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Côtoyer des animaux qui ne m’appartiennent pas relance mes questionnements quant à l’envie des personnes autour de moi d’avoir des êtres vivants qui leur appartiennent : ses animaux, ses enfants, parfois, souvent, au détriment d’un intérêt sincère pour les animaux et les enfants des autres.

Je me demande si ce n’est pas l’idéologie capitaliste, encore une fois, qui renforce le désir miroir d’une réalité qui ne nous épanouit que quand elle est à nous. Côtoyer un ami qui a un chien nous donne surtout envie d’avoir notre chien, et pas tellement de côtoyer le chien de notre ami. Ou plutôt, le côtoyer n’est plaisant que parce qu’il attise l’imaginaire qu’un jour cette joie soit la nôtre. Tout le monde espère passer de l’autre côté.

What Did Ancient Humans Do at Night?

Night belonged to criminals and the supernatural.

Avant de voir cette vidéo je pensais déjà à profiter de mon chômage pour essayer de vivre avec le rythme naturel du soleil. Je me rends compte que toute la lumière artificielle que je me prends le soir est vraiment nocive. Mon éveil tard se justifie rarement. En ce moment je dors bien, mais des fois j’aime tenter de nouvelles approches de la vie quotidienne, juste pour voir, comme quand j’ai vécu 3 semaines sans frigo en mars, même si ce n’est pas grand-chose. J’aime bien m’adapter à ce genre de contraintes, observer comment je réagis, mon entourage, les obligations que ces changements impliquent.

Par exemple aujourd’hui je ne pourrai à peu près plus rien voir à partir de 20h45. C’est difficile à imaginer, et pourtant avec de la lumière à 7h32 le matin, j’aurai eu 13h12 de jour pour faire tout un tas d’activités, ce qui est déjà énorme. Peut-être qu’on reste trop longtemps éveillés, en fait, je ne sais pas. Il faut essayer.

Bref mes délires de petit-bourgeois quoi.

My workspaces

Nobody Gets Promoted for Simplicity

Start recognizing the engineer who deleted code. The one who said “we don’t need this yet” and was right.

Avoid talking about mechanics

Keeping on the subject of discourse rather than the mechanisms and protocols keeps the text shorter, which means people are more likely to read it.

Windows Media Player Skins


Toute l’histoire actuelle avec Grasset me permet de réaliser que je n’ai jamais lu aucun livre publié dans cette maison (j’y pense en l’écrivant, en fait si : Sphinx de Garreta), que j’ai toujours trouvée réactionnaire, idéologiquement droite traditionaliste, sinon dans les idées, au moins dans le style. Même les auteurices progressistes qui ont intégré la maison ces 20 dernières années ne m’ont jamais paru vraiment progressistes. C’est une maison d’apparat, pas de littérature. C’est une maison qui publie BHL depuis 50 ans quand même, je vois pas trop quoi ajouter de plus.

En fait en ayant un minimum d’éthique et de compréhension du milieu éditorial au départ, on ne se retrouve pas dans la position d’envoyer son manuscrit à Grasset, c’est ce que je veux dire.

D’ailleurs, je me souviens qu’en 2013 Charles Dantzig m’avait appelé pour me proposer un stage. J’avais refusé parce que je ne voulais pas partir de Rennes.

Les sujets de conversation de personnes de mon âge dont je me sens exclu : les enfants, l’investissement, l’achat d’un bien immobilier, la rénovation, les animaux de compagnie, le temps de travail.

Dans le système capitaliste, l’épargne c’est de l’égoïsme et la dépense de la générosité. Je pense que des études doivent montrer que les femmes dépensent bien plus pour les autres que les hommes, qui ont tendance à tout garder pour eux (pour plus tard) (emportent l’argent dans leur cercueil).

Au Canada, la poste sonne la fin des boîtes aux lettres individuelles

Parfois je pense à certains outils communs géniaux que le capitalisme est en train de (finir de) détruire, et qu’il va pourtant falloir (qu’on devrait) reconstruire, comme les lignes de chemins de fer de proximité, ou La Poste, ou la Sécurité sociale. Une fois que l’idéologie actuelle les aura enterrés, on va devoir tout refaire comme au début. C’est tellement de temps, d’énergie, de ressources et d’argent perdu. C’est un des trucs qui me frustrent le plus, d’assister impuissant à la destruction de quelque chose de bien, qu’on va de toute façon devoir reconstruire quasiment à l’identique si on veut aller de l’avant.


Je déteste être fatigué, c’est vraiment l’état qui me déprime le plus.

J’ai encore passé une heure avec Sergio, Alto, Chinouk, Paco et Olympe. Ce que j’aime bien dans ces séances, c’est que la médiatrice m’oblige à ne verbaliser que ce qui a été positif pour moi (toucher les animaux, oser aller vers Olympe, comprendre que leurs gestes imprévus ne sont pas contre moi, apprécier être entouré, etc.)

J’ai pu parler de choses intimes en lien avec Saya, et réaliser que je m’empêchais d’avoir un animal au quotidien dans ma vie de peur que ma vie change, alors même que c’est une chatte qui a été le soutien émotionnel le plus important dans les passages à vide que j’ai traversés enfant.

Je suis vraiment heureux quand j’imagine tous ces animaux que je vais retrouver chaque semaine, je suis même ému. Je tiens à eux parce qu’ils m’aident sans parler, quand tout le monde veut que je parle tout le temps. Je ne veux pas parler.

Age Gates

The thing that worries me most about these age gating measures is that it’s a direct attempt to control access to knowledge for people who are at a time in their lives when they most dearly need access to it.

‘I feel like I’m losing her’: the families torn apart by older relatives going far right

Les personnes à partir de 50 ans sont celles qui m’inquiètent le plus quant à leur usage des réseaux sociaux. C’est vraiment terrifiant parfois, de les observer faire. Par exemple il n’y a aucune compréhension des limites entre une publicité et un contenu. La sérendipité les amène dans des endroits obscurs à force de ne pas savoir comment bien distinguer un lien d’un autre. Tout ce qui est dit sur Facebook est vrai. Les algorithmes les piègent dans des environnements dont ils ne parviennent souvent plus jamais à sortir parce qu’ils n’ont vraiment aucune notion du fait d’y être entré. Je sais que la fascisation accélérée de certains de mes proches vient de leur usage compulsif de leur téléphone/tablette (évidemment en plus de la fascisation accélérée de l’État qui n’arrange rien). Certaines croyances, des choix de vie, sans aucun recul, aucune compréhension de ce qui s’opère. C’est normal, ce sont des personnes qui n’ont reçu aucune éducation à aucun de ces outils. Ce sont des enfants.

weekly retro #63: there’s a lot of depression in this one

when i’m depressed i feel like this wet bee on the ground. stuck to the floor, wet, in a miserable place, but trying to smile so no one asks if i’m okay.

GOOSE IT UP

Starting over requires a lot of energy but it also a relief. Every time I start over I establish a new baseline. I get to reset. I get to peruse my space, both exterior and interior, and declutter: Throw out old junk, worn-out habits, misplaced loyalties, dusty grievances, faded beliefs.

2026.04.19

It’s time for a change

What do you want me to be

Who was I, again?

weird spots in hal-life 2


Un animal solitaire.

Je voulais réparer l’irréparable. Les pansements font partie du tableau.

Pourquoi est-ce que mon passé me terrifie autant ?

« Commencerait-il à être un peu hypocrite et revient-il dans le pays pour y tramer le mal sous un masque ? » me demandais-je. J’avais au fond du cœur le pressentiment qu’il aurait mieux valu qu’il n’eût pas reparu. – Emily Brontë, Les Hauts de Hurle-Vent (trad. F. Delebecque).

Books and screens

We hand them infinite information and wonder why they drown. We give them tools designed to fracture attention and blame them when their attention fractures. We built a world that profits from distraction and then pathologise the distracted.


Parfois c’est comme si je n’avais aucune matérialité, aucune consistance, et que je pouvais me dissoudre à n’importe quel moment. Disparu, volatilisé, évanoui, comme Lars Mittank.

Retro is the Future

I think tech/hardware literacy is going to play a huge roll for a lot of people who find themselves tired of being bent over by tech companies.

Dommage la petite mention du MacBook Neo comme un pas positif en avant, alors que c’est une nouvelle merde à acheter de plus.

You paid for it, you should be comfortable in it

If you own a tool, whether it’s a car, a computer, or a line of code, you own the right to change it. The manufacturer designed it for the “average” user, but you are a specific human with specific needs.

100% mon ressenti avec les cartes Magic : plutôt que de les conserver comme des objets de collection, j’ai le droit (le plaisir) de les dégrader en les jouant. C’est de cette façon qu’elles peuvent m’appartenir vraiment. Sinon, elles appartiennent au capital.

Les TCG sont-ils vraiment écologiques ?


Je lis une BD où la narratrice raconte avoir suivi une longue thérapie de deux ans après un événement traumatique. Parfois je me demande pourquoi mon parcours de soin prend autant de temps, pourquoi je suis si lent à aller mieux. Je n’ai pas l’impression de me ménager, de manquer de me remettre en question, de tenter de nouvelles stratégies. Je sais bien que ce n’est pas une course, mais je suis fatigué.

Les éditions XO font de la pub pour leurs romans sur Europe 1.

Je me sens complètement déphasé dans mes amitiés. Je ne sais absolument plus quoi dire à personne, je me sens la plupart du temps mal à l’aise, en sachant parfaitement pourquoi tout en ne sachant pas vraiment pourquoi. J’ai l’impression que tout ce que je dis blesse, que quand je me tais je blesse aussi, ou que je me blesse moi. Je ne sais pas où me situer, quoi partager. Ce soir quand je suis rentré j’ai imaginé préférable de rompre ces relations-là.

Dans l’ensemble mon mouvement en ce moment c’est plutôt de tout rompre.

Par un concours de circonstances, je retrouve mon blog de 2007 (j’avais 16 ans, j’en aurai 17 quelques jours plus tard), encore en ligne sur une adresse free. J’écris déjà, dans la nuit :

Je ne suis attaché à personne, et personne n’est attaché à moi.

Je ne sais pas si je poursuis depuis cette époque une traversée du désert faite des mêmes biais, ou si je mets le doigt sur une souffrance profonde face à laquelle je ne trouve aucune aide. J’étais déjà tellement malheureux, c’est évident, je ne sais pas comment mon entourage a fait pour ne pas le voir. Aujourd’hui je galère mille fois plus parce que personne n’a été là pour moi.

J’avais déjà toutes les raisons d’en finir, et pourtant je suis toujours là.

Je ne sais pas quel miracle me tient encore en vie.

Leaving Mastodon and all social media for good

I want a clean slate and then only be in places and do things that can make me happy. I haven’t been happy for a long, long time. I need to do some drastic changes or I’m going to do something drastic I can’t take back.

J’éprouve la même chose ces derniers temps, j’y pensais même en faisant la vaisselle ce matin : reprendre à zéro. On peut le voir comme une forme de violence, mais je trouve au contraire que c’est apaisant. Même recommencer une partie c’est continuer la partie. C’est quand on meurt qu’on naît.


La chose la plus attendrissante que j’ai vue aujourd’hui : une petite fille assise sur un ponton juste à côté de deux canards en train de dormir. Elle faisait très attention à ne pas les réveiller.

J’ai repris Elden Ring, c’est vraiment un jeu interminable. J’en suis à 110h et je viens tout juste d’arriver à Elphael. Il faut que je termine cette zone, puis que je fasse Farum Azula, puis Leyndell, la Capitale des Cendres, et j’aurai terminé l’aventure principale. Non seulement le jeu est hyper dur, mais en plus il est vaste, il y a toujours de nouvelles zones à explorer.

La Grande Librairie n’a jamais été un espace de progrès, mais ces derniers temps, enchaîner coup sur coup Finkielkraut, Houllebecq et Beigbeder, parfois lors d’émissions spéciales, en dit quand même long sur l’atmosphère éditoriale et l’état du milieu.

tentative de documentation de références 2

j’ai pleuré devant le documentaire sur Jeff Buckley, j’ai pleuré en écoutant son album Grace, en écoutant Lover, You Should’ve Come Over, j’ai beaucoup pleuré sur Lover, You Should’ve Come Over

Moi aussi.

Offpunk Manifesto

Offpunks include: a teenager who adopts a basic phone and joins a luddite club; an audiophile who, dissatisfied with Spotify, decides to acquire a record player or an mp3 player; an expert who uses cybersecurity systems; those who fight electronic device obsolescence by installing Linux or custom ROMs on their devices; a self-employed worker who deactivates their commercial social media like Instagram and Facebook; an elderly person who resists using smartphone and finds ways to circumvent digitalization.


Les personnes que je ne vois pas ne me manquent pas. Elles me manquent quand je rêve d’elles, mais alors il est trop tard pour le leur dire.

J’écris les chapitres à la première personne, mais une fois écrits j’aimerais les passer à la deuxième. Je suis content de ces deux chapitres. J’ai écrit de belles choses, des choses que je ne pourrai jamais dire.

J’ai parfois un peu de mal avec la façon dont Joan Westenberg débute ses articles comme des TPE de 1ère. Ce réflexe du voici une anecdote historique pile à propos lasse à force.

Ce qui est le plus intéressant est ce qui rebute le plus : la maintenance, la mise à jour, l’entretien. Le neuf est bien sur le moment, mais la beauté ne se révèle qu’à force.


Anaïs a déposé le dossier pour le financement de Une journée de rêve à Carmin sur Mer.

Chaque nouvelle page que je crée pour mon site est l’occasion d’apprendre de nouvelles choses sur le code, vim, la gestion du texte. Je m’amuse beaucoup. Je ne me sens pas seul.

Qu’est-ce que je pourrais écrire de beau, dans ce nouveau silence sur mesure ?

Ensheinification

Tech is too depressing, so I stayed away from tech for a while. It turns out real life is depressing too.

Je déteste de plus en plus les objets, outils, de manière générale le matériel de merde. Je déteste les trucs qui ne fonctionnent pas bien à l’achat, qui se dégradent trop vite, remplis d’options inutiles. C’est vraiment un truc qui nuit à ma santé. Par exemple j’ai une balance avec que des boutons tactiles et elle me rend fou. Dans l’ensemble tout ce qui est tactile me fait chier, cf. les téléphones. Les cuisines pleines d’électroménager me dépriment.

Social Media is the Opposite of Social Life

Each party communicates like a paranoid medieval king, who sends out heralds to convey his latest position, then raises the drawbridge again.

Here is why vim uses hjkl keys as arrow keys

Mind = blown.


On gagnerait à apparaître plus vulnérables en ligne.

J’avance dans ma vie comme dans mes lectures : je ne retiens rien, mais je continue.

Comme mes parents se foutaient royalement de ce que je pouvais bien faire de mes journées, je n’ai jamais appris à partager tout ce que je vis d’invisible. Je m’en suis rendu compte aussi en lisant les archives de mes conversations avec Camille : elle me demande ce que j’ai fait, et la seule réponse que je sais donner c’est : rien de spécial. Par rien de spécial, je veux dire : rien de visible et rien d’important. Mais si tout ce que je fais de mes journées n’est ni visible ni important, alors à quoi je passe mon temps, et à quoi bon continuer à l’occuper de cette manière. Ce que je fais est spécial et important, c’est pourquoi j’y dédie tout mon temps. Je ne sais pas comment le transmettre, mais je sais que c’est vrai. Alors la prochaine fois que je vous dirai : rien de spécial, comprenez l’inverse.

Je passe ces derniers jours à faire et refaire certaines pages de mon site. C’est du travail qui me fait plaisir. Il y a encore tellement d’outils que je ne maîtrise pas et qui me semblent hors de ma portée. Pourtant ma portée s’étend à chaque fois que je tends les bras.

the public

I have to go outside for necessities, work and enjoyment; but do I have to expose myself on and to the online? Why do I do it?

Je m’aperçois que moins je publie, moins me vient l’envie de publier, ou disons que dès que je sors du flux, je ne peux pas m’empêcher de questionner le flux. C’est la première fois en 14 ans que je m’écarte volontairement de la publication pour préserver ma santé, et pour la première fois je me demande : pourquoi pas définitivement ? Je ne sais pas à quoi demain ressemblera, je sais juste que je me suis brûlé les ailes et que pour le moment j’ai besoin de les réparer. C’est le propre de toute chose, moins on la pratique, moins elle fait sens. Se montrer, c’est un effort.

J’essaie de vivre avec mon temps, dans mon temps.


Je me force à rester dans chaque ville. Je ne me précipite pas parce que j’ai compris que c’est en restant sur place que le sens émerge. À force de passer trop vite d’une route à l’autre, d’une ville à l’autre, on oublie de remarquer les choses précieuses, qui sont les choses de tous les jours. Il y a beaucoup à faire, même après avoir parlé avec chaque personne. C’est d’ailleurs après avoir parlé avec chaque personne qu’il y a le plus à faire.

Le supplément de gain l’attirait moins que la réduction du travail ; il ne se demandait pas : combien puis-je gagner par jour si je fournis le maximum de travail possible, mais : combien faut-il que je travaille pour gagner la même somme de 2,5 marks, que je percevais jusqu’ici et qui couvrait mes besoins traditionnels ? – Mark Weber, L’Éthique protestante et l’esprit du capitalisme.

Human-computer ecology

I think that a computer is a thing you should have a relationship with. A relationship that stems from an honest understanding of what it means to relate to something that is inanimate and yet alive in an ineffable way.

Do You Have the Time?

My complaint is not really that I can’t find this timer. It is about the black hole of commerce that Amazon has become, pulling everything in, closing off even the option to get things elsewhere.

I Really Don’t Care About “Normal” People

“Normal” people need to be scared. They need to start realising that they aren’t in control of everything anymore and that they don’t get to decide who is and isn’t acceptable.


Si les gens partent, ce n’est pas à moi de combler la distance. Je ne peux pas faire l’effort dans une situation que je n’ai pas choisie. Ce n’est pas logique, mais je ne sais pas si c’est une question de logique. Je n’ai pas d’énergie pour ce mouvement loin de moi. Moi qui reste au même endroit, pourquoi je le vis autant comme une punition.

