer à nouveau.

On dirait que je fais tout pour ne parler de ce dont je veux parler. Je n’ai pas le courage de dire les choses honnêtes. Je refuse le contact. Les gens sont blessés mais je pourrais les blesser encore plus. Je présente mes excuses avant d’être désolé. Je dessinais des scènes violentes mais je ne les imaginais pas. J’ouvrais des portes mais je ne voyais rien. Les autres imaginaient et voyaient pour moi. J’ai compris très vite ce que je faisais parce que les autres le disaient à ma place.

Ils avaient les mots pour me ranger dans la catégorie des monstres. Je ne savais pas que je le serai ensuite toute ma vie. Je ne peux pas me débarasser d’une peau qui est ma seule peau. C’est celle que j’ai depuis que je suis enfant. C’est celle que j’ai depuis toujours.

Il y a quoi derrière ma peau d’enfant.


Je reviens de loin.

J’écrivais très mal parce que je voulais me faire passer pour quelqu’un que je ne suis pas. Je faisais semblant parce que je trouvais ridicule d’être honnête. J’écrivais beaucoup. J’utilisais des images. J’avais un truc à prouver. Je jouais au plus malin. Je n’avais pas compris le vrai usage des mots. Je ne savais plus comment aimer.

On rentre chez soi et il n’y a rien pour soi.

Qu’est-ce qu’il y a après coupable ?

I don’t like leaving
The door shut
I think I missed something
But I’m not sure what

Et donc une autre strate de mon imposture fondamentale, c’est que je me racontais que ma solitude était spéciale, qu’elle était ma faute à moi tout seul parce que j’étais spécialement hypocrite et faux. – David Foster Wallace, L’Oubli (trad. C. Recoursé).


Mon ordinateur me renvoie un grand silence.

Avec Cécile on a été voir Perfect Days, qui est un beau film, plein d’objets qui ont du sens.

Je suis retourné au golf aussi. Il y avait beaucoup plus de monde que ce à quoi je m’attendais. Je n’ai pas joué sur le parcours, je me suis juste entraîné. D’autres types comme moi faisaient des approches sur le même green. Personne ne s’est parlé. J’ai aidé un joueur à retrouver sa balle perdue dans les feuilles mortes. L’herbe était spongieuse et plein de terre molle. Quand je suis rentré il faisait encore un peu jour.

Quant à la nostalgie du Paradis, elle est universelle, bien que ses manifestations varient presque indéfiniment.


Je me cache parce que je suis insupportable.

Si j’avais moins de choses à me reprocher je pourrais montrer mon visage.

Il y a deux ans j’ai écrit un ensemble de textes rassemblés ici sous le titre Autoportrait au serial-killer. C’était pas mal comme projet, assez fidèle à qui je suis et à comment j’apparais aux yeux des autres.

C’est dans un studio d’enregistrement. Taylor est assis sur une banquette avec ses genoux repliés contre son torse. Ses cheveux blonds tombent jusqu’aux épaules des deux côtés de son visage. Il a des lunettes noires, un tee-shirt blanc, un pantalon marron trop large et des baskets blanches.

Il écoute son ami jouer de la guitare.

Il est heureux de l’entendre jouer.

Foo Fighters - Everlong (Live At Wembley Stadium, 2008)

En échappant à son historicité, l’homme n’abdique pas sa qualité d’être humain pour se perdre dans l’« animalité » ; il retrouve le langage et, parfois, l’expérience d’un « paradis perdu ». Les rêves, les rêves éveillés, les images de ses nostalgies, de ses désirs, de ses enthousiasmes, etc., autant de forces qui projettent l’être humain historiquement conditionné dans un monde spirituel infiniment plus riche que le monde clos de son « moment historique ». – Mircea Eliade, Images et symboles.


Je découvre une photo prise en 2016, dans un contexte professionnel.

Elle porte son sac sur l’épaule et se tient debout sur une jambe exactement de la même façon que quand j’avais 15 ans et que je passais chez elle après le lycée pour écouter Silverchair.

Tous les autres sont tellement loin de moi.

Chaque année qui passe me rapproche d’une solitude totale.

J’aimerais aimer mais les paroles manquent et les actes aussi. J’ai tourné le dos à un pays de fantômes qui me cherchent. La seule façon de m’en sortir c’est de les embrasser, mais ils ne veulent plus de moi.

Tout s’explique par le mal que j’engendre.

Il faudrait dire pardon.

Mais qui veut encore de mon pardon.


Je peux enfin l’annoncer : Casca la couronnée, mon prochain roman, sort en librairie le 22 mars.

Vous pouvez le précommander sur Place des libraires ou même sur Amazon ou ailleurs, en vrai faites comme vous voulez.

Il y a la présentation complète sur le site des éditions de l’Ogre.

Comme vous lisez mes Relevés vous aurez compris que c’est la suite directe de Rivage au rapport mais que ce n’est affiché nulle part pour limiter les risques de ventes.

Donc si vous n’avez pas lu Rivage vous comprendrez tout parfaitement, mais si vous l’avez lu vous comprendrez encore mieux.

J’espère qu’il va vous plaire.

Maintenant je vais essayer d’être transparent.

Ce livre est très important pour moi. Ce que j’ai écrit dedans est très important, du genre vraiment important, mais sa réception l’est autant.