J’ai téléchargé toutes mes données Facebook avant de supprimer mon compte. Je tenais surtout à garder les conversations par messages. Je crois que mes conversations MSN sont une des choses qui me manquent le plus. J’ai relu des discussions entre Camille et moi qui datent de 2011. J’avais un gros problème. Je ne savais pas du tout communiquer. Je rejetais l’amour et l’attention qu’elle me portait, je ne lui posais aucune question, je ne disais pas merci pour les aides qu’elle me proposait, j’avais dans l’ensemble très peu d’empathie, c’est flagrant. On dirait qu’elle parle à un robot. On dirait que ce n’est pas une vraie personne qui lui répond. On parle de ma recherche d’appartement, du boulot à l’usine, des douleurs, d’un petit restaurant à Lamballe, de notre désir l’un pour l’autre, des épisodes de One Piece, d’émissions qu’on regarde à la télé en même temps, elle me dit qu’elle aime bien End Love de OK Go, que ma franchise glace le dos, elle me parle d’un rêve dans lequel je lui apporte une peluche et lui dit : garde-la et ça ira mieux, elle regrette que je ne lui organise pas de surprises, on a 20 ans, la vie est simple mais j’ai déjà trop d’idées en tête qui sont en train de me ronger, je dis déjà que je suis triste sans savoir pourquoi, quelques mois plus tard je vais mettre fin à la relation, sans savoir pourquoi j’y mets fin.

Depravity

At the end of one okay day there is less
drinkable water than before


Quand on se déguise, qui on déguise ?

J’ai réécouté Devotion de Tirzah en travaillant sur la page d’accueil de mon site. Je l’avais vue en concert à Nantes il y a quelques années. Le concert était nul, à un point que je ne m’explique pas tant j’aime ses albums studio.

Ne regardez jamais tous les épisodes de l’île de la Skibidi Tentafruit.

Le vrai secret pour avoir un bon site internet, c’est de le mettre à jour.

« On m’oblige à utiliser l’IA »

J’ai rarement lu une rhétorique plus ouvertement égoïste sur l’usage de l’IA en entreprise. Le comparer au télétravail (qui a des avantages écologiques et psychologiques démontrés) est malhonnête. C’est un article qui dit : je fais le choix de l’accélération du capitalisme extractiviste intensif et j’emploie des personnes qui travaillent spécifiquement avec cette idéologie. Chacun va où il se sent bien, sans aucun doute, c’est le leitmotiv du capitalisme, mais parce que toi tu vas là où tu te sens bien, d’autres ailleurs sont obligés de renoncer à une chose précieuse. Le pire : parce que tu vas là où tu te sens bien, toi aussi à un moment ou un autre tu vas devoir renoncer à une chose précieuse, de l’eau par exemple, du lien, du sens.


Je me demande si mon aphantasie n’est pas pour quelque chose dans ma difficulté à entretenir mes amitiés à distance. Je crois que les personnes qui sortent un peu trop longtemps de ma réalité physique et visuelle finissent par ne plus avoir de réalité du tout dans ma tête. Je perds peu à peu les traces, le sens, le mouvement. Au début du processus je crois que j’ai de la peine, mais à force il n’y a plus de peine puisque je ne me souviens plus de rien.

Il y a une nouvelle version fun de la page d’accueil de Scryfall qui est bien meilleure que la page d’accueil habituelle.


Je vais un peu mieux depuis que je parle un peu moins.

Sans notre foi, on ne pourrait pas vivre.

À chaque fois que je lis ou que j’entends un daron dire c’est pas l’outil le problème, c’est la façon dont on l’utilise, je deviens fou.

La puissance financière induirait de cette manière « une obsession de la toute-puissance individuelle » (c’est-à-dire la capacité à maintenir ouvertes toutes les options) – et, comme les promesses religieuses du passé, il y aurait aussi pour cette « richesse absolue », beaucoup d’appelés et peu d’élus.

I Verified My LinkedIn Identity. Here’s What I Actually Handed Over.

All for a small blue checkmark on a professional networking site.

Hier soir, d’un coup comme souvent quand je prends ce genre de décisions, j’ai décidé d’en finir pour de bon avec les réseaux sociaux. J’avais encore un compte Facebook ouvert, essentiellement pour être joignable par certains proches sur Messenger : j’ai demandé mon jeu de données, et dès qu’il est reçu, je le supprime. J’ai bloqué les URL de tous les sites sur uBlock. J’ai rajouté des filtres pour bloquer un maximum de pisteurs. Je ne sais pas pourquoi j’ai ressenti un point de non-retour là dans ma fatigue, comme je suis fatigué de mon téléphone, que je n’aime pas utiliser.

Depuis quelques semaines je parle plus souvent avec Antoine et Cécile sur profanity, et pour moi c’est l’idéal : écrire confortablement sur un clavier, dans un environnement choisi et calme. J’aimerais que plus de personnes tentent la messagerie XMPP, souvent plus pratique que les mails, d’ailleurs.

Prochaine cible : Discord.

The Great Offline

But on a more communal level, I suspect that cultures of digital detox — in suggesting that the online world is inherently corrupting and cannot be improved — discourage us from seeking alternative models for what the internet could look like.

Oui.

Twitterlike is a Bad Shape

People can design, use, and advocate for the kind of sites that aren’t so twitterlike—sites that are better for writing, better for reading, better for linking, and better for conversation.

The “Passive Income” trap ate a generation of entrepreneurs

By 2020 the passive income world was absolutely crawling with grift: guys posing with rented Lamborghinis in YouTube thumbnails, “digital nomads” whose actual income came entirely from selling the dream of being a digital nomad to other aspiring digital nomads, podcast hosts interviewing each other in an endless circle of mutual promotion where everyone claimed to make $30K/month and nobody could explain what they actually produced.


J’aimerais reprendre l’architecture de mon site. Sur la page d’accueil, j’aimerais hiérarchiser les informations de cette façons : une rubrique Mes livres mise à jour, avec le lien vers ma page sur le processus éditorial ; une rubrique Mes decks Magic, avec les liens vers ma page Archidekt, la page des soirées Deck à 20 balles et la page vers les descriptions de chacun de mes decks ; une rubrique CV, avec un CV à créer dans une page à part ; une rubrique Me contacter, avec l’ajout de mon id XMPP.

Pour la page CV, je voudrais des teintes à majorité grisées, en mode corporate 1990.

Je le note pour ne pas l’oublier.

they told me the internet was forever

The open web can be fundamentally protected by users who choose to reject profit and instead choose to embrace bizarre corners of the internet.


Mon petit moment cosy rien qu’à moi.

On ne vous vend pas juste un calendrier, on vous offre un framework de vie.

J’aime trop savoir que les meubles ont déjà eu une vie.

Je ne comprends pas pourquoi on euphémise par idées noires le désir de mort, l’envie de se tuer ou l’attrait pour le néant.

Je me souviens que quand j’étais enfant les jours de la semaine étaient relativement ritualisés, et que j’étais plutôt sensible à cette ritualisation. Le mardi soir j’allais chez mes grands-parents, le mercredi après-midi j’avais mon cours de golf, le samedi soir c’était Quick et cinéma, etc. Maintenant que je suis adulte, je n’ai plus aucun rituel de vie, tout peut être organisé à n’importe quel moment. Je crois que parfois j’aimerais revenir à certains moments prévisibles, comme des ancres dans le temps. Le plaisir de la plupart des grosses sitcoms s’appuie d’ailleurs sur ce principe des retrouvailles hebdomadaires.

Pour la plupart des personnes de mon entourage en burnout, c’est d’ailleurs le flou entre les différentes activités, la déritualisation du temps, qui accentue la sensation de surcharge : on ne sait plus très bien si on travaille, ou si on se repose, ou si on cuisine, ou si on est engagé dans une conversation. Si bien qu’aucune activité ne semble réellement vécue, et quand elle est vécue, pas forcément au bon moment.

Exemple de cette condensation de l’expérience vécue, la réduction de la durée des spots publicitaires de CNN à trente secondes (ce qui était révolutionnaire en 1971) puis à cinq secondes aujourd’hui. Le spectateur est ainsi exposé toutes les cinq secondes à des « contenus de conscience » différents, chacun pourvu des rudiments d’une structure narrative propre. – Hartmut Rosa, Accélération (trad. D. Renault).

Benjamin Gaulon, l’artiste qui dit non à l’obsolescence des machines

C’est quand même fou de se dire qu’une création datée d’il y a une vingtaine d’années n’est plus disponible alors qu’une tablette sumérienne de plus de 5 000 ans peut être vue dans les musées…


Le promoteur Maisons de l’avenir construit l’inverse des maisons de l’avenir.

Je réfléchis à des objets durables qui m’aideraient à me situer dans le temps.

Je ne comprends rien à mon fonctionnement ces dernières semaines. J’ai cherché le lien aux autres et je me suis heurté à un mur, maintenant je consolide ma solitude sans aucun regret. Je ne prends même plus la peine de répondre, je ne relance personne, je me dissous peu à peu. Parfois j’ai l’impression que c’est la condition pour me redéfinir ailleurs. Je suis allé au bout de cette identité-là, maintenant une autre identité m’attend, mais elle implique de tout abandonner. J’abandonne tout. J’achète un nouveau masque, qui me va bien.

I want to be your friend

I do think you can gleam a lot of information about who I am from my writing, but I don’t think I’d want someone to think they truly know me just by reading my writing alone.

Wordpress + IA : enfin, l’internet dont personne ne voulait

Le “tout le monde peut créer un site” version cauchemar

Notes on going solo: celebrating 6 years of Studio Self

I’m faster than most agencies, because I don’t have coordination costs

Si, il y a bien des coûts, mais différés. La rapidité vantée ici ne s’obtient pas par magie. Des ressources minières et des matières premières précieuses sont utilisées pour automatiser ce qui pourrait être fait à la main, ou avec d’autres humains. Il n’y a jamais à se vanter d’utiliser l’IA, c’est forcément une option de merde. Gagner du temps, ne se dédier qu’à ce qu’on aime, c’est une vision capitaliste du temps et du travail. Il y a forcément quelqu’un ou quelque chose qui doit faire ce qu’on ne fait pas, et ce quelqu’un ou quelque chose coûte. Par chance, l’humain donne aussi. L’IA ne donne rien. Elle prend.

Réflexion plus générale : les auteurices des blogs anglosaxons que je suis, même les plus critiques vis-à-vis de l’IA, l’utilisent pour des tâches diverses. C’est à ce type de pratique qu’on voit à quel point de nouveaux usages se répandent, quand qui dit s’y opposer adhère.

I’ve become the very thing I hate

I was a bit shocked. Were long time bloggers are actually starting to write with AI?


Pas grand-chose qui me déprime plus ces derniers temps que des photos d’étagères Billy blanches ou beiges remplies de livres en format broché.

Des fois j’ai juste envie d’en être.

Je n’ai aucune histoire familiale, je viens du rien.

overwhelming sadness

It is difficult because when I do break down, people think it is me who has broken down when in actual fact it is my mask that has broken down.


J’ai mis le son de notification de MSN Messenger pour quand je reçois un nouveau message sur profanity.

Je suis en train de finir Le désastre de l’école numérique, qui me laisse perplexe. Je rejoins le constat des auteurices sur certains points, mais l’ensemble sent tellement la nostalgie mal placée qu’une forme de mauvaise foi croissante s’empare de l’argumentation générale. À aucun moment le numérique n’est envisagé comme outil utile ou positif, c’est donc un numérique mauvais à remplacer par un non-numérique bon.

Les générations passées n’avaient aucun outil numérique à disposition pour apprendre et grandir à l’école, et pourtant elles sont allées dans des directions bien inhumaines, jusqu’à un certain point de non-retour que nous vivons en ce moment. C’est un fantasme de croire que l’éducation passée était plus humaine, car elle a produit quantité de monstres. De même, la génération de mes parents ne me semble pas nécessairement meilleure que la mienne dans les savoirs de base, je dirais presque qu’elle est sensiblement moins bonne, s’il est seulement pertinent et possible de comparer de tels savoirs.

Moi je suis au croisement d’une éducation à peu près sans numérique et d’une vie personnelle pleine de numérique. Autrement dit : pas d’ordinateur ni de téléphone dans ma scolarité, mais en permanence chez moi dès mes 9 ans. Avoir un ordinateur m’a apporté beaucoup, énormément à vrai dire, peut-être en complément de l’école, mais dans une proportion malgré tout incomparable. J’ai développé des outils et des apprentissages auxquels je n’avais pas accès en cours, et qui m’ont aidé je crois à aller correctement au bout de ma scolarité.

J’ai eu accès à la littérature et à l’écriture davantage par les histoires que j’écrivais sur mes blogs que par mes cours de français. Le développement est idéal pour saisir la dimension performative du langage. J’ai découvert bien plus de musique sur eMule que dans mes cours de musique. Je n’ai compris aucune matière scientifique car mes cours ne correspondaient pas à mes façons d’apprendre, et que je ne pouvais pas les mettre en pratique à côté. J’aurais pu, l’informatique est un environnement scientifique, mais ce n’était pas mon chemin.

Le livre présente par exemple comme pratique vertueuse le tutorat entre élèves. J’ai été en 1ère un élève tutoré, et je crois que c’était une des expériences les plus humiliantes de ma vie. Constater que ma professeure se sentait démunie au point de me mettre entre les mains d’un autre élève, intérioriser qu’on est l’élève nul, devenir une charge pour qui est potentiellement un ami dans la cour. Il n’y a aucun numérique là-dedans, c’est pourtant sincèrement un désastre pédagogique.

Il avance aussi que le port de l’uniforme serait une bonne idée pour lisser les différences, dans une naïveté presque confondante tant on sait maintenant que même les uniformes véhiculent de la violence de classe. Je ne vois toujours pas le rapport avec le numérique là-dedans, ce qui conforte mon impression que le propos se perd dans une idéologie de l’école plutôt que dans une déconstruction des usages numériques.

Je pourrais donner beaucoup d’autres exemples. C’est certain que si on envisage le numérique uniquement par les prismes de Facebook, de l’iPad et de Pronote, il n’y a que des raisons de désespérer. Mais c’est une fenêtre tellement réduite sur l’outil, ses dimensions et sa profondeur, qu’elle ne peut être que de mauvaise foi, comme je le disais au début. Je ne sais pas si le numérique doit être omniprésent à l’école, mais c’est certain que j’aurais aimé démonter et comprendre le hardware des machines, développer des scripts, écrire sur mon site internet, concevoir un petit serveur, partager musique et films, en fait la liste est longue des activités qui mobilisent par ailleurs plusieurs matières transversales.

C’est sans aucun doute au moins un des chapitres qui manquent à ce livre, pour réconcilier.

tally marks

a few people have mentioned to me that my blog has become hard to navigate because it’s basically one long page and there are so many entries now. and i agree.

And i disagree.


Ces derniers temps j’essaie de faire comme si je n’avais pas de passé, ni proche, ni lointain. Il n’y a que le jour en cours et ceux à venir.

From mine to yours

I never walk through this part of the neighborhood. Not because it’s dangerous, or inconvenient, but because it holds a version of me I’d rather not revisit.

A eulogy for Vim

My relationship with the software is intimate, almost as if it were an extra limb. I don’t think about what I’m doing when I use it.

I Hate Fish

I’m happy to report that the above list of actions consistently applied to my inbox has resulted in endless months of inbox zero. There are days when I get a little behind, but most nights I go to sleep with nothing sitting in any inbox.


Je vais me promener. Je réfléchis à Mon voyage à Kanto. Je récolte la parole des PNJ comme je récolterais les histoires des voisins de mon village. Ils sont assez peu loquaces alors il n’y a pas beaucoup de matière. Il faut fournir beaucoup de travail soi-même pour arriver à tirer du sens au milieu de toutes ces personnes. C’est un voyage solitaire où même les rencontres me renvoient à ma solitude. Il n’y a pas de compagnons de voyage. Il n’y a même pas d’amis.

On est parmi les pays où l’essence est la plus chère. Le mieux c’est de conduire sa voiture au Liban, le pire à Hong-Kong.

Unpolished human websites

Regardless of what you do, on this website, it’s just me, here and now. Me and my dumb takes and opinions, my rambles about nothing and my thoughts on things everything has mentioned before, but it doesn’t really matter does it?

Figée

je m’amuse à croire que tout est encore possible
un jour je corrigerai ma vie

Markdown Ate The World

Most writing is about getting words down in a structure that makes sense, and then getting those words in front of other people. Markdown does that with less friction than anything else ever created.


J’ai passé une heure avec Paco l’âne, à moins que ce soit Paco l’âne qui a passé une heure avec moi.

Un peu jaloux de tout le monde.

J’aimais bien entendre I Wasn’t Me de Shaggy à la radio quand on allait à la plage en voiture.

« Avant, le remplacement aurait coûté quelques centaines d’euros » : la réparation des voitures désormais hors de prix

L’envie de vendre ma voiture est parfois très forte, à la fois pour son utilité toute relative dans ma vie, les frais qu’elle engendre, et le modèle délétère qu’elle encourage. Mais c’est l’objet qui fait le lien entre ma vie d’avant et ma vie de maintenant. Sans ma voiture, aller voir mes proches est un vrai parcours du combattant. Ai-je envie de me battre géographiquement pour eux ? Ne voudrais-je pas plutôt prendre mes distances ? Je ne sais pas non plus où ma vie professionnelle va me mener dans les prochains mois, et l’indécision encourage le flottement.


Burn~Août qui fait des droits d’auteur à 8% c’est vraiment de la pure merde. Vous êtes une maison militante montez au moins à 10 je sais pas, faites un effort, arrêtez de gratter sur le dos des auteurices.

Il y a eu des feux d’artifice dans le centre-ville en début de soirée, alors qu’il n’y avait rien à fêter.

Je pourrais être plus attentionné, mais je ne suis pas attentionné.

Qui pourrais-je aimer ? Qui pourrait m’aimer ?

J’ai des yeux partout.

Je ne sais pas pourquoi, d’un coup j’ai pensé à l’après-midi qu’on a passée avec Sébastien à récolter des châtaignes. Je me souviens du bois, des branches, de la lumière. C’était il y a plusieurs mois.

Il voulait que je devienne une grande poète, mais c’était son rêve, pas le mien. Mais il m’a fait comprendre que je n’aime pas la poésie, ou du moins pas la poésie telle qu’il me l’a montrée. J’aime juste écrire ce que je ressens. Et dessiner. Mes rêves sont plus simples. Avoir une maison, un travail, aider ma mère, ma grand-mère, mes frères et sœurs. Des choses comme ça. Je ne pense pas qu’il faille grand-chose pour vivre bien.

Le goût du travail

Je suis si absente de moi même,
pourtant je me sens vivante


J’ai besoin de ce silence, et de cette paix. J’ai besoin d’apprendre à leur faire confiance, de réaliser que je n’ai pas besoin de lutter contre moi, d’accepter que le mouvement va dans mon sens.

Nous appelons Heimat le rapport de résonance qui nous lie à un morceau de monde que nous nous sommes assimilé. Classiquement, c’est un lieu où les choses nous parlent et nous disent quelque chose : l’arbre, le ruisseau, la maison. Mais ce peut être aussi bien une station-service, une cheminée d’usine ou un fast-food.

Ce peut être aussi bien une cartouche de Pokémon Bleu.

bad parents know / being the villain

Sometimes, the mask slips. Things they claim never happened and that they can’t remember are suddenly mentally present.

C’est presque mot pour mot ce que je ressens dans ma relation à mes parents. Le gaslight, les efforts qui ne sont pas récompensés, le déni général, la culpabilité d’être celui qui n’arrive pas à se satisfaire de l’histoire commune, le regret de ne pas trouver sa famille mais la douleur d’en faire le deuil. La plupart des parents sont profondément dysfonctionnels et n’ont aucune idée de ce qu’implique avoir un enfant, et du soin qu’il faut lui apporter, parfois énormément de soin en fonction de l’enfant. La plupart des parents, en tant que personnes, ne sont pas prêts à donner autant. Ils ont voulu un enfant, mais pas cet enfant-là. C’est un constat déchirant, de comprendre qu’on a été abandonné à notre façon, délaissé, négligé, oublié, parce que les parents qui nous ont voulu sur cette terre ne veulent pas nous donner ce dont on a besoin. Ava comme moi sommes des enfants uniques : il n’y a personne pour nous aider à regarder la menace droit dans les yeux. Par contre tout le monde nous regarde avec les yeux des adultes. Il m’a fallu des années avant de réaliser que je pouvais confronter ma douleur autrement. Il a fallu que je rencontre des personnes qui voulaient vraiment prendre soin de moi. J’ai compris à ce moment-là sur quelle échelle je me trouvais, et du peu dont j’avais bénéficié. Mes parents vous diront toujours le contraire, que j’ai eu beaucoup. Mais moi je vous le dis avec tout ce que mon cœur veut bien libérer : j’ai eu très peu.

Now I have to be comfortable being the villain, the bad daughter, being badmouthed

J’ai l’impression de l’avoir déjà écrit (peut-être un déjà-vu à cause de ma courte nuit), mais je trouve le rapport à l’intimité beaucoup plus direct dans les blogs anglosaxons que je lis, au contraire des francophones, qui avancent toujours avec mille circonvolutions. Des fois juste dire les choses fait du bien, il n’y a pas forcément besoin d’en faire tout un art. Je retrouve cette façon d’avancer dans l’écriture chez Guillaume, mais c’est à peu près tout. Tout ça n’est pas juste un loisir pour moi. Je le vois comme un effort de transparence qui tranche avec l’opacité de mon enfance.

The Sandwich

This wasn’t just a sandwich. This was a reminder that I can still feel things.

Tinkering

This has me thinking that websites are both a place to reflect on, discuss, and make change, as well as being something that can, and does, change over and with time. My website grows with me.


Je suis en train de faire ma mue.

L’arrêt de la publication sur les relevés confirme mon intuition : si on ne voit plus que j’écris, on se demande (et on me demande) si je vais bien, comme si le silence était plus inquiétant que d’avoir sous les yeux le malaise. Je n’en veux à personne, je teste aussi des postures, je vois celles qui me conviennent.

Quel trou je laisse dans le paysage en m’absentant, quel trou dans la mémoire des autres ? Est-ce que c’est moi qui manque, ou ce que je donne ? Est-ce que ça a de l’importance ?

La peur de devenir un « atome » isolé et délié de tout dans un monde muet et hostile, l’angoisse de voir le monde devenir définitivement et irrémédiablement silencieux sont les corrélats négatifs du programme positif d’extension de l’accès au monde ; ce sont elles qui expliquent que les histoires de progrès de la modernité sont si obstinément contrecarrées par des histoires de déclin.

The selfish case for public libraries

Libraries provide low-cost access to books and information, they’re a hub for digital literacy and access to technology, and they’re one of the few remaining third places where people are treated as citizens rather than consumers.

The incentive of online attention

My online persona is greatly exaggerated. This is not to say that I greatly exaggerate my opinions. Rather, the exaggeration is due to selectivity. What you see online is only a small part of me. Believe it or not, I don’t bring my whole self to work. I’m playing to an audience online, playing a role, though the role is myself.

The Lego Bricks Era

Prayer is the first thing in the morning and the last thing at night, and the space it creates is where everything else finds its shape.


Je ne sais pas si je n’ai pas de peine à ne plus voir les personnes que je voyais, ou si je ne ressens pas la peine que j’ai. C’est toujours le même problème.

Est-ce que le silence crée du lien ? Si oui, quel lien ?

Je suis en vie, mais personne ne le voit.

Écrire me soigne.

Leïla Slimani dit : ça aliène de parler mal. Il y en a qui ont vraiment la violence dans le vocabulaire. Je dirais exactement l’inverse : ça libère de parler mal. Parlez avec toute la merde de langage au milieu de laquelle vous gravitez.

Aim
Just a little higher

La tendance à colorer et à sonoriser toutes les surfaces de notre vie - jusqu’aux violons larmoyants qui envahissent les parkings, les ascenseurs, les halls de gare et les centres commerciaux - serait à tout le moins aussi l’expression d’un désespoir croissant devant les formes dominantes, institutionnalisées, de relation au monde.

Social media reimagined

The idea is to have a space where a bunch of people can hang out in a very casual way and talk about anything they find interesting.

Open Source Gave Me Anything Until I Had Nothing Left to Give

I made myself a public resource and then was surprised when the public felt entitled to my resources.


Je me sens attiré très fort vers la disparition. Je fais tout pour disparaître. Je finirai par disparaître. On ne me trouvera plus.

J’ai envie de retourner à la violence.

Banksy est un vieux gars blanc de 50 ans, ce qui était déjà évident en regardant son travail.

I needed help
Help didn’t help at all
I only had myself
Now even that feels so ephemeral

Et l’on pourrait ajouter que la Bible est peut-être tout entière une immense promesse faite en retour à cette supplique humaine, qui s’énoncerait ainsi : Quelqu’un est là qui t’entend, qui te comprend et qui trouvera le moyen de t’atteindre et de te répondre.

Overthinking: AI wasn’t the first to break my heart

I’ve recently been turning more and more to DIY, sewing and crafts to lift my spirits up. But doing so in a capitalist society is still daunting. The slop is everywhere.


J’éprouve parfois un peu de peine à ne plus voir les personnes que j’avais l’habitude de voir, et puis parfois aucune peine. J’ai l’impression que personne n’arrive vraiment à saisir qui je suis et donc à me parler avec un langage qui me donnerait envie de rester, ou de faire l’effort d’entretenir la conversation, le lien. Je vois les efforts, mais ils n’atteignent pas mon cœur.

Retour d’expérience de blogueur : la gestion des commentaires

Certains sites n’ont jamais activé les commentaires, avec là aussi leur raisons.

Mes premiers blogs quand j’étais ado avaient tous une section commentaires, et c’était un petit enfer à gérer. Je ne crois pas en avoir tiré quoique ce soit de bien, mais peut-être parce que ce que j’écrivais à l’époque ne pouvait pas attirer de bonnes choses. Quand j’ai ouvert les relevés en 2012 j’ai tout de suite décidé de m’en affranchir, parfois j’ai hésité à les remettre, abandonnant la plupart du temps pour des raisons techniques. Je ne crois pas que les commentaires me manquent. Le lien social oui, mais il n’existe pas comme je l’espère en commentaires.

I’m bringing everything back to my website

I hope I hit a sweet spot between showing authentically how 17-year-old Lisa saw the world and showing stuff that’s still interesting somehow.


Un oiseau a picoré le tofu posé sur le rebord de la fenêtre.

Je crois que ne plus publier me soulage aussi sur ma trajectoire. J’ai l’impression que loin des autres je suis plus susceptible de bifurquer sans avoir l’impression que des regards interrogent mes choix. Aucun regard n’interroge mes choix, j’en ai bien conscience, mais l’illusion des regards me paralyse. Je me dis que je dois incarner une certaine manière d’être, comme si j’étais déjà trop engagé dans mon chemin pour en changer. J’écris, pourquoi arrêterais-je ? On disparaît plus facilement quand on ne fait pas l’effort d’apparaître. Rien n’est jamais gagné, mais parfois on a juste envie de se laisser perdre.

les sujets atteints de dépression profonde perdent tout ou partie de leur capacité corporelle de résonance : ils ne réagissent plus aux signaux corporels des autres personnes et n’entretiennent plus avec elles aucun rapport de réciprocité psychophysique. C’est pourquoi leur entourage a le sentiment de ne plus pouvoir les atteindre.

Mais quand nous nous retrouvons soudain dans un état d’oisiveté qui nous place face à nous-mêmes et au monde sans le tampon protecteur de nos tâches et de nos options, la panique nous saisit à l’idée que ce silence pourrait durer. Alors seulement nous ressentons dans toute son ampleur l’aliénation existentielle inhérente aux rapports au monde de la modernité tardive.

Rant about blogs and the IndieWeb

Please talk about anything else. Tell me about your dog. The weird plant you saw. Something funny you read. What your parents said to you recently. See a cool rock? Got a rash on your foot? Talk about anything else. PLEASE. I’m begging you.

Je suis aussi fatigué de voir autant de blogs dans mes RSS parler toujours des mêmes sujets. Il n’y a aucune intimité dans ces espaces, on dirait qu’il n’y a que de la représentation. Les gens osent encore trop peu parler parce que cela implique une mise à nu qui est inconfortable. Écrire implique un dévoilement, mais peu sont prêts à vraiment se dévoiler. C’est pourtant essentiel au lien.

The optimized self and the life that got away

Knowing your testosterone levels to two decimal places won’t tell you a single damned thing about what you’re supposed to do with your time on earth, which is, in the end, the only question worth spending your life on.


Je vis sans frigo depuis trois semaines. J’ai ressorti le beurrier à eau. Je m’adapte à toutes les situations.

Maison à Dubaï, retrait du stérilet, moments en famille.

wet blanket

Every day it hurts me to be alive. It hurts me to hurt other people too.

All my clients wanted a carousel, now it’s an AI chatbot!

Simple is the word that keeps coming up. And I’ve learned that when a client says simple, they don’t mean easy to use. They mean not impressive enough. They mean what will people think.

Quand j’étais ado j’avais fait le site de l’entreprise de mon père avec mon minimum de connaissances en HTML et CSS. C’était un site simple pour des prestations simples et une vitrine simple. Un ami de mon père qui travaille dans la communication a refait le site plusieurs années plus tard, jugeant sans doute qu’il était trop simple, et il l’a rempli de tout un tas de merdes inutiles qui en font un site illisible et énervant à utiliser.

The 49MB Web Page

Existence of these proves that an audience longs for the kind of no-frills content-heavy websites that are often romanticized these days.

Ma méthodologie pour le suivi des projets à la mairie

C’est pas mal de mails qui concernant des identifiants ou numéros de téléphone d’urgence (astreinte en cas de souci électrique etc).

Ce genre d’informations n’a rien à faire dans une boîte mail.

Don’t talk like them

They don’t need to talk in bullshit. Because they do shit.

La vraie vie

Victor débarque à Belle-Île-en-Mer où il ne passe pas inaperçu.


Pour la première fois depuis longtemps j’écris sans me demander si la longueur conviendra à un livre publié. Quand je sens qu’il n’y a plus rien à dire, je m’arrête, je n’allonge pas la sauce. On nous sert trop de sauces allongées, et je n’en peux plus. Les objets sont trop gros, j’y ai contribué.

Death Stranding 2 – What happens when you put Kojima before everything else

C’est vrai que Kojima est nul en dialogue. De façon général les jeux sont plutôt nuls en dialogue. C’est pour cette raison que j’aime autant les vieux Pokémon ou Elden Ring, qui procèdent plus par phrases que par séquences : personne ne fait semblant de savoir écrire. Les jeux sont devenus bavards : du texte, il y en a beaucoup, et du mauvais.

Conflagration

That feeling of being behind on things, of feeling unfocused, of feeling unneeded, of feeling unimportant, bled into every corner of my life. I wasn’t just useless at work. I also started to see myself fail at home—and forget about my friendships, these had seemingly entirely disintegrated. I felt at this point, universally alone.

“This Is Not The Computer For You”

You don’t begin with the correct tool and work sensibly within its constraints until you organically graduate to a more capable one. That is not how obsession works.

C’est là que je réalisé l’évolution du budget en matériel pour les enfants et les adolescents. Même un ordinateur à 600$ était hors de portée pour moi ou ma famille. À 13 ans j’étais un des ados les plus chanceux et j’ai récupéré un vieux PC à 418Mo de RAM, dont la carte graphique a fini par cramer et qui transformait GTA Vice City en losanges de couleurs. Ma première Game Boy, je l’ai eue parce qu’un ami ne voulait plus de la sienne parce qu’il manquait un bout de l’écran. C’était du vrai matériel défectueux. Je rêvais d’un Mac chaque fois que je voyais celui de mon oncle. Je n’ai pu m’offrir mon premier qu’à 19 ans après avoir travaillé l’été à l’usine. Maintenant des foyers peuvent (doivent ?) mettre 500€ dans une Switch 2, ou 600€ dans un ordinateur, et à peu près autant dans un téléphone. C’est des sommes vertigineuses, je trouve, apparemment accessibles aujourd’hui.

13022026

Et l’un des maux les plus dommageables dans le monde du livre est bien que la plupart des gens soit ne savent pas ce qu’ils disent, soit racontent continuellement n’importe quoi. En conséquence, évidemment, les rapports (humains) en sortent amoindris.


J’écris mon petit livre petit à petit.

La question de savoir si tel sentiment éprouvé à l’égard d’une autre personne est vécu comme de l’amour, de l’admiration, du respect, du désir ou du dévouement, dépend essentiellement du vocabulaire dont nous disposons.

Modern wealth is a parlour game

The angst, divisions, and conflict are part of the design, and they begin even with the language used to describe what’s happening.

Just admit you’re playing the game

You either believe in something and you’re willing to power through, or you don’t, and you do what everybody else is doing. It’s fine to pick option B, but at least have the courage to admit it and don’t use some bullshit argument to justify your actions.

Je hais les thèmes sombres

Que vous soyez ou non astigmate, si vous attendez que quelqu’un d’autre que vous regarde votre écran, sans autre information, présupposez qu’il est astigmate et utilisez un thème clair.


Ce n’est pas parce qu’on affiche la répartition des coûts d’un livre à l’arrière qu’elle devient plus juste.

Je me trouve souvent sans ressource pour évacuer ce qui me blesse profondément. Des fois j’aimerais juste vider la merde, mais je ne sais pas quelle est la merde, ni où la vider. Je lis des messages qui me font du mal, mais comme j’ai fait du mal, je le mérite. Je mérite de souffrir comme j’ai fait souffrir, c’est ce que je pense. Je mérite d’être mis dans la souffrance, c’est ce que je pense.

Je suis allé vider le verre, le verre étant ma merde, la benne l’endroit où la vider.

J’écris quand même avec l’idée qu’un jour la publication reprendra. Les mêmes phrases, la même façon de structurer ce que je lis ou trouve, la même distance pudique vis-à-vis de ce que je traverse. Je ne suis pas dupe de la distance que je mets. C’est une distance temporaire.

[…] blesser ou tuer un autre « porteur d’yeux » revient toujours à se meurtrir soi-même : il en résulte nécessairement un blocage aliénant de résonance. C’est pour éviter une telle automutilation qu’on bande les yeux des condamnés à mort : le blocage de résonance est ainsi produit artificiellement. Parce que le regard de l’Autre contient toujours un « appel » muet, il peut susciter une réaction agressive, mais il ne laisse jamais indifférent. Une relation d’indifférence avec un Autre qui nous regarde ne peut donc être que le résultat d’un étouffement préalable de la conscience. – Harmut Rosa, Résonance (trad. S. Zilberfarb).

Voyage Ergonomique : Errances & Typographie

J’avais un peu de temps et je me suis dit que c’était un bon investissement que de me lancer dans l’apprentissage de la dactylographie. Le but, c’était de gagner du temps en tapant, mais aussi du confort.

Moi aussi parfois je ressens l’envie de suivre une formation en dactylo juste pour le plaisir de taper correctement sur un clavier.


C’est pendant la séance de cet après-midi que j’ai dit à ma psy avoir besoin de faire une pause, parce que j’étais fatigué que toutes mes interactions tournent autour de la parole. Quand j’ai pris ma décision quelques jours plus tôt, je ne pensais pas que je ressentirais de la peine en le lui disant. J’ai dit : j’ai envie de pleurer maintenant que je vous le dis. Et elle m’a dit : mais vous le faites quand même. Et j’ai dit : oui.

J’avais parlé ici de la version live de My Adriatic par Westerman à La Maroquinerie. Quelqu’un l’a filmée. Vous devriez la regarder, même si vous n’étiez pas dans la salle avec moi, même si le son n’a rien à voir, même si la réalité n’avait rien à voir.

The Noble Path

I’m arguing for the recovery of a third category: building as gift, building as an expression of care for a specific community of people whose problems you understand because you’re one of them.


Parce qu’on m’a fait comprendre que j’étais peut-être un peu trop intense, maintenant je ne sais plus vraiment sur quel pied danser quand on m’écrit. Mon désir le plus profond est d’entrer dans un flux d’échanges, mais j’ai peur d’effrayer et de faire fuir. Le problème c’est qu’en ne trouvant personne qui accepte le jeu que je propose, je me frustre et je crois en éprouve même un peu de peine. C’est rare les personnes qui parlent comme moi, ou alors je ne les cherche pas dans les bonnes villes.

Camille m’écrit : ça va ?

Il y a beaucoup de personnes qui se sentent reliées à moi. Ce qui me touche, je crois.

Ne plus avoir mal

J’ai envie de partager des recettes, des astuces, des expériences dans mon assiette mais aussi dans mon quotidien pour gérer les douleurs ou au contraire pour les éviter sans se prendre la tête.


C’est la première fois depuis le début des relevés que j’écris dans mon fichier annuel sans le publier dans la foulée. Quand je n’ai pas de connexion internet, en général je n’écris pas, ou alors juste une journée, le temps de pouvoir la mettre en ligne. Là je passe volontairement sur la publication, et donc sur la publicité.

Je ressens un certain soulagement. J’ai l’impression de ne plus devoir me présenter publiquement, de pouvoir retourner dans une grotte confortable. Je ne suis pas à découvert, ce qui me fragilisait, je pense, encore davantage que je ne l’étais déjà. Je n’avais plus vraiment la force d’apparaître. La vie continue même quand on ne nous voit pas. La vie continue jusqu’à la fin, jusqu’à la mort.

Il y a forcément un jour où tout va ressurgir, comme sorti des eaux. Mais combien de temps l’océan va me garder en lui, lui-même n’en sait rien.