Je me sens un peu à court d’énergie, et je crois que j’arrive à une forme de lassitude, que je ne pense pas pouvoir surmonter si ce livre ne rencontre pas un public plus significatif que mes autres livres.

Je ne me sens pas en échec, je me sens juste nulle part. Je ne fais partie de rien, je n’ai voix à rien, ma création est tout simplement absente.

Chaque livre est une façon pour moi de me battre contre cette absence dont je souffre depuis que je suis enfant. Une forme de voile sur mes émotions, mes paroles et mes pensées.

Mais elle ne peut disparaître que si il y a des gens en face pour me voir.

Alors je le dis comme un souhait.

Comme une prière que j’adresse au ciel en fermant les yeux, à genoux sur mon lit.

Je dis : s’il vous plaît.

Je le dis tout bas.

Personne ne peut m’entendre.

Je serre très fort mes mains l’une contre l’autre. Je dis : je vous en supplie. Il faut que ça marche.

C’est mon rêve.

Natalie Imbruglia - Torn


Des fois je suis injuste mais il ne faut pas oublier que des fois aussi je suis juste.

Tout le monde se donne beaucoup de mal.

Une promenade bitumée avec du grillage sur les bords et derrière des haies de buis.


Dans la rue les trottoirs sont faits des mêmes dalles que les allées des jardins. Les voitures sont garées devant. Il n’y a pas besoin de marcher beaucoup. Les voitures démarrent toujours.

Dire les choses avec le coeur.

Je crois que je n’ai pas la même vision du roman feuilleton que les gens qui font du roman feuilleton.

C’est plat, c’est mou, c’est lent, les personnages parlent comme au 19ème siècle et il faut attendre 50 pages pour qu’il se passe concrètement un truc.

I felt like I could speak through the food, like I could communicate through creativity. And that kind of confidence, like I was good at something that was so new and that was so exciting, and I just wanted him to know that, and fuck, I just wanted him to be like, “Good job.”


Un enfant se retourne dans la rue sur Cécile et moi et se met à pleurer. Quand on le dépasse, sa soeur lui dit : mais n’aie pas peur, ce ne sont pas des monstres, ce sont des gens comme nous.

Toujours fasciné par les gens qui arrivent à vendre ce qu’ils font.

Un homme que je croise dans la rue me dit : on a mis les gants.

Je regarde mes mains.

Il a raison : j’ai mis les gants.

Watch out : le jeune écrivain multi-primé écrit une tribune réac qui sert de caution islamophobe à toute la droite !


Je viens de me rendre compte qu’un lien sur la page de l’année dernière, intitulé A good reason not to write in books, renvoie vers la page Amazon de la montre de sport que j’ai demandée à mon père pour Noël.

Je n’arrive pas à battre la Ligue de Pokémon Emeraude. Mon équipe se fait déboiter par les Oniglali de Glacia.

Mais l’histoire du genre humain se complique de tant d’événements imprévus, bizarres, mystérieux ; les voies de la vérité s’embranchent à tant de chemins étranges et abrupts, les ténèbres se répandent si fréquentes et si épaisses sur ce pèlerinage éternel, l’orage y bouleverse si obstinément les jalons de la route, depuis l’inscription laissée sur le sable jusqu’aux Pyramides ; tant de sinistres dispersent et fourvoient les pâles voyageurs, qu’il n’est pas étonnant que nous n’ayons pas encore eu d’histoire vraie bien accréditée, et que nous flottions dans un labyrinthe d’erreurs.


Des fois je relis des phrases que j’ai écrites, et je me dis que je suis pas trop mauvais. Et des fois je lis d’autres phrases, et je me dis l’inverse.

Le mieux c’est encore quand je ne lis pas, parce qu’au moins je ne me dis rien.

Je dois souvent me répéter : ne va pas sur l’ordinateur, ne regarde pas ton téléphone.

Dans le nouveau roman de Nathalie Azoulai intitulé Python, la narratrice dit cette phrase à la page 14 : [Le père de Boris] l’a élevé dans le goût de l’art et de la littérature, mais maintenant qu’il code, met-il encore les pieds au musée ?

C’est un genre de littérature réactionnaire.

Vous vous rendez compte qu’il peut encore y avoir des textes du genre en 2024. C’est vertigineux. Un livre sur le code. La littérature c’est vraiment pour les vieilles personnes. Ils se font des manuels pour comprendre le monde mais avec 40 ans de retard. Astuce de vieux : comparer le codeur à Proust.

Autre bout de phrase : Sous les claviers qui cliquettent, les doigts virtuoses, jaillissent une algèbre véloce, une grammaire multicolore, de vieilles polices de machine à écrire comme d’avant l’ordinateur […]

C’est un délire.

Une grammaire multicolore sous les claviers qui cliquettent.

Si Nathalie Azoulai vit assez longtemps dans 20 ans elle écrira son roman Playstation, et encore 20 ans plus tard iPhone 15.

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Après Facebook, après YouTube, après les NFT, les boomers de la littérature arrivent sur ChatGPT. Je cherchais un commentaire à faire mais finalement tout est dit.

Il a fait beau ce matin, moins l’après-midi.

C’est le premier jour de l’année.