Est-ce que je me suis mis à écrire et penser selon la grammaire du développement personnel ? Est-ce qu’elle n’a pas fini par m’enfermer dans une appréciation de moi et du monde ? Est-ce qu’une quête initiatique ne passe pas aussi par la connaissance et le voisinage de langues et langages qui nous sont étrangers ? Toute cette nouvelle grammaire finit par intégrer ma grammaire, qui ne peut pas se réduire à une situation, parce qu’elle est nourrie de tous les environnements au sein desquels j’évolue ou ai évolué.

Machine


Je ne me sens pas malade, mais le regard des autres me renvoie une maladie.

Ma boîte mail est pleine de gens inquiets et de factures à payer.

Je vois un libraire dire qu’on devient libraire pour défendre la littérature contre la brutalité du marché alors même que la librairie est la brutalité du marché appliquée au livre.

J’ai compris la semaine dernière à quel point mon père ne me connaissait pas quand il m’a dit s’être étonné que Antoine m’offre un Lego à Noël, alors même que c’est justement un des cadeaux qui pouvait me faire le plus plaisir.

Mes consoles sont toutes colorées mais leurs pochettes noires.

Je ne m’explique pas trop pourquoi, mais j’ai le sentiment que ce que je traverse en ce moment m’oblige à écrire de façon beaucoup plus simple, moins maximaliste que ces dernières années. Je peux le faire parce que je réalise que je pose un regard plus tendre et plus patient sur moi. Je me dis qu’il n’y a pas besoin de grand-chose pour faire son chemin vers la personne en face. Je traverse une crise qui me purge.


Le bilan est simple : je n’ai été retenu à aucun entretien des 11 postes pour lesquels j’ai postulé. J’arrête les frais. Chaque refus est forcément un coup porté à mon estime parce que je me sens dévalué dans mes compétences. C’est comme si tout ce que j’avais rassemblé comme savoir-faire ces dernières années ne servait à rien. C’est difficile à accepter, mais c’est la réalité.

Les paroles de Renegade de Kings of Convenience disent : i’m letting go to see if you’ll hold on to me, i’m in doubt of what is thought and what is real.

Il y a des fois de drôles de cheminements. Je lis un post sur le blog de Karl, dans lequel il cite un post sur le blog d’Antonin, dans lequel Antonin rapporte une citation d’un auteur qui aurait dit, ou écrit, Si tu ne sais pas coder, tu n’es pas auteur, puis je lis le développement d’Antonin à ce propos, avec lequel je suis dans l’ensemble en accord, même si je serais forcément plus dur que lui avec Actes Sud parce que je n’y publie pas, puis je vois dans les commentaires Joachim qui écrit Ça ressemblerait à du Quentin Leclerc, ça, « tu n’es pas auteur si tu ne sais pas coder », ou quelqu’un qu’il aurait cité., et je ne comprends pas pourquoi rajouter un nom que Antonin a volontairement omis parce qu’il n’est d’aucune importance dans le développement, m’attribuer un propos polémique, d’autant plus que en l’occurrence je ne l’ai jamais écrit ni rapporté, et qu’il y a donc erreur manifeste sur la personne. On dirait presque de l’animosité, un sorte de détail un peu pervers, comme une accusation, qui me met en tout cas mal à l’aise ; un drôle de cheminement.

The Window Chrome of Our Discontent

I would not go so far as to argue that Pages ’09 has a perfect user interface and that everything since has been a regression.

Un peu plus d’eau à mon moulin contre l’ergonomie des logiciels de traitement de texte grand public, qui brouillent les limites entre texte et interface. Je me demande aussi qui a encore envie d’utiliser un Mac quand on voit l’évolution désastreuse des OS et des choix esthétiques. Tout est hideux, quand ce n’est pas illisible, et ne rend pas du tout honneur aux environnements passés.

7HE INBOX

The inability to communicate within an organization, both internally and, above all, externally, is a hurdle that absolutely must be overcome.

Il faut lire l’italien (ce n’est pas mon cas).


Le masque regarde à l’intérieur de la vie, béant sur ses sources cachées, où il contemple la fatale et incompréhensible souffrance. – Georges Buraud, Les masques.

D’autres encore combinent l’expression tragique d’effroi et la grimace comique : ils semblent appeler au secours et ils font rire.

L’humour est un appel à l’aide. Je fais rire parce que mon masque obstrue ma bouche. Je suis incapable de remuer les lèvres pour me prononcer.

Aussi, ces masques vides, préparés à la joie et à la souffrance, rient et pleurent sans savoir pourquoi, sans que nulle âme ne les habitent, et ils continueront à rire et à pleurer de la même façon lorsque cette étrange présence que nous nommons un être sera venue s’y abriter pour quelques jours. Après quoi, ils continueront encore à rire ou à pleurer. À quoi bon s’occuper de savoir s’il y a un être, dessous – ou rien ? N’est-ce pas la même chose pour nous, les masques, qui sommes l’unique réalité ?

Mais l’être masqué est avant tout un menteur. Et le diable est l’être masqué par excellence. C’est un illusioniste.

Oui, au point que dernièrement, même en matérialisant la vérité, je ne parvenais pas à comprendre quel soulagement elle devait m’offrir, et de fait elle ne m’en offrait aucun. Je suis convaincu par ma propre illusion et toutes les valeurs sont brouillées. Je peux vivre bien dans un régime de mensonge, autant qu’être terrassé par un régime de vérité. Je ne sens plus le poison à l’intérieur de moi.

Ce qu’il y a de diabolique dans le masque, c’est qu’il isole l’homme et l’emprisonne. C’est qu’il l’assujettit à une fixité d’expression où sa noblesse et sa force disparaissent. Le mouvement spontané de la pensée vers l’idéal est suspendu. La liberté meurt.

Liberté = désir. Le masque capture le désir, sans pour autant offrir un désir inverse en échange, qui pourrait être le désir de mort, de fuite, d’abandon, par exemple. Le masque ne propose rien, il protège, et donc ferme. Quand la fermeture dure, l’ouverture perd de son sens et de sa valeur. C’est l’image du prisonnier libre après 20 années de détention : à quoi bon désormais ?

Il est tellement plus facile de se persuader de ce que l’on éprouve ou de ce que l’on voudrait ressentir, et de mettre aussitôt ses traits en harmonie avec cette âme improvisée – que de faire l’effort de placer et de remettre sur sa figure, chaque fois, des masques différents !

Porter un masque, c’est se persuader soi-même.

Ce qui est vrai en nous, c’est la totalité de notre âme en mouvement, c’est l’océan de notre pensée de notre naissance à notre mort ; le reste, ce que nous éprouvons momentanément et voulons persuader aux autres, ce sont les jeux des vagues à la surface ; chaque vague un instant pétrifiée dans le présent qui seul compte n’est qu’une apparence, un masque de l’infini mystère intérieur.

L’homme se trouve mis soudain devant une image de lui qu’il ne soupçonnait pas et qui le plonge dans l’épouvante. Sa confiance en lui, en la vie même, disparaît. Il est aux limites de la folie.

C’est dans la conscience de notre faiblesse, dans notre violent désir de la surmonter en nous donnant à nous-mêmes, par une sorte de mono-idéisme plastique, la charge de fluide passionnel, colère, désir, gaieté, extase, dont nous avons besoin afin de la déverser sur les autres pour accroître notre propre ivresse de vivre et le sentiment exaltant de notre puissance – c’est dans ce besoin que le désir de se masquer a son origine. Une autosuggestion involontaire est à la base de la technique du masque.

L’homme solitaire se masquerait-il ? Devant une glace ? Mais alors il se dédouble, il devient son propre spectateur. L’élément social intervient toujours dans l’acte de se masquer.

Je suis persuadé que mon masque est d’autant plus fort et convaincant que toutes les personnes qui m’entourent aspirent à être convaincues et charmées par lui. Leurs regards renforcent l’illusion et l’attrait, si bien qu’émerge un vague espace impalpable entre moi et les autres qui semble être la réalité, mais incarne le mensonge.

Qui oserait me dire : découvre-toi ?

Peut-il y avoir de la violence dans le soin ?

On se masque pour se cacher, on se cache pour s’élever, on s’élève pour être en toutes choses ce qui s’épanouit et ce qui rayonne.

Le vrai masque de la nature, c’est le lieu où l’on vit. C’est le morceau solide de réalité, ce paysage invariable où se trouve la maison qui protège notre labeur et notre bonheur

L’être dont le masque, au lieu d’être un moyen, est devenu le but et qui reste enfermé dans cette erreur perd la raison. Il est pris à son propre piège. Il voulait s’évader et le voici captif d’un automatisme sans pitié, d’un ensemble de tics, d’images, d’émotions et de réflexes qui joue pour lui, mais sans lui, dans la comédie de l’existence un rôle que son instinct de défense s’est gauchement choisi mais dont il n’a pas su à temps se libérer. Le fou est un être masqué qui, malgré son inconscience relative, n’ignore pas, dans ses profondeurs, qu’il est enfermé dans son masque, pour toujours, et qui se débat tragiquement.

Le fou s’invente un masque pour se délivrer d’autrui et de sa propre souffrance, mais ce masque colle à sa peau et bientôt, comme une tunique de Nessus, le brûle, ou le pétrifie dans un morne abrutissement.

L’idée du masque qui colle à la peau et la brûle, j’en avais déjà eu l’intuition il y a quelques semaines, et j’avais écrit ici sur cette sensation. Je ne sais pas si je me reconnais dans la figure du fou, mais de l’extérieur ce doit être perçu comme une forme de folie que d’imaginer que mes émotions ne puissent plus se fixer à un visage. C’est un visage déformé parce qu’il n’est plus relié à l’intérieur. D’où la peur dans l’imaginaire de mes parents la première fois que je leur ai parlé de mes masques. Ma mère, en larmes, sur le ton du reproche : mais alors, tu faisais semblant ? Tu n’étais pas vraiment toi-même ?

Puis il y a le fou tourmenté par l’angoisse d’une émotion organique qui ne trouve plus à s’épanouir normalement ou par l’altération profonde d’un instinct, sur lesquelles se greffent des délires, des tics mentaux, obstinément, lamentablement répétés : ce sont les créatures de la mélancolie et de l’obsession.

L’homme sur qui pèse une destinée fatale, subie ou acceptée, une grande douleur, un souvenir cruel, un désespoir qui rouvre sans cesse dans le cœur les sources du chagrin, porte un masque. Il y a sur ses traits une sorte d’étrangeté. […] Son désespoir l’isole complètement de ses semblables. Ils sont toujours seuls, sa douleur et lui.

Le masque je l’ai construit et je l’ai porté, mais dans le même temps où je l’apposais sur mon visage je mettais sous cloche la douleur et la peine dont je pensais qu’il me protégeait. La matière qui brûle, c’est cette douleur qui fait le liant entre le masque et le visage. C’est cette substance visqueuse qui colle et fait horreur à tout le monde. On peut voir le masque, on désire voir le visage, mais on a horreur du décollement.

Sa solitude le masque, et son masque renforce sa solitude. Personne ne comprendrait sa souffrance, il a besoin de la préserver. Lui et elle se cachent, ils se dissimulent à tous les yeux sous cette figure pitoyable et terrible.

La masque du malheureux est un instrument de défense et un appareil de métamorphose.

Comme tous les masques, cet univers est l’objet de curiosité, d’épouvante et d’extase, et il sert à l’Inconnu qui s’y cache à se multiplier et à s’enrichir ineffablement. Il lui sert à ne pas mourir.


Sur mon bureau il y a un mouton, Mista sur un Tricératops, Goomba, Takara Tomy, Carapuce, Florizarre, Léon le bourdon, Diddy Kong, Totoro et une oie.

On rencontre rarement un homme qui dit avec calme et joyeuse dignité : ceci ou cela, je ne le fais pas, parce que je n’en ai pas les moyens. – Søren Kierkegaard, Ou bien… ou bien (trad. R. Boyer).

Prends garde toutefois de ne pas tomber dans l’extrême inverse, dans un défi insensé qui consume ses forces à vouloir cacher sa douleur au lieu de l’assumer et de la vaincre.

Une véritable amitié exige toujours de la conscience et se trouve ainsi libérée d’être de la rêverie.

Cependant, le fait de vouloir jouer à cache-cache se venge toujours et naturellement du fait que l’on devient énigmatique à soi-même. De là vient que tous les mystiques, parce qu’ils ne reconnaissent pas l’exigence de la réalité et qui est que l’on doit se manifester ouvertement, se heurtent à des difficultés et à des scrupules que personne d’autre ne connaît. C’est comme s’ils découvraient un tout autre monde, c’est comme si leur être était double en lui-même. Qui ne veut pas lutter contre les réalités aura des fantômes à combattre.

Lorsque tu te façonnes toi-même dans la machinerie bien fermée de ta personnalité, je glisse mes écrits et je suis sûr qu’ils participeront au mouvement.

Démission subie – stardown nation II

Pour mes camarades démissionnaires qui sont partis dans le maraîchage, la menuiserie ou la poterie, vous le savez aussi bien que moi : il nous reste trois options : le marché de niche, la survie ou la compromission.

C’est un fantasme bourgeois que de croire possible de vivre d’emplois manuels comme s’ils étaient détachés d’un environnement capitaliste. Il y a des emplois plus stables que d’autres dans des logiques de proximité : boulanger, boucher, coiffeur, pompes funèbres, en fait tout ce qui peut faire boutique avec une régularité de consommation. Si le maraîcher a sa propre boutique, l’alimentaire est envisageable. S’il dépend d’enseignes, non. Même un restaurant reste précaire. Une cantine ouvrière l’est moins qu’un restaurant. Le bâtiment se porte bien mais parce que des lotissements poussent comme de l’herbe. C’est un marché malgré tout. Un menuisier gagne plus d’argent en faisant des parquets sur mesure pour les riches propriétaires de la côte que pour les charpentes des maisons. Il n’y a pas de métier éthique, il y a toujours une clientèle, des produits à vendre, une marge à réaliser.

Il faut peut-être avoir été ingénieur informaticien à Paris pour croire le contraire.

Offline 23 hours a day

I post my questions to a bunch of AIs, and save the answers to read later.

Vivre sans internet dans les bois pour revenir de temps en temps en ville interagir avec des IA, difficile d’imaginer plus privilégié.

Le cognitariat qui vient

Pour ma part, j’aimerais que l’université (mais aussi l’école) abandonne sa fascination pour l’idéologie de la performance économique et qu’elle retrouve sa voie humaniste.

posts in the sand

Isn’t that how life is, though, being made a fool over and over again?

040226

je prenais conscience que ma « carrière littéraire » était sur le point de s’achever, quand bien même je pensais, moi, à l’époque, qu’elle commençait à peine.


On a eu un coup de cœur sur la moquette verte.

Mon osthéo m’a dit à la fin de la séance de ce matin que j’étais toujours très attentif aux signaux que me renvoyait mon corps. Je comprends où j’ai mal, mais je ne comprends pas pourquoi j’ai mal. Peut-on faire disparaître la douleur sans comprendre d’où elle vient.

Je ne sais pas pourquoi je vis comme un tel soulagement d’écrire en utilisant XMPP. Peut-être parce que je peux écrire à quelqu’un sur son téléphone depuis mon ordinateur, où je me sens plus à l’aise. Aussi parce que la messagerie est simple, et pas dépendante d’un service tiers hyper chiant à utiliser.

Je remarque un appartement à vendre quelques numéros plus bas dans ma rue : il vaut 535 000€.

Peut-être que j’ai besoin d’une pause, d’arrêter de parler un temps, de m’en tenir aux habitudes du quotidien. Je crois qu’écrire sans publier me fait un peu de bien, mais je ne sais pas vraiment pourquoi, ce que ce geste change au fond.

Marie m’a envoyé un email, de nulle part, sans raison. Elle voudrait qu’on parle et m’a laissé son numéro de téléphone, que j’ai déjà, je crois.

Si vous demandez à un Urapmin ce qu’il veut dire par ce qu’il vient de dire, il vous répond qu’il ne sait pas ; la signification est dans le camp de celui à qui ce qu’il dit est dit.

C’était quelqu’un de très gentil, d’hypersensible. Il s’attendait à ce que le monde soit comme lui. Ce sont vraiment des désillusions qui sont venues progressivement. Ce n’est même pas de la culpabilité, il n’en est pas encore là. Quand on pense à lui, on pense à la fin et cela le fige encore plus. Cela vous demande une démarche active de le voir heureux et souriant. Il est nécessaire et utile de lui envoyer des pensées positives et de le visualiser heureux et joyeux.

Aussi laissa-t-il comme message à ses parents, au départ d’un voyage auquel il donna fin, quelques jours plus tard, sur le quai de la station Blanche à Paris : « Je pars chercher la vérité et je reviens. »

Que peut-on savoir de ce qui nous tient vivant ?


J’aimerais qu’on sorte d’une dynamique d’inquiétude, qu’on ne fasse pas de moi seulement une personne malade. Proposez-moi autre chose que du souci.

Où est-ce que je pourrais trouver le repos ?

Je dois répugner certaines personnes de mon entourage. Moi je me répugne.

Dans quelle langue je parle ?

Ce qui nous touche relève de l’écologie du viral ; faute d’hôtes, ce qui touche s’étiole, et ne pourra plus toucher personne. Ce qui touche nous requiert. – Vinciane Despret, Au bonheur des morts.

[Ce rêve] est d’autant plus [une proposition oraculaire] que si l’on prend en considération, comme le propose le philosophe Marcos Mateos, que « l’oracle ne dit pas ce qui t’attend dans l’avenir. Il formule ce qui t’atteint, ou peut t’atteindre dans un “à vivre” ».

small thoughts part 8

Change has to come from you. You have to open yourself up to receive love.


Cette nuit j’ai rêvé qu’on accueillait des élèves en design graphique dans le salon de notre appartement, pour consulter mes objets, genre mes livres, mes jeux vidéo, mes cartes Magic, tous les trucs que je possède. L’après-midi se passe bien parce que je ne pense pas trop à la dizaine d’élèves dans mon salon. On s’installe au moment du bilan avec Cécile dans le canapé pour discuter avec elleux et leur donner des conseils et des précisions. Je me rends compte à ce moment-là du monde qu’il y a dans le salon, assis par terre. Je passe aux toilettes et quand je reviens la porte-fenêtre du salon est grande ouverte, de la pluie est entrée et le vent a tout renversé. Je vois tout de suite un bout d’objet or et blanc au sol, et je comprends en voyant un autre bout plus gros que c’est ma PS5 qui a été cassée en trois morceaux. Je me mets en colère et je leur dis qu’il fallait prendre soin des choses dans le salon parce que c’est précieux pour moi. Je m’assois en tailleur par terre dans l’eau qui stagne sur le parquet avec les morceaux de PS5 dans mes bras comme si c’était un cadavre et je pleure comme si j’étais en deuil et tout le monde autour de moi me regarde avec pitié.

Du jour au lendemain, on disparaît de l’esprit de dizaines de personnes. Il y a un vague souvenir de nous, de notre visage, de nos manières, mais on devient très vite plus rien. On s’y fait, on comprend, que tout le monde préfère laisser le mal derrière soi.

Dans Pluribus, tous les aliens veulent le bien de l’héroïne Carol, alors qu’elle veut juste qu’on la laisse seule. À un moment un alien demande : Carol, is there anything we can do to cheer you up? Et Carole répond : Cheer me up? Why? I’m fine. I’m so happy. There is nothing wrong with me that a fucking hand grenade wouldn’t fix. You got one of those?

Antinéa s’accroche tellement à moi qu’elle réussit presque à briser un peu de la couche de sable qui recouvre mon corps.

Je pleure parce que je ne vois rien devant moi. On dit que le futur console le passé, mais mon futur n’est fait que de passé.

Quand je ne fais pas de sport, je sombre. Quand j’en fais, je sombre un peu moins vite.


Le soleil n’aura duré que deux jours.

Où est passée la fiction ?

Ma vie était bien organisée, et maintenant c’est un bordel. Ce bordel me déprime.

Une chose que j’ai comprise si je veux écrire Mon voyage à Kanto, c’est que chaque partie doit se situer dans un espace-temps différent. Ce ne peut pas être une intrigue continue.

Ces derniers temps quand je m’endors pour faire une sieste, la circulation du sang se coupe dans mes avant-bras. Je me réveille souvent sans plus sentir mes doigts.

J’étais prêt, et puis j’ai pris mon temps, et me suis mis en retard.


Des fois je me demande pourquoi j’en arrive aujourd’hui à l’auto-édition, une pratique éditoriale que j’ai tellement critiquée. Je crois que la différence vient de ma conscience et de ma connaissance de l’endroit d’où je viens. L’édition traditionnelle, j’ai donné. J’ai publié dans plusieurs maisons, et les problèmes se recoupent parce que le système éditorial est daubé. Donc : je sors de cet endroit, et je vais ailleurs. L’ailleurs pourrait être une autre maison, mais aucune ne m’attire, ni ne me convient. Mais j’ai appris beaucoup, et je peux écrire et comprendre ce que je fais grâce à cet apprentissage.

L’auto-édition découle souvent d’un mouvement orgueilleux de voir son manuscrit refusé partout. On pense : je vaux mieux que ces maisons d’édition qui ne reconnaissent pas mon talent, et on publie soi-même son manuscrit, mal en général. Il n’y a pas de miracle, ou plutôt si, parfois il y en a un, comme tout miracle, ce qui pousse à croire que c’est une issue possible, que le miracle peut se transformer en norme. Moi je n’ai pas cet orgueil, j’ai juste arrêté de croire au miracle : je suis parti par désir, non par défaut.

Le problème, c’est que l’auto-édition veut quand même intégrer le circuit habituel du livre : diffusion, librairies, rencontres, dédicaces, etc. C’est l’erreur. C’est l’erreur que je ne veux pas reproduire. Si je fais autrement, alors je fais autrement. Ce livre m’appartient, je l’ai payé avec mon argent. Si je veux garder les stocks dans mon appartement, je le fais. Si je veux les distribuer gratuitement, je le fais. Si je veux les échanger contre des boosters Magic, je le fais. Je peux tout faire. Je me fous qu’il se vende, je suis juste content qu’il existe.

J’étais déçu de mes livres publiés en maison d’édition parce qu’il y avait un jeu auquel je perdais à chaque fois, genre les prix, les ventes, la reconnaissance publique. Mais là c’est un autre jeu, d’autres règles. Ce n’est pas la même logique, pas le même destin. C’est comme ce site, un espace que je me forge, et qui existe pour ce qu’il est, avec les personnes qui ont envie de l’habiter.

C’est peut-être ma liberté.


Les paroles de Dry Your Eyes de The Streets disent : dry your eyes mate, i know you want to make her see how much this pains hurts, but you’ve got to walk away now, it’s over.

Si plus de gens avaient un blog, on publierait moins de livres.

À la bêtise initiale de Damasio, Nicolas Mathieu n’a pas pu s’empêcher d’ajouter la sienne. C’est déprimant d’être entouré d’auteurs aussi cons. Et en fait j’avais pas vu la séquence en entier, mais Damasio rapporte que Morizot pense aussi que l’IA développe des concepts du même niveau que les siens. C’est vertigineux ce que ces types racontent, je ne sais pas s’ils s’en rendent compte.

Je sentais la douleur de Julia. Sa solitude. Son désespoir. Sa rage d’être forcée de traverser ces épreuves toute seule. – Alexandre Baril, Défaire le suicidisme : Une approche trans, queer et crip du suicide (assisté).

In the Attention Economy, We’re All Cheap

You may not, personally, want direct attention or eyes on you, specifically – but you are doing things for attention in an attention economy. If you did not want attention on you, your work, or some result of your work, you would not be posting it on the public web.

Au début des Relevés, je partageais le lien à chaque mise à jour. Au bout de quatre ou cinq ans, j’ai arrêté de le faire. Je voulais sortir de la publicité. Peut-être que le fait de publier c’est déjà de la publicité, et qu’il faudrait tout garder dans mon coin. C’est peut-être la prochaine étape. J’aime bien partager, mais qu’est-ce que je partage ?


Les personnes qui cherchent à se recentrer sur elles-mêmes, devenir leur propre priorité, n’ont jamais été seules. C’est une conception romantique de la solitude. La solitude vous tue. La seule chose que vous espérez, c’est qu’elle disparaisse.

J’ai acheté un paquet de chips parce que j’ai des choses à écrire, donc je mange et j’écris :

Au cours de ma séance psy de cet après-midi, j’ai verbalisé être tellement emmuré à l’intérieur de mon corps que je n’ai aucune idée des émotions que je ressens, mais surtout que je ne peux pas les vivre quand les événements qui les appellent se produisent. Tout arrive toujours en décalé parce que je refoule trop de trucs depuis que j’ai 7 ou 8 ans.

Non en fait je refoule pas trop de trucs, je refoule tout.

J’étais un enfant à qui on n’a laissé aucune place pour vivre le malheur et la peine des événements qu’il subissait, au point qu’il a oublié qu’il avait le droit d’être malheureux, et comment il pouvait l’être. Il a oublié comment faire sortir la peine de son corps, et que ses émotions pouvaient prendre la suite quand les gestes ou la parole manquaient. Je suis devenu de plus en plus rigide, droit, imperméable. Je suis parti très loin. Il faut imaginer les dégâts à l’intérieur, mais c’est difficile à imaginer.

J’ai appris très tard qu’il y avait de la place pour mes émotions.

Je n’ai toujours pas appris comment les extérioriser.

Je pleure ces derniers mois des événements qui ont eu lieu il y a 25 ans, 12 ans, 6 mois, 2 jours, tous en même temps, au même moment. Je pleure des surcouches de larmes au point que je ne parviens plus à rien distinguer de ma peine. Je pleure de honte, de tristesse, de soulagement, de dépit, d’angoisse, avec les mêmes larmes. Il y a une infinité d’événements vécus que je ne pleure pas et que je devrais pleurer, mais qui sont dans un espace-temps auquel je n’ai pas encore accès. Plusieurs fois en pleine crise de larmes je me mets à rire aux éclats.

Peut-être que vous me manquez, peut-être que je vous aime, peut-être comme des amix, peut-être comme des âmes sœurs, peut-être comme des corps à désirer, peut-être que je vous en veux, peut-être que j’ai honte de choses que j’ai pu vous faire, ou que vous avez pu me faire, peut-être que je suis en colère contre vous, ou que je culpabilise, peut-être que je doute, que j’ai peur de vous avoir déçu, de vous avoir trahi, peut-être que je vous en veux de ne pas me comprendre, de ne pas essayer de comprendre, de ne pas trouver à ma place la clé qui ouvre le coffre aux trésors.

Au fond, je n’en sais rien.

Je ne peux pas le dire, et donc, je ne peux pas le régler. Je ne peux pas passer à la suite parce que je ne ressens pas l’événement. Je le vois, je le comprends, mais je ne l’éprouve pas.

Peut-être que des fois je souris alors que je suis blessé. Peut-être que des fois je me tais alors que je voudrais dire pardon. Peut-être que des fois je pars alors que je voudrais vous avoir contre moi. Et que j’aurai mal de ces attitudes dans le futur, parce qu’elles n’ont aucune matérialité dans mon présent.

Il y a deux mois, quand je suis allé chez ma mère, il s’est trouvé une situation où je pleurais à table et où elle est venue vers moi pour me consoler. Elle me caressait le cou et je ne pouvais pas m’empêcher de penser : ce geste est incestuel. J’étais en même temps, je ne sais pas, soulagé, rassuré, et gêné au plus profond de mon cœur. Je pensais : ma mère ne devrait pas avoir ces gestes envers moi, alors que ce sont précisément les gestes que ma mère devrait avoir. C’est pour vous dire d’où je pars. Ce n’est même pas une absence, c’est une inversion du sens.

À chaque fois qu’on me demande comment tu vas ? je suis pris d’une espèce de vertige que je n’avais jamais conscientisé : je n’ai aucune idée de comment je vais. Je ne me pose pas la question, et je ne peux pas aller chercher la réponse en moi. Je réponds par convention sociale, dans ce que j’imagine qu’on attend de moi au moment où on me le demande. Je joue le jeu d’aller bien ou mal. Certains événements me semblent logiques : une bonne nouvelle doit vouloir dire que je vais bien, alors je vais bien, et l’inverse pour une mauvaise nouvelle.

Et au fond, pourquoi le remettre en question ? À quel moment je peux croire qu’on va chercher à voir au-delà de ce que je donne ?

Par exemple, je n’ai été heureux de la parution d’aucun de mes livres.

Je sais que c’est absurde, mais si je veux vraiment m’écouter, je crois que c’est la vérité. Je crois que je n’ai jamais pu être heureux de leur parution parce que je n’attendais pas le bonheur à cet endroit-là. La plupart des gens sont heureux d’avoir fini leur projet, mais à mes yeux le projet venait de commencer. Le livre, c’est la tentative de retour aux émotions. C’est le point de départ vers moi. C’est une fois le livre intégré que je peux souffler, mais intégré par qui ?

La scène à la fin de Rivage au rapport quand Rivage part dans la fusée et qu’il n’a aucune idée d’où aller, c’est moi. C’est la façon la plus vraie que j’ai trouvée pour décrire mon errance et vers où elle m’entraîne. Les lecteurices sont surtout choquées de la mort de Copperfield, alors que le vrai choc, il est là.

Les paroles de Unfinished Relief de Mud Flow disent : but i know one day will come where i will find peace.

Dans One Piece, à la fin de l’arc d’Ennies Lobby, alors que tous les membres de l’équipage sont acculés à bout de force dans un cul de sac qui donne sur le vide, entourés de canons de la Marine prêts à les réduire en cendres, Usopp entend une voix qui lui dit de se jeter à la mer. D’abord les autres membres le prennent pour un fou, mais il est tellement convaincu de la voix qu’il entend que tout le monde finit par lui faire confiance, et que d’un même élan ils sautent tous ensemble dans le vide, confiants, heureux, soulagés.

C’est leur bateau, le Vogue Merry, qui vient les sauver.

Je pleure à chaque fois que je lis ou regarde cette scène depuis mes 14 ans. Je ne peux pas dire quelles émotions je ressens, de la félicité, du soulagement, de la joie, mais je sais que mon âme tend vers elles autant par manque que par désir. J’accède à une pièce qui m’est étrangère autrement.

Il y a des milliers de pièces de ce genre tout autour de moi.

Je ne peux les observer qu’à travers l’œilleton.

Je rêve d’un jour me jeter moi aussi dans le vide avec la certitude qu’une forme de paix m’attendra en bas. La forme de cette paix, je l’ignore.

To the ocean!

the fantasy of a clean state in relationships

I really do believe that, with counseling, and a lot of communication and rebuilding of trust, that people can work through betrayal and have a healthy and happy future ahead of them. But that’s hard. It means confronting the worst parts of yourself.


J’ai pris le train pour aller voir Westerman en concert à La Maroquinerie. J’étais jamais allé dans cette salle, qui ressemble à une piscine vide, ou une salle de bal dans un teen movie. La première partie, Laura Groves, m’a aussitôt mis en orbite, alors que d’habitude les premières parties on les écoute gentiment en attendant la suite. Je vous conseille Be There et Mystique par exemple.

J’avais déjà vu Westerman il y a trois ans à La Boule Noire. Il a complètement modifié son groupe pour cette tournée. Il y avait juste lui, une batteuse et un claviériste/bassiste. L’ambiance n’avait rien à voir, la setlist non plus. Par exemple il a chanté Easy Money. Des fois il chantait dans la fosse, parmi le public. Des fois le groupe entrait dans des phases saturées. Il a conclu avec une version hallucinée d’Adriatic. Tout le long j’avais la bouche grande ouverte, des larmes plein les yeux, et quand il chantait c’était comme si je chantais, alors qu’il n’y avait aucun son, ma gorge était crispée, mes tendons presque douloureux, mais je criais en moi de toutes mes forces.

And now, Søren Kierkegaard.

Tu hais la réalité dans la vie, très juste ; car pour qu’il y ait du sens dans celle-ci, il faut qu’il y ait de la continuité et c’est ce qui manque à la tienne. – Søren Kierkegaard, Ou bien… ou bien (trad. R. Boyer).

Tu es comme un mourant, tu meurs chaque jour, non au sens grave et profond où l’on prend d’ordinaire ce mot, mais la vie a perdu sa réalité et tu « tu calcules toujours le temps que tu as à vivre à partir du jour où tu as donné congé au suivant ».

À nouveau ta pensée réduit à cette conception de la vie : lorsque l’on anéantit le chagrin, on conserve la joie, n’est-ce pas ? À la place du chagrin, tu choisis une joie qui est un avorton du chagrin.

C’est un résultat que tu gardes toujours in mente, que tu cherches la distraction de la joie ou du chagrin, il demeure inébranlablement en ton âme qu’il y a un chagrin qui ne se laisse pas dissiper.

je ne suis pas le tourmenté qui peut être fier de ses souffrances, je suis l’humilié qui ressent son crime, je n’ai qu’un mot pour ce que je souffre : faute, un mot pour ma douleur : repentir, un espoir devant les yeux : pardon.

Quand donc je pleurniche, je me dis : attends, tu vas avoir un sujet de pleurer, et j’entreprends la métamorphose.

Il avait un don peu banal de dissimuler ses états d’âme et de donner à une passion l’aspect d’une autre. Il a donc fini par mettre lui-même un terme à sa vie sans que personne puisse en expliquer la raison.


Je me suis couché tôt pour retrouver un rythme normal. Je m’endors peu importe l’heure à laquelle je me couche. Je lisais allongé et j’ai commencé à être triste et à respirer fort et mal. Je n’étais pas triste à cause de ma lecture, mais à cause des pensées qui me venaient pendant que je lisais. C’est une dissociation commune chez moi : faire une chose en appelle une autre. J’avais mal. J’avais peur. C’est la réalité, mais tandis que je lisais une seule larme a coulé de mon œil gauche, puis une autre seule larme de mon œil droit, que je n’ai pas cherché à essuyer, que j’ai laissé sécher directement sur ma peau, comme une fine couche de gel, ou de colle, ou de bave. J’ai refermé le livre sur son marque-page, l’ai posé par terre à côté de moi, j’ai éteint ma veilleuse et j’ai posé ma tête sur l’oreiller, dans cette douleur, dans cette peur, dans ces larmes, avec elles.

J’ai vraiment beaucoup de mal à vivre.

Il y a beaucoup de choses dans les herbes hautes. – Camille Ruiz, Un chien arrive.

Cette phrase est marrante parce que dès que je l’ai lue, j’ai tout de suite compris à quel imaginaire elle faisait appel, et je l’ai notée pour moi. Il faut pourtant attendre plusieurs dizaines de pages dans le livre avant que le lien ne se fasse totalement dans l’esprit de la narratrice :

J’ai réalisé que [ma joie bizarre] était celle d’explorer les herbes hautes, comme dans le jeu. Des années après, claire, intacte. À tout moment l’écran peut changer, un pokémon sauvage apparaître.

Sans explication, tout départ me semble un abandon. Bien sûr, ce n’était pas exactement cet abandon-là, celui que je commettais, qui me partageait le cœur, bien sûr que le trou était ancien.


Ce matin j’avais la gorge serrée. Je visualise le mal que je fais comme des flaques que je répands et qui stagnent. C’est une sensation matérielle. Je touche d’une marque maudite les personnes et les choses et elles se recouvrent d’une sorte de pois.

Dans Bleach le personnage de Sui-Feng a un Zanpakuto avec la capacité spéciale Nigeki Kessatsu, une sorte d’épine dans sa main droite qui lui permet d’apposer un sceau sur son ennemi. Quand elle touche le sceau une deuxième fois avec son épine, l’ennemi meurt en se volatilisant.

C’est l’idée que je me fais de mon toucher : le premier contact imprime, le second exécute.

Je vis dans un petit monde, et parfois je me demande pourquoi il doit être si grand, sinon pour que chacun puisse vivre dans son propre petit monde, comme moi. Comment passer d’un petit monde à l’autre, c’est tout le secret de l’amour.

Je crois que Pierre Chopinaud tente un cosplay The Witcher.

Abonne-toi pour plus de blagues de niche sur la littérature contemporaine.

Les paroles de Hold On de John Lennon disent : when you’re by yourself and there’s no one else, you just have yourself, and you tell yourself just to hold on.

Thinking; walking

What is my dream?

George Saunders Says Ditching These Three Delusions Can Save You

So for the first time it was like, All right, what if you don’t have any writing career? What if you’re just, hopefully, a good father and husband? And in that space I found that there was plenty to live for. I’d always secretly thought I was kind of shallow, that I was all ambition. And to find out that shorn of that, I still liked being alive and still felt a lot of happiness? That was very sweet.


Un peu après avoir commencé Un chien arrive, j’ai eu des images des quelques chiens et chiennes qui ont traversé ma vie.

Mon père avait une chienne qui s’appelait Pims, une toute petite chienne blanche. Je n’ai aucune idée de la race parce que j’identifie mal les races canines, comme j’oublie tous les noms d’oiseaux. Mon père l’aimait beaucoup mais ma mère n’en voulait pas dans la maison, alors elle restait attachée par une laisse derrière la maison, près de sa petite niche, à côté de la porte du garage, sous les fils à linge. Elle n’était plus vraiment promenée. Je crois que Julien la promenait un peu. Elle s’est laissée mourir parce qu’elle a été abandonnée. C’était une toute petite chienne, très seule à la fin.

Mon grand-père a eu plusieurs chiennes de chasse. Elles vivaient dans un chenil dans le jardin. Chacune avait sa niche et 3m² pour bouger. Elles s’agitaient quand on approchait parce qu’elles croyaient qu’on allait les sortir, mais je crois que mon grand-père ne les sortait à peu près que le dimanche pour aller à la chasse. Quand j’ai été plus grand on les sortait pour jouer dans le jardin. C’étaient des chiennes très vives, très rapides, très affectueuses, elles aimaient bien qu’on leur caresse le ventre. L’une d’elles avait peur de l’orage alors mon grand-père la faisait dormir dans une caisse en bois dans le coffre de sa Citroën. Je ne me souviens plus de leurs noms. Elles sont mortes les unes après les autres, et mon grand-père aussi.

La dernière chienne de mon grand-père s’appelait Benga. C’est ma grand-mère qui s’en est surtout occupée. À un moment elle ne pouvait plus s’en occuper alors c’est un ami chasseur de mon grand-père qui l’a récupérée. Elle est tombée malade. Je crois qu’elle a été piquée. Je n’ai jamais eu l’impression que ma grand-mère se soit émue ni de la séparation ni de sa mort, mais c’était peut-être un masque.

Un couple d’amis à mes parents vivait à la campagne et avait deux dobermans. Ils me terrifiaient. J’avais l’impression qu’ils faisaient ma taille et qu’ils profitaient de ma peur pour courir autour de moi et aboyer. J’étais convaincu qu’ils voulaient me mordre au sang. À chaque fois qu’on approchait du portail en voiture, j’étais pris d’une angoisse intense. Personne d’autre ne semblait s’en inquiéter, ce qui renforçait mon sentiment de persécution. J’ai été soulagé que mes parents arrêtent de fréquenter ce couple notamment pour ne plus avoir à subir la présence de ces deux chiens.

Angélique vit avec une chienne qui s’appelle Aya. Elles voyagent toutes les deux dans le même camping-car. Elles ont vécu beaucoup d’aventures intimes et géographiques ensemble. Les gens qui ne la connaissent pas ont peur d’elle. C’est une petite chienne tout en muscles, très tendre. Quand je la caresse j’ai l’impression qu’elle ne sent rien mais au fond je sais qu’elle sent quelque chose. Quand j’étais à Matignon et que je m’asseyais par terre en tailleur, elle se lovait entre mes jambes. J’aimais ce poids lourd et chaud qui me clouait au sol. J’en ai parlé ici en fin d’année dernière.

Un jour il faudra que je parle de Saya, qui n’était pas une chienne.


On ne m’a pas appris à blesser, pourtant je blesse.

J’ai besoin de rencontrer de nouvelles personnes, de parler d’autre chose.

Aujourd’hui c’est le jour 309 pour faire 100 000€ par mois. Ça part sur un réveil à 8h30, je pars prendre mon petit-déj et vers 9h30 je commence vraiment à taffer parce qu’il va falloir se bouger pour atteindre les 100K.

Pour commencer cette journée j’ai dû checker des notifications et des messages, et surtout j’ai continué un énorme projet sur lequel je bosse depuis plusieurs mois.

En gros, avant, je faisais de l’achat revente et j’ai généré plus de 5000€ à seulement 13 ans. Et maintenant, mon objectif, il est très simple, c’est juste de vous apprendre à faire pareil.

S’aimer d’amour vrai implique une indifférence à toutes ses propres copies, telles qu’elles peuvent apparaître à autrui et, par le biais d’autrui, si j’y prête trop attention, à moi-même. – Clément Rosset, Le réel et son double.


La question que j’ai posée le plus aux autres toute mon enfance et adolescence n’a jamais été comment ça va ? mais tu fais quoi ? Tu fais quoi ? Tu fais quoi ? Tu fais quoi ? Façon de dire : donne-moi une idée, ou : laisse-moi te rejoindre.

Laisse-moi te rejoindre.

Nous sommes perdus dans nos nuits, sans doute. Mais à cette immersion si souvent angoissante devra répondre un geste : un mouvement vers l’autre où notre être-là pourra se déployer comme être-ailleurs.

J’écoutais A Fond Farewell d’Elliott Smith quand j’ai eu l’impression d’avoir déjà entendu les paroles et le rythme quelque part. J’ai chanté en même temps et j’ai réalisé que le pont dans Seigfried de Frank Ocean est en fait une reprise du refrain de cette chanson. Sur Genius, une des questions posées par la communauté est : why does Frank Ocean reference Elliott Smith?

Le soleil est revenu. Ce n’est pas une image, même si je le vois. Les paroles de Pitseleh de Elliott Smith disent : the first time i saw you, i knew it would never last, i’m not half what i wish i was, i’m so angry, i don’t think it’ll ever pass. Je me détruis les fibres des muscles du dos dans cette colère pour toujours.

Damasio dit que l’IA arrive au même niveau que son artisanat, preuve par l’exemple qu’il écrit de la merde.

Dommage que le livre de Didi-Huberman se termine sur une sorte d’éloge naïf de la corrida.

Ne doit-on pas finir par comprendre qu’une manifestation affective, aussi explicite soit-elle, n’est que la percée ou le passage, ou le sentier de traverse, ou la trouée dans les broussailles, d’un mouvement qui se dégage à partir d’une forêt d’affects que nous ne saurons jamais ni dénombrer ni dénommer intégralement, et encore moins juger au regard d’une « vérité » située quelque part en amont de toute chose ?

Ne devrions-nous pas sortir en permanence, c’est-à-dire renaître à chaque fois ? Et cela pour que le désir avance – mais la colère aussi – et que la culpabilité recule ?

It is very difficult to live

I know I’m not alone. Yet nobody talks openly about this sense of perpetual emptiness. It’s the last true taboo of this society, where everything is permitted except sadness. And so we only intensify that sense of loneliness, of being wrong.


Dans la ville inondée.

J’écris à Camille : C’est fou ce brouillard, puis le hasard me fait lire ce paragraphe avant de m’endormir :

Nous errons dans chacune de nos expériences, chacun de nos « faits d’affects », aussi perdus que dans chacune de nos nuits, chacune de nos hantises, chacun de nos brouillards. Et la pensée elle-même ne s’y retrouvera jamais que perdue : en plein milieu d’une atmosphère sans limites, désorientée dans un espace sans repères.

Ce qui me guide dans ce brouillard : une clochette, un halo.

Les paroles de Needle in the Hay de Elliott Smith disent : i can’t be myself, i can’t be myself and i don’t want to walk, i’m taking the cure so i can be quiet wherever i want.

J’ai rêvé un gros rêve dont je ne me souviens qu’en partie. Je sais qu’à un moment je me retrouve dans une sorte de réunion éditoriale improvisée dans une salle de réunion fancy, avec Benoit, Aurélien, un gars vieux et une femme. Je me souviens que je ne dis rien mais que je pense : leurs livres sont vraiment nuls, ils se prennent la tête pour rien. À un moment il y a Pidi qui entre dans la boucle. Je la connais bien parce qu’elle me demande de garder sa fille pendant qu’elle sort avec le reste du groupe pour la soirée. Un type d’une beauté random mais efficace arrive alors comme si de rien n’était et en profite pour se faire inviter. Je l’ai déjà croisé ailleurs plus tôt et il m’a laissé une mauvaise vibe. J’ai les boules de devoir veiller sur le sommeil de la fille de Pidi pendant que le type va avoir toute une soirée pour la draguer. Je vois qu’il le sait et qu’il a profité de l’opportunité exprès. Je suis coincé parce que si je demande à venir aussi, plus personne ne s’occupera de la petite fille, et je passerai pour une personne sans cœur. Je reste et me réveille.

Je ne peux pas vider une nouvelle partie de ma bibliothèque dans la boîte à livres, il y a de l’eau partout.

An incomplete list of things I don’t have

Happiness. Things I’m proud of.


Pas forcément rassuré en constatant que les trajectoires des artistes avec qui je ressens une forme de voisinage émotionnel en ce moment se sont toutes terminées par un suicide.

En relisant des messages partagés ces derniers mois, je me rends compte que mon entourage familial et amical n’est pas du tout prêt à voir ou à accepter que je ne vais pas bien : mes tentatives rencontrent l’ignorance, l’absence, il n’y a aucun rebond sur l’expression de mon mal-être. J’ai parfois le sentiment qu’on ne sait pas quoi faire de moi. Je crois que j’espérais une attention un peu plus forte, mais je ne l’ai pas trouvée. J’ai tenté d’aller la chercher, mais je ne l’ai pas trouvée. Et le peu que j’ai trouvé n’a pas duré. Je ne remets pas la faute sur les autres, je sais que tout le monde va mal, je me suis juste fait une fausse idée de ces interactions. Je comprends ce qu’il y a de paralysant à faire face à quelqu’un qui incarne autant le néant. Ce n’est pas grave, j’ai tenté le coup. Je trouverai bien autre chose, en moi.

Qu’est-ce qu’implique un proche en souffrance ? Quels soins doit-on lui apporter, quelle présence, quelle écoute ? Est-ce qu’on doit lui préparer à manger, lui lire des histoires, embrasser son front avant de dormir, le bercer, le promener, le laisser tranquille, l’écouter pleurer ? Qui a encore le temps et l’énergie pour cette forme d’entourage ? Qui a encore la place ?

Je perds de plus en plus le sens des gestes communs : voir des gens, manger, bouger, répondre, me laver, m’exprimer, dormir, boire. La vie se volatilise, mes forces s’amenuisent. Je suis assis dans le salon de mon appartement. Je ne perçois plus que mes contours. Je sais qu’il y a une forme dans l’espace, mais je ne sais plus ce qui remplit cette forme.

J’ai dit à ma psy que j’étais fatigué et elle m’a proposé de faire partie d’une association. Je n’ai pas compris sa proposition, mais la signification du mot fatigué a peut-être évolué depuis que je le suis.

En fait c’est bizarre : j’ai l’impression d’être en deuil.

stream of consciousness in feb 2026

Some things I was so, so sure about deep in my gut turned out wildly differently lately, and I lost trust in myself for a while. It’s those moments when life shows you very blatantly how unpredictable it is and that you’re living in completely random chaos and your feelings are not always truthful. It made me feel quite lost for a while and like looking forward to anything with excitement or having a good feeling about an outcome had a high chance of me getting hurt instead. That ruined happiness.


Suite de l’aventure quant à la multinationale américaine : j’ai reçu un deuxième email, qui ne dissipe toujours pas mes doutes quant à l’aspect frauduleux de la démarche, mais ne les confirme pas non plus. Les conditions de travail ont quelque chose d’absurde, mais pas si absurdes. C’est terrible de ne pas trouver de travail et qu’on pique précisément sur ce manque pour construire une espérance déçue (et sans doute pour tenter de m’extorquer un paquet d’argent).

J’ai envoyé mon iPod par La Poste : fais bonne route petit ange.

J’ai rêvé que je traversais une vitre et qu’en tombant au sol je me retrouvais avec des éclats de verre sur et autour des lèvres. Ils ne me faisaient pas vraiment mal tant que je ne bougeais pas les lèvres, mais j’étais angoissé qu’ils restent là. Je tentais de les faire partir avec de l’eau mais quand je les trempais ils adhéraient encore plus, comme des paillettes. Certains même commençaient à entrer dans ma bouche, de plus en plus, je les sentais sur mes gencives et contre mon palet. Je n’avais pas mal, mais j’avais peur d’avoir mal. Je ne savais pas comment me débarrasser de tous ces éclats de verre.

J’attends celui qui le premier
Me comprendra enfin
Et tirera à bout portant. – Marina Tsétaïeva, Le ciel brûle.

Les collaborateurs

Nous n’aurons même pas l’impression de mentir car à force d’intoxiquer le public, nous nous sommes auto-intoxiqués et, maintenant, nous croyons à tout ce que nous disons.


J’aimerais bien recevoir une bonne nouvelle.

Dans la même journée j’ai pleuré en parlant à ma psy, j’ai pleuré au téléphone, j’ai pleuré en regardant le Tiny Desk Concert de Sarah McLachlan et j’ai pleuré en écoutant No More Sorry de My Bloody Valentine. Je ne peux donner la signification émotionnelle d’aucun de ces pleurs, je suis incapable de mettre le moindre mot sur ma souffrance.

Même si je fais de mon mieux pour l’éviter, je blesse tout le monde. Je me blesse moi aussi. Dans Pokémon quand notre Pokémon est confus il se frappe lui-même et une phrase dit : sa folie lui inflige des dégâts ! Ma folie m’inflige des dégâts.

Entendu dans un podcast féministe sur les personnes qui osent sortir des schémas classiques : t’es propriétaire, et d’ailleurs tu m’as tellement inspirée que je suis devenue propriétaire aussi. Un peu plus loin, celle qui est interviewée dit : moi pour le coup je viens d’une famille de saltimbanques, mes grands-parents ils se sont rencontrés aux Beaux-Arts, les arrières grands-mères sont toutes cantatrices, j’ai un héritage familial très artistique. Saltimbanque is the new nepo baby.

Les podcasts ont toujours le don de me crisper un max.

Avec mes mains, je vais tenter de transformer autrui, l’espace autour de moi et le temps lui-même. – Georges Didi-Huberman, Brouillards de peines et de désirs.

Pourquoi tendre la main ? Parce qu’au-delà de la main il y a ce que la main désire.


Ne faisant pas partie d’une chose, de quoi fais-je partie alors ?

Vous connaissez beaucoup d’autres romans où les personnages ont des noms d’attaque ?

J’ai encore reçu un nouveau refus pour un emploi. Je ne sais même plus tellement quoi en penser, dans la mesure où je n’ai plus confiance en moi depuis déjà plusieurs mois. Peut-être que la conseillère France Travail avait raison : il va falloir changer de vie.

Littéralement quelques minutes plus tard, on m’écrit à partir de France Travail pour un poste auquel je n’ai pas postulé au sein d’une multinationale dans les cosmétiques. Le mail sonne tellement faux que je ne suis pas encore tout à fait certain que ce n’est pas un spam. J’ai pensé que même si je porte des valeurs, une certaine réflexion et qualité dans mon travail, si la seule personne qui le voit c’est le diable, alors je dis oui au diable. Je n’ai jamais eu honte de mon pragmatisme, alors que toute ma vie me fait honte. Parfois je souhaite même avec une certaine urgence basculer de l’autre côté, pour prouver à tout le monde que ma place a toujours été là et que je n’aurais jamais du côtoyer des personnes intègres et bonnes si longtemps.

À partir d’un certain stade, couper du pain revient plutôt à éclater de la pierre.

Finalement, ce sont toujours les victimes d’un problème qui cherchent à mettre en place les conditions effectives de sa solution. Comme elles le subissent, elles seules sont dans l’urgence d’y mettre un terme. – Fanny Lallart, Sang chaud.


J’ai une âme malade, mais de grands espoirs pour la guérir.

Je ne sais pas pourquoi, ce soir je me suis retrouvé à observer pour la première fois depuis longtemps les liens des gens du monde du livre. En général c’est ce qui m’arrive quand tout m’échappe. C’est le dernier endroit où je vais ramper comme une vermine, quand toute mon énergie vitale a été sucée par le ressentiment.

Je suis loin de mon rêve, de plus en plus loin. J’ai fait des choix qui m’ont isolé parce que ne pas les faire devenait invivable. Peu de personnes m’ont rejoint dans cet isolement, peut-être parce qu’il est terrifiant. Moi c’est le jeu qui me terrifie. La photo du livre à paraître, les messages enthousiastes en commentaire, les merci aux libraires et aux critiques, les photos du livre en vitrine, les photos du livre dans une main, les photos de l’auteurice sur scène avec lae médiateurice à côté, les photos du livre dans le journal, la fausse modestie, les ateliers d’écriture, les newsletters, les podcasts, les mises en voix. Je ne comprends plus quel plaisir on y trouve. C’est terrible de s’en contenter. C’est terrible comme destin pour ce qu’on écrit. J’aimerais retrouver la candeur d’y croire. Et puis après je pense à toutes les personnes qui ont arrêté d’écrire parce que c’est dégoûtant de se retrouver plongé là-dedans. Et les personnes qui y participent deviennent dégoûtantes aussi, parfois malgré elles. C’est l’imaginaire commercial de la littérature. Je ne fais que me répéter, mais je croyais que le monde avait changé. Il n’a pas changé. Il est encore plus fort, parce que pareil, mais plus fort.

12022026

je ne sais pas si tu as cette impression parfois
celle d’avoir fini le jeu
qu’un cycle s’achève
quelque chose de profond
est en train de changer
en toi
mais tu sais pas trop quoi


Les deux dernières nuits j’ai eu le sentiment de dormir pour de faux, comme à la lisière du sommeil. C’est une façon idéale de compléter ma manière de vivre pour de faux.

Les personnes qui étaient dans ma vie mais n’y sont plus, où sont-elles. Et moi, où suis-je.

France Travail me demande si je m’interroge sur le métier de surveillant pénitentiaire. Oui, mais sans doute pas comme ils l’espèrent.

Les paroles de Everything Harmony de The Lemon Twigs disent : i want to swim with the waves that crash into me, i can find a place that is pretty, cause i know my way in the city, i’m so obsessed by the way your eyes fall on me.

On comprend alors que, selon cette approche « analytico-existentielle », un sujet extrêmement ému ou affecté révélera ce qui en lui le fracture, le divise, mais aussi ce qui le mobilise – pour le porter en avant ou pour le précipiter – dans un élan où va se déployer, se déplier une vérité de son existence même. Celui que Binswanger nomme alors « l’homme problématique » devient celui qui, non seulement a mis le doigt sur une région essentielle du Dasein, mais encore s’y est lui-même impliqué tout entier, à ses risques et périls.


Le nom de la pluie.

Je dois envoyer mon iPod à Marius par courrier pour qu’il le modde. C’est un objet très précieux pour moi, mais il reviendra encore plus précieux.

En début de semaine j’ai repris mon texte pour le livre avec Anaïs. Elle m’a montré certaines de ses illustrations vendredi dernier et elle m’a dit qu’elle avait du temps en ce moment pour avancer sur le projet, donc j’y suis retourné, même si l’écriture de fiction en ce moment c’est compliqué.

C’est le texte le plus court que j’ai jamais écrit. Je sens qu’il me parle différemment. Je n’ai presque rien touché, c’est-à-dire que tout ce que j’ai modifié n’a rien bougé. Je n’attends rien de ce livre-là. Je suis content qu’il existe, et qu’il dise des choses de moi, et qu’il parle dans un autre langage qui n’aurait sans doute pas pu émerger dans d’autres conditions. C’est une petite aventure, c’est un petit monde. C’est suffisant.

Do not apologize for replying late to my email

But as soon as it was in my outbox, it was also out of my mind.

Amen sur à peu près tout ce qui est écrit dans cet article. Quand j’essaie d’aider des amix à mieux gérer leur boîte mail, je leur dis toujours que chaque mail qui disparaît de notre boîte de réception c’est une charge qu’on remet sur la personne d’en face. À l’inverse, tout ce qu’on garde, c’est de la charge de notre côté. Répondre puis supprimer, c’est l’idéal. Le pire au quotidien c’est vraiment les personnes qui écrivent un mail pour dire qu’elles n’ont pas le temps de répondre au mail.

Ces derniers temps je me suis beaucoup excusé de n’avoir pas répondu à des messages, cartes, emails, etc. Je me demande pourquoi. À partir de quel moment le silence devient insultant ? Est-ce que répondre tout de suite fait de moi un meilleur ami ? La plupart du temps si je ne réponds pas c’est que je ne sais pas quoi répondre, ou que je n’ai pas envie de répondre. Je pourrais le dire. Je pourrais expliquer le délai ou l’absence de répondre. On peut tout dire.

on guilt and the illusion of control

Realistically, I know this is going to be a long-term practice for me in learning to be mindful and kinder to myself. It’s uncomfortable and frustrating, but I doubt that I am the only person with this struggle.

2026.02.10

On days when you don’t know how to move a project forward, step away from your tools for a while. Go a little crazy and struggle.


Émus, nous cherchons nos mots parce que nous traversent de grandes forces venues d’avant notre propre « moi » et d’avant notre propre usage social de la parole. Mais, parce que nous cherchons nos mots, nous désirons justement ouvrir devant nous un espace de possibilités inattendues, fût-il inquiétant pour cela : un espace de phrases, d’images, de pensées ouvertes. De nouveaux vocabulaires, de nouvelles orthographes, de nouvelles syntaxes.

Ma perte de repères actuelle doit venir en partie de cette transition entre deux langues que je ne parviens pas encore à opérer. J’avais déjà évoqué l’automne dernier mon intuition d’une métamorphose à venir, d’une transformation, qui passerait par une forme de mort symbolique. Il est possible que cette mort soit celle de mon langage.

Hier j’ai revu pour la première fois depuis longtemps Phantom of the Paradise, un film que j’ai déjà vu de nombreuses fois depuis mes 15 ans. J’ai toujours été ému par les chansons, mais pour la première fois les larmes sont arrivées devant certaines scènes, comme celle où The Phantom chante de sa voix brisée avant que Swan ne la trafique sur sa table de mixage, ou celle où il écrit sa cantate dans la cellule construite autour de son piano. Le film m’a parlé dans une autre langue, que pour la première fois j’ai comprise, ou accepté de comprendre.

Il faut comprendre, dans toutes ces phrases assénées ou posées comme des banderilles, qu’un redevenir-analphabète ne répond évidemment à aucun impératif catégorique : ce n’est qu’un geste – et toujours provisoire – pour se soustraire à un certain ordre du langage et pour reconnaître dans nos propres émotions certaines possibilités d’inventer des formes, de jouer avec, d’en faire quelque chose comme une expérience poétique.

Il pleuvait tellement hier que j’avais de l’eau dans les poches de mon manteau.


Paper Books vs. e-books vs “librebooks?”

Aging: digital data is decidedly not permanent, especially when dealing with capricious locked-down services and DRM, but books physically age, and somewhat rapidly, unless they’re manufactured and treated in a particular way.

J’avais jamais vu quelqu’un dire que la dégradation du livre papier était un défaut en comparaison d’un livre numérique. Il y a des manuscrits qui ont littéralement des milliers d’années. Je doute que la moindre tablette e-ink survive de manière fonctionnelle ce temps-là.

Par contre, c’est vrai que les livres produits aujourd’hui sont à chier parce qu’ils répondent à la consommation de masse. On ne fait plus de livres pour durer mais pour abonder un marché. Les livres qui paraissent aujourd’hui se dégradent trop vite, c’est la réalité, parce que les papiers, les reliures et les encres choisis sont pourris. Même les éditions de luxe sont du luxe au rabais. Désormais on part du principe que si un livre dure dans le temps, c’est qu’il sera re-produit, -imprimé, re-fait, mais pas conservé.

Les conserves, c’est pour les aliments.

The pitch deck is dead. Write a pitch.md instead

Every week, thousands of founders open Canva or Google Slides or, God help them, PowerPoint, and begin the ritual.

Ma take sur les slides en entreprise : en général elles ne servent à rien parce qu’elles répètent visuellement ce qui est déjà exprimé à l’oral. C’est un support paresseux pour s’empêcher d’écouter. Il demande un colossal travail inutile. Soit c’est un support visuel qui complète ce que vous dites, soit vous écrivez dessus ce que vous évitez de dire, sinon c’est juste du temps de production perdu, et une dispersion d’attention dont on se passe volontiers en réunion (l’enfer).

Setting up an IRC server

IRC is simple, lightweight, easy to use, and completely free and open technology.

Juste un tuto pour installer un serveur IRC et enfin quitter Discord (mon rêve).

Phantom Obligation

Each generation borrowed visual language from contexts where obligation was real, then applied it to contexts where it wasn’t.

09012026

Trouver un carton grand assez pour son corps. L’enrouler dans son plaid, y répandre son foin, y mettre ses légumes, écrire sur une carte des mots.


J’ai compris une chose en me réveillant ce matin : si je m’arrête, je meurs. Je le pense symboliquement et physiquement.

Dans Elden Ring il arrive souvent de devoir fuir, c’est même une stratégie recommandée. Chaque nouvelle zone est un territoire hostile et ce n’est pas toujours possible de gérer tous les ennemis inconnus qui vous attaquent. Ou l’objectif que vous visiez se trouve juste derrière un camp. Ou le boss apparu par hasard est de trop haut niveau. Dans ces cas-là, il n’y a qu’une seule chose à faire : monter sur Torrent et bombarder la touche pour le faire galoper.

On finit souvent par bloquer Torrent contre une paroi ou un ravin, alors on longe l’obstacle sans se retourner jusqu’à trouver la première issue qui se présente. Et si Torrent vient à mourir à cause d’un sort à distance ou d’un coup de lance sournois, on se relève et on court. On court tout droit, on saute quand il y a des rochers, on fait des roulades entre les chevaliers qui nous bloquent le passage. On peut avoir vraiment peur parce qu’on n’a aucune idée de toute la merde accumulée qui nous poursuit, on peut entendre les grognements et les armures, mais on peut aussi être heureux de constater qu’il n’y a pas toujours besoin de se battre pour atteindre son but.

Il y a forcément un moment où les choses s’arrangent, soit qu’un site de grâce nous offre le repos, soit que les ennemis sont remplacés par des tortues et des moutons, soit qu’on entre dans un donjon où il est impossible de nous suivre, soit qu’on parle à un PNJ. On peut alors prendre le temps, se retourner sur le trajet parcouru, aborder les ennemis ignorés un par un, parfois en les prenant à revers, avec l’avantage de celui qui est déjà passé par là.

Je crois que c’est la stratégie que je vais devoir employer désormais, donc si vous me voyez courir, sauter, faire des roulades, prendre un ascenseur, ignorer les hurlements ou cavaler à dos de cheval, c’est que je vise un autre point de la carte, et que je n’ai ni le temps ni l’énergie de regarder autour de moi. Tant mieux si vous êtes assez haut niveau ou si vous avez trouvé une astuce pour survivre dans cette zone hostile, mais ce n’est pas mon cas.

Je reviendrai un jour, quand il sera temps.

C’est comme si – à la différence des Anciens, plus endurants dans leurs émotions –, l’être sensible des Temps modernes, « précisément à cause de sa sensibilité hors du commun, épuis[ait] la vie en un instant. Après cela, il est vide (resta vuoto), profondément et définitivement désenchanté ». Il avait cru tout expérimenter, il est aussi vite revenu de tout : « [Il a] tout embrassé et tout rejeté (ha tutto abbracciato, e tutto rigettato) », résume Léopardi. – Georges Didi-Huberman, Brouillards de peines et de désirs.


Ce qui me rend triste, c’est de me rendre compte que j’ai toujours été trop nul pour faire ce que j’avais envie de faire de ma vie, et trop seul pour appeler à l’aide. Maintenant je suis tellement brisé que je ne sais plus ce dont j’ai envie et je n’ai aucune idée de comment on pourrait m’aider.

J’aimerais réattribuer mes points de compétence et repartir à zéro. Quelqu’un sait où se trouve la sorcière qui a ce pouvoir ?

Hang on to this thread, and don’t look back

Les paroles de Seigfried de Frank Ocean disent : this is not my life, it’s just a fond farewell to a friend, it’s not what i’m like.

❁✿❀❁✿❀

La psychologie a fini par démontrer cette évidence intuitive : l’intelligence est inséparable de la vie affective, c’est-à-dire des sentiments et des émotions, des besoins et des désirs, des craintes, des espoirs ou attentes du sujet. En leur absence, la faculté de juger, d’anticiper, d’interpréter, d’ordonner fait défaut ; il ne reste que la faculté d’analyse, de calcul, de mémorisation – l’intelligence machine, en somme.

Last days / closing notes

It is also clear to me that there is no better version between the two—that they would only have been different—and that the only life we have to live is the one we are already living.

Living with Chronic Fatigue Syndrom (CFS)

When a days is shit it’s shit, and it’s allowed to be shit.

Today’s recap

Here’s the reality: If I had money I’d get health care. Without money, society wants me to die. So, I’ll oblige.


Hier avant de m’endormir j’ai réalisé que presque toute ma vie était une suite de choix par défaut.

Quand j’étais à la fin du collège je voulais devenir architecte, mais mes résultats étaient tellement catastrophiques dans les matières scientifiques, et à vrai dire de plus en plus catastrophiques depuis la fin de la primaire parce que personne ne m’aidait vu que mes parents estimaient que tout allait bien, que j’ai fini par devoir choisir la filière littéraire pour le lycée.

À la fin du lycée je voulais devenir journaliste musical, et c’était évident puisque j’écrivais déjà des articles pour un site et que j’avais même couvert un festival local avec une caméra qu’on m’avait prêtée pour l’occasion. J’ai tenté l’IUT de journalisme de Lannion mais j’ai été refusé à l’épreuve orale, alors je suis parti en prépa littéraire.

J’ai cru environ un mois que je pourrais entrer à l’ENS puis j’ai réalisé que j’avais un niveau catastrophique et que je n’arrivais pas à devenir meilleur avec le travail que je fournissais. J’ai failli abandonner en milieu d’année mais mon père m’a incité à la terminer, je ne sais toujours pas vraiment pourquoi. À la fin de mon hypokhâgne j’ai été en fac de Lettres Classiques parce que c’était la sortie commune.

Au bout de six mois de Lettres Classiques je me suis rendu compte que mon niveau était catastrophique et j’ai abandonné. J’ai passé les six mois restant à lire et à passer mon permis jusqu’à me réinscrire en Lettres Modernes, où j’ai eu des résultats moyens parce que ce n’était pas vraiment ce que je voulais faire et que je n’y trouvais pas une grande motivation.

J’allais commencer un Master de Recherche quand une opportunité professionnelle pour la télévision s’est présentée. J’ai hésité longtemps puis je me suis souvenu de mon parcours scolaire catastrophique et j’ai pensé qu’il ne fallait peut-être pas que je m’obstine dans une voie où j’étais si nul, alors j’ai arrêté le Master avant même qu’il ne commence.

J’ai travaillé plusieurs années pour la télévision en devant sans cesse faire le deuil de projets morts nés, en acceptant des idées foireuses, des modifications de dernières minute, des exigences débiles, c’était le métier parfait pour celui qui ne sait pas exprimer ce qu’il veut et s’y tenir parce qu’on peut lui marcher dessus en permanence. C’est une période où j’ai senti que je me crispais de plus en plus parce que je m’accrochais à des décisions infimes de peur qu’on ne m’enlève ces toutes petites choses que je semblais être le seul à voir. J’ai failli être viré d’une émission pour laquelle j’avais aidé à remporter l’appel d’offres, voir mon nom disparaître des crédits d’une émission dont j’étais le co-créateur, être payé deux fois moins que prévu, etc. La liste est longue. Une fois un producteur a même eu un rendez-vous avec moi alors qu’il téléphonait à une autre personne en même temps. Et je ne suis pas parti.

Quand j’ai voulu publier mon premier manuscrit, je l’ai d’abord envoyé aux éditions POL et aux éditions de l’Olivier, qui l’ont refusé. Ce n’est que dans un second temps que je l’ai envoyé aux éditions de l’Ogre, qui n’avaient publié que trois livres à cette époque. Je me disais que ce que j’écrivais ne serait jamais assez bien pour une grosse maison et j’ai donc visé (beaucoup) plus petit. Je ne veux pas peindre un tableau trop noir, mais il se trouve que j’ai toléré pendant cette collaboration plein de pratiques et de choix commerciaux avec lesquels je n’étais pas d’accord et qu’on a en général fini par m’imposer.

Je n’ai pas vraiment arrêté de travailler pour la télévision, j’ai juste arrêté les rendez-vous foireux et les aller-retour à Paris. À force on ne m’a plus contacté. J’ai postulé à la Maison de la Poésie parce que j’arrivais au bout de mes économies et que je n’avais plus le choix, tous les autres emplois auxquels j’avais postulés les mois précédents m’avaient refusé. J’ai récupéré à mon arrivée une situation bancale que je n’avais pas choisie et qui m’a pesée jusqu’à la fin.

J’aurais voulu continuer à travailler à la Maison de la Poésie avec Lucie, mais ce n’était plus possible parce qu’on n’avait plus l’argent, ni les projets, ni le sens pour que tout puisse continuer, mais j’étais incapable de me résigner. Je ne voulais pas être dépossédé d’un projet où je m’étais investi autant de temps pour qu’il soit à peu près bien. J’étais triste parce que encore une fois je me suis senti nul et incapable. Je suis parti pour ne pas faire couler l’association financièrement, après que Lucie ait eu le courage de partir.

Les gens de mon entourage me voient souvent comme quelqu’un de négatif qui dit tout le temps non, mais il faut comprendre que la plupart du temps je me sens dépossédé de mon destin, que je suis fatigué qu’il m’échappe et que je m’accroche à la moindre parcelle de désir et d’opposition qu’il me reste.

La majorité de mes relations sentimentales ont échoué parce que mon désir se dissolvait dans celui de l’autre. Après plusieurs années je me réveillais toujours avec le sentiment d’être un étranger, car j’en devenais toujours un. La source vient de toutes ces fois où mes parents ont pris des décisions pour moi sans me demander mon avis, comme si un enfant ne pouvait que se plier aux choix des adultes. Je n’ai jamais eu l’impression d’avoir mon mot à dire sur ma vie. Je n’ai jamais eu le sentiment qu’on tentait de m’aider à aller vers ce que je voulais parce que tout le monde était tellement trop occupé à m’admirer en train de surmonter les épreuves avec maturité et de changer de masque à chaque occasion.

Ce n’est même pas que je fais semblant, c’est que le lien de mon cerveau à mon cœur est trop dégradé pour que je puisse me rendre compte de ce que je perds. Je ne sais pas à quoi je devrais m’accrocher, ni vers quoi je devrais me diriger. C’est une des raisons qui rendent la période actuelle si angoissante : je regarde autour de moi et je ne sens rien. Toutes ces couches d’adaptation et de bifurcations par défaut accumulées depuis vingt ans m’ont fait oublier qui je suis.

J’en suis à un stade quasiment paranoïaque où je me demande si j’ai jamais vraiment voulu quoique ce soit de ma vie actuelle. Aujourd’hui j’écris mais en fait j’écris parce que je me suis trouvé trop nul pour continuer à dessiner à 13 ans quand j’ai pris des cours et que j’ai vu le niveau des autres et le désespoir de mon prof. J’écris par défaut, c’est la réalité. Mon mouvement naturel, c’est le dessin.

Maintenant que j’ai quitté mon emploi, arrêté les collaborations artistiques malsaines, saboté une autre relation sentimentale, tenté de rétablir un semblant de vérité auprès de ma famille, je dois voir quoi ? Il y a un portail qui doit s’ouvrir ? Je dois me précipiter vers un but ? Quelqu’un est censé me tendre les bras ? Je veux bien qu’on m’éclaire, je n’ai pas de torche dans mon équipement.

Les paroles de Custom Concern de Modest Mouse disent : message read on the bathroom wall said, “i don’t feel at all like i fall”, and we’re losing all touch, losing all touch, building a desert.


Quand on crée, il y a toujours une part d’irrationnel, de mystique. C’est une aventure dont le sens ne peut se trouver qu’en apercevant une vague lumière qui apparaît tout au bout du chemin. Je le sens, je n’y crois plus. Je ne crois plus à ce que j’écris, ni à sa portée potentielle. Je ne crois plus au livre comme medium et je ne crois plus à sa diffusion. Rien ne fait sens de ce côté-là pour moi, et rien ne m’incite à le dépasser. J’ai perdu la flamme. Je suis un peu triste de l’admettre, mais je l’admets. Peut-être que j’y ai trop cru et que je ne parviens pas à me relever de la chute. Peut-être que j’ai seulement cru y croire.

Si l’écriture doit encore avoir une place dans ma vie, il faut tout reprendre à zéro et retrouver une raison d’y croire pour moi. Il faut tout reprendre dans les intentions, dans les formes, dans les transmissions. Il faut que je retrouve quelque chose en quoi je crois, qui me semble bon. Une chose qui me permette de m’élever et de toucher cette vague lumière. Une chose en moi qui justifie d’exister.

How to stop being boring

When you’ve been editing yourself for so long that you’ve forgotten what the original draft looked like.

The more you hide who you actually are, the more you attract people who like the persona, which means the more alone you feel even when surrounded by friends.

On Leaving, Starting Over, and Not Living in Fear

I stayed too long in situations because I was afraid of change, even when walking away would have been kinder to myself.

Not everything needs fixing. Not everything needs endurance. Some things simply need leaving behind.


Les personnes qui utilisent l’expression ou je brûle un truc en général n’ont jamais rien brûlé, ne brûlent et ne brûleront jamais rien, mais veulent vraiment y croire. Je l’ai déjà écrit autrement le 31 décembre 2025. Ce n’est pas la première chose que j’ai répétée dans ma vie.

J’ai pleuré à mon bureau parce que je me suis senti démuni.

Les paroles de Time Has Told Me de Nick Drake disent : your tears, they tell me there’s really no way of ending your troubles with things you can say.

S’il existe encore des chômeurs, ce sera seulement le signe que leur « employabilité » est en défaut. À eux de la restaurer. C’est à cette restauration que doivent servir les intermittences du travail, les périodes de chômage, l’accroissement « du temps libre ». – André Gorz, L’immatériel.

Have Taken Up Farming

From a spiritual perspective, there are only two career paths one can take: farmer or artisan. Anything else unavoidably involves doing evil or is essentially meaningless.

Demain la veille

Des notes séparées, plutôt qu’une compilation mensuelle ou hebdomadaire comme font certains : sans doute l’influence du format « fiche » très présent dans mon travail.

Ma veille se fait sur cette même page, dans le flux de tout ce qui m’intrigue et me questionne au quotidien. Je suis fasciné par celles et ceux qui parviennent à tout bien séparer sur des pages appropriées. Mon identité est déjà tellement fracturée que je n’ai aucune motivation à la fracturer encore davantage. Sinon les veilles des autres je les suis dans un dossier de favoris Firefox, pas dans mes flux RSS.


Simularbre a déjà le seum que je ne bouge pas plus.

J’ai été témoin de personnes qui précisent n’avoir ni le temps ni la motivation pour répondre à un argument elles-mêmes, et demandent donc à ChatGPT de le faire à leur place. C’est un drôle de raisonnement.

Je n’aime pas quand les gens surlignent en gras des phrases ou des mots-clés de leurs textes. C’est une pratique uniquement numérique (personne n’écrit en gras à la main) qui brouille la lecture. Des fois j’ai l’impression que le texte pourrait se résumer aux phrases en gras et je me demande pourquoi les autres sont écrites. À l’inverse quand j’essaie de me concentrer sur le raisonnement complet je ne vois que ces phrases qui me hurlent : lis-moi je suis super importante. Faites confiance à la grammaire, elle sait mettre en gras toute seule ce qui est nécessaire.

Je découvre Les Artisans de la Fiction, une structure de formations pour apprendre à écrire de la fiction. Je vais voir la liste des auteurices en charge du truc. Chaque nouveau profil me paraît plus fumeux que le précédent.

La co-directrice se présente de cette façon : D’origine basque et américaine, Amoreena Winkler est née dans la secte internationale pédophile, proxénète et apocalyptique Les Enfants de Dieu. Sa fiche Wikipédia est une redite de cette même phrase dans trois sections différentes.

Je me réveille la nuit en pensant à de nouveaux éléments à rajouter à ma carte personnelle. Des fois je pense : tout est logique, et tout l’est en effet. C’est au bout de cette logique que je trouverai une autre logique.


Je rigole à des blagues Magic de niche.

James Scholz pourrait vraiment être un personnage de roman postmoderne. Il a la vingtaine, travaille à Los Angeles comme développeur informatique dans un loft de 80m² aménagé comme une version lo-fi de l’appartement de Patrick Bateman, déprime dans les transports en commun, conduit tout seul une voiture de sport jaune pour aller faire son entraînement de course à pied, est obsédé par l’informatique rétro et la tech chinoise, fait des montages en timelapse avec de la musique vietnamienne et écrit des trucs comme : i feel like everyone around me has their life together, they all have real jobs, they all graduated from harvard, they all bought bitcoins 12 years ago, they all are someone i wish i was.

Les paroles de Blow de Ghinzu disent : ’cause i know, every piece of you that breaks, everytime you lie, every time you say you’re fine, i guess it’s time for you to get used to you.

Je ne sais pas pourquoi je ne réponds pas aux messages. Je cherche à faire le mort. Je cherche à comprendre ce qui me pousse vers les autres. Je veux épargner du mal que je peux faire. Je veux revenir mieux. Je veux ne jamais revenir. Je veux pourrir dans une chambre insalubre. Je veux être une ombre étrange filmée par la dashcam d’un flic. J’aimerais comprendre ce qui ne va pas et que tout soit plus facile. J’aimerais serrer une main pour me présenter tel que je suis.

Cela fait si longtemps que je garde le silence, tant de samedis et de dimanches que je marche seule, en refaisant toujours la même promenade, que je ne sais pas si je suis en train de pleurer ou pas. Je saurai si je suis morte quand les vautours me mettront nue car, pour l’heure, je fais juste semblant d’être vivante. – Angélica Liddell, La Fiancée du fossoyeur (trad. C. Vasserot).

L’incapacité des sujets alexithymiques à réguler leurs émotions par des moyens appropriés, c’est-à-dire à savoir comment se comporter face à ce qu’ils ressentent, est une part importante du caractère anormal de leur expérience : or il s’agit d’une incapacité à inscrire leur vécu affectif dans une situation qui appelle un certain comportement. Une émotion qui ne peut pas être mise en mots est ainsi une émotion à partir de laquelle il est difficile d’agir, pour adopter des comportements qu’elle justifie, parce que l’absence de concept pour la catégoriser prive de l’accès à un espace de normes indiquant ces comportements. – Elodie Boissard, Alexithymie, émotion et langage.

Cela constitue une condition anormale synonyme de souffrance en raison de l’impossibilité de trouver une voie d’objectivation de cette expérience qui permettrait de l’interpréter et d’agir face à elle. L’alexithymie est donc une pathologie.

Je ne parviens pas à me tourner vers les autres. Leurs vies ne m’intéressent pas parce que je ne comprends pas ce qu’ils ressentent. Hier Cécile m’a parlé d’une amie qui pourrait se séparer du conjoint avec qui elle a un enfant, et j’ai pleuré parce que j’ai pensé à l’enfant et à la peine qu’il pourrait ressentir plus tard. J’avais de la peine pour lui parce que j’en ai pour moi.

un contexte d’attachement non-sécurisant, où la figure d’attachement se montre inconsistante, hostile, ou dans l’impossibilité de répondre aux besoins de l’enfant, entraîne chez ce dernier un accès limité à la reconnaissance de certaines émotions. Tout ce dont l’enfant dispose afin d’élaborer son expérience émotionnelle sont les réponses inefficaces de la figure d’attachement et ses propres représentations infantiles et peu sophistiquées. Son expérience émotionnelle lui est renvoyée de façon fruste et difficilement compréhensible, ce qui limite ses capacités d’apprendre à reconnaître, à interpréter et à réguler sa propre expérience émotionnelle. – Frédéric Pérusse, Observations d’interactions conjugales : alexithymie et comportements de communication

L’individu tend à réagir aux gens d’une manière rigide, en ne tenant compte que des comportements observables, occultant ainsi les processus mentaux qui en sont à l’origine. Cela entraîne de l’agressivité, de l’hostilité, une difficulté à s’engager et de faibles habiletés de résolution de problèmes.

Mon égocentrisme vient d’une défaillance empathique profonde.


Dans Elden Ring chaque nouvelle zone découverte vient avec son lot d’angoisses : on ne sait pas où aller, les ennemis nous tombent dessus de nulle part, on court dans tous les sens pour ne pas mourir, on cherche les feux de grâce, on tombe dans des crevasses ou sur des mini-boss qui résistent pile au type de dégâts qu’on inflige, etc.

Et puis à force tous ces ennemis deviennent familiers, la carte fait sens, on a moins peur de marcher et de regarder autour de nous, on longe les falaises pour repérer les corniches sur lesquelles sauter, on rencontre des PNJ sympas avec des quêtes incompréhensibles, des fois on finit même par vaincre certains monstres qui semblaient hors de notre portée.

On part avec le regret de ne pas pouvoir rester vivre ici, où tout est devenu accueillant. Il y a une forme d’épuisement à progresser dans l’hostilité constante parce que c’est éreintant de comprendre que toujours pire nous attend. On se demande si un jour on va pouvoir se reposer et rester tranquille dans notre coin. Et c’est possible en fait, mais il faut accepter de vivre dans l’ignorance du monde qui nous entoure.

Il faut se faire à l’idée qu’on ne connaîtra jamais tout.

Les paroles de Amateur de Nada Surf disent : you said i should get professional help, it always make me cry, i know i’m just an amateur, but i’ve gotta try.

learning to take care of myself

Other times, it is also important to learn how to care for my inner wounds and scars like I am a child, to stop being dismissive of my self and to stop ignoring my pain and discomfort.

We are like an instrument, we will keep playing broken music to other people if we are broken.

Winnie Lim continue à écrire tout ce que je ne veux/peux (?) pas écrire.

small thoughts part 7

There’s a need for some people to grow anything into something professional because they’ve internalized growth is good, and more people in a space they control means more opportunities and potential sources of income or influence.

La flemme d’écrire longuement là-dessus mais l’obsession des gens en ligne pour les statistiques (visites, partages, abonnements) me terrifie. C’est le capitalisme à la racine.


J’ai installé une nouvelle pile dans mon Pokéwalker. Maintenant j’ai toujours un Pokémon dans ma poche, mais personne ne le sait. En ce moment c’est Simularbre, qui danse et se promène dans la plaine sereine. Quand je vois mon reflet dans l’écran de la DS, je me trouve vieux et fatigué, parce que je le deviens sans doute.

Quand j’étais enfant, depuis ma première maison, Audrey vivait à 35 mètres de chez moi. Lou vivait à 680 mètres. Guillaume vivait à 1,5 km. Quentin vivait à 2 km. Maxime vivait à 2,5 km. Mathieu vivait à 14 km.

Depuis ma 2ème maison, quand je suis devenu adolescent, Charline vivait à 450 mètres. Guillaume vivait à 650 mètres. Camille vivait à 1 km. Victor vivait à 1,3 km. Marine vivait à 1,6 km. Fiona vivait à 24 km.

Depuis mon appartement actuel, Mimi vit à 850 mètres. Louise vit à 880 mètres. Marie vit à 920 mètres. Anti vit à 1,8 km. Astrid vit à 1,8 km. Lucie vit à 1,8 km. Valentin vit à 2,5 km. Guillaume vit à 12 km. Lucie vit à 16 km. Aurélie vit à 105 km. Antoine et Alice vivent à 153 km. Anaël vit à 210 km.

Je me suis bien amusé à vérifier les distances. J’ai eu un petit vertige en découvrant que quand je vais à pied chez Anti dans la même ville c’est presque comme quand j’allais à vélo chez Quentin dans une autre ville. À l’époque c’était une vraie aventure.

Ce que je constate, c’est que je gère très mal les amitiés qui dépassent les 2 km de distance. Mathieu je crois que je ne suis allé chez lui qu’une ou deux fois, idem pour Fiona. Encore aujourd’hui, alors que je suis a priori plus mobile, je vois vraiment beaucoup moins les personnes qui se trouvent au-dessus de cette limite. Je constate aussi qu’il y a en général un trou entre 2 et 12 km. Je n’ai jamais eu d’amix dans un rayon de 5 km autour de chez moi. Depuis Audrey, je n’ai plus jamais eu d’amitié à moins de 100 mètres non plus. Je dormais souvent chez Guillaume ou Victor, qui vivaient pourtant à 1 km de chez moi.

Plus je vieillis, plus les relations s’éparpillent. C’est trop de distance à parcourir pour moi. Je suis un enfant qui allait sonner chez les autres, ce n’est pas un mythe, j’ai une amitié de présence. J’ai perdu l’habitude parce que maintenant tout le monde s’écrit pour s’assurer de ne pas se déplacer pour rien, mais moi je me déplaçais parfois pour rien. Parfois les autres n’étaient pas disponibles et je retournais à ma vie.

Mais mon mouvement, c’est d’être là.

Declarative Design

Then there’s a more declarative approach, where you just care about the work getting done and you don’t care how people do it. So if they want to work from home, let them work from home. If they want to work strange hours, let them work strange hours. What do you care as long as the work gets done? This is more about giving people autonomy and trust.

Your Life is the Sum Total of 2,000 Mondays

The goal is a life whose default setting doesn’t require escape. Your future is made of boring days done on purpose, and a life you need a vacation from is a design problem rather than a motivation problem.


Je découvre l’alexithymie, et notamment l’alexithymie secondaire :

Dans le contexte de la maltraitance infantile qui en est parfois la cause, elle semble être une protection psychique évitant de ressentir des émotions trop difficiles

La négligence fait partie des formes de maltraitance infantile (je souligne) :

survient lorsqu’un adulte responsable ne parvient pas à donner d’une manière adéquate les différents, mais essentiels, besoins physiques (nourriture, habillement ou hygiène), émotionnels (aucune attention ou affection), éducationnels (aucune aide aux devoirs ou aux travaux scolaires)

Il y aurait un sous-type B à l’alexithymie, plus étroitement associé aux symptômes dépressifs et anxieux, ainsi qu’à un vécu plus fréquent d’adversité précoce.

En 2022, une méta-analyse portant sur 88 études (n = 43076 patients) a montré que la maltraitance dans l’enfance ou l’adolescence est associé à des niveaux plus élevés d’alexithymie […] ; l’alexithymie est aussi plus fortement corrélée aux formes de négligence qu’aux abus physiques ou sexuels

Sur la même page, l’alexithymie est considérée comme un handicap invisible qui accroît les troubles somatoformes et cardiovasculaires et en fait un facteur de mortalité prématurée (sans parler des risques suicidaires, dont je vous dispense).

La sensibilisation de l’entourage à l’alexithymie peut également permettre d’améliorer les relations interpersonnelles.

La sérendipité m’aide aussi à mettre des mots sur une réalité qui en manque, comme l’aphantasie il y a quelques mois.

Dans un tout autre domaine, je découvre le site e-novateurs, qui sur le papier a l’air vraiment bien, mais tous les articles que j’ai lus sont à moitié écrits et s’arrêtent avant de devenir intéressants (cf. celui sur la culture du libre en entreprise, ou sur les parents accros au smartphone).

Les éditions Divergences accueillent Hugues Jallon dans leur équipe éditoriale alors qu’ils auraient surtout dû accueillir un ou une correcteurice.

Je suis seul. Je ne ressens, je n’éprouve plus rien que ma vie. L’aigreur d’une existence profondément altérée par mille poisons intérieurs, telle est l’unique saveur de mes jours.

inachevé

C’est peut-être ce que j’aime dans les blogs. Ils sont inachevés. Ils s’arrêtent quand l’auteur meurt, tous baignés de leurs mystères.


Quand j’avais 12 ans je suis tombé sur le clip de The Bitter End de Placebo à la télé. Tout m’a fasciné dans cette chanson. C’est une des rares chansons où je préfère les couplets au refrain. Dans le clip le groupe joue sur une immense parabole qui doit servir à sonder l’espace. Je ne connaissais pas Placebo à cette époque. Je ne savais pas que c’était un groupe moyen qui avait déjà ses plus belles chansons derrière lui.

L’album Sleeping With Ghosts n’était pas encore sorti quand j’ai découvert le clip, alors je pense que j’ai demandé à mes parents de m’acheter le single. Il y a eu une erreur quelque part et je ne me suis pas retrouvé avec le single de The Bitter End mais avec celui de This Picture, qui est une autre chanson du même album. Je l’ai retrouvé l’autre weekend que j’étais chez ma mère.

Dans This Picture je préfère le refrain aux couplets. On m’avait offert un Walkman CD Sony. Je n’arrive pas à retrouver le modèle parce qu’ils se ressemblent un peu tous, mais je me souviens qu’il était bleu clair. Je le prenais avec moi et j’allais marcher autour du plan d’eau juste en contrebas de la maison. Quand la chanson était finie je la remettais au début. Je faisais ce geste des dizaines de fois. J’écoutais Brian Molko chanter : sometimes it’s fated, disintegrated, for fear of growing old. Je crois que je ne comprenais pas le sens des paroles, mais je sentais qu’elles me disaient quelque chose au-delà de leur sens.

J’ai écouté cette chanson des milliers de fois, toujours dans la même configuration. Je ne sais pas si beaucoup d’enfants font la même chose. Je ne les croise pas, ou je ne fais pas attention à eux, comme personne ne faisait attention à moi.

Ô mon cahier, tu n’es pas pour moi un amas de papier, quelque chose d’insensible, d’inanimé ; non, tu es vivant, tu as une âme, une intelligence, de l’amour, de la bonté, de la compassion, de la patience, de la charité, de la sympathie pure et inaltérable. Tu es pour moi ce que je n’ai pas trouvé parmi les hommes, cet être tendre et dévoué qui s’attache à une âme faible et maladive, qui l’enveloppe de son affection, qui seul comprend son langage, devine son cœur, compatit à ses tristesses, s’enivre de ses joies, le fait reposer sur son sein ou s’incline par moments sur elle pour se reposer à son tour, car c’est donner une grande consolation à celui que l’on aime que de s’appuyer sur lui pour prendre du sommeil ou du repos. Il me faut, à moi, un amour comme celui-là, un amour de compassion. – Maurice de Guérin, Le Cahier vert.

Plutôt content d’avoir découvert ce type qui était de toute évidence aussi perdu que moi il y a 200 ans. Il est mort à 28 ans.

J’habite avec les éléments intérieurs des choses, je remonte les rayons des étoiles et le courant des fleuves jusqu’au sein des mystères de leur génération.

2026.01.26

You can always keep looking. That’s what the creative experience is about.


Hier pendant ma séance psy j’ai dessiné une sorte de schéma, ou de diagramme, ou de machine infernale, des mouvements de ma vie depuis ma naissance. L’idée c’était d’y voir plus clair, comme quand Rivage accroche les indices sur son tableau en liège. Je parlais en même temps que je dessinais. Je ne suis pas allé plus loin que mes 10 ans parce que l’œil du cyclone est dans cette zone.

À un moment l’idée est arrivée que mes parents ont été négligents, et que même si j’ai tout fait pour croire que c’était normal, ce n’était pas normal. Ce n’était pas normal que je me retrouve seul aussi longtemps chez moi à l’âge que j’avais. Ce n’était pas normal qu’ils ne réagissent à aucun de mes appels de détresse.

Moi je pensais que c’était normal, que je vivais une vie normale.

Je pensais qu’être tout le temps tout seul c’était normal.

Je ne comprenais pas pourquoi les parents d’Audrey ne la laissaient jamais sortir pour venir jouer avec moi. Je me disais qu’ils n’étaient pas normaux de ne pas la laisser libre. Je pensais que j’étais libre, mais j’étais prisonnier. J’étais tout seul parce qu’on ne me laissait pas le choix.

Je rentrais de l’école, je prenais un Kinder Délice dans le frigo du garage et je me cachais pour le manger. Personne n’essayait de me trouver. J’étais caché dans un coin du jardin. Des fois j’en mangeais un deuxième, des fois un troisième. Je mangeais des céréales dans le paquet. J’allais dans ma chambre. J’allais dehors. J’allais dans ma tête. J’allais dans le canapé. J’allais dans les entrées des maisons. J’allais sur mon vélo.

J’étais malheureux, mais je ne le savais pas encore.


En ce moment j’écoute Tool et je me souviens que la seule autre personne qui m’a déjà parlé de Tool dans ma vie c’est Guillaume quand on avait 11 ans.

Une femme dit : j’ai envie d’être pétée de thunes.

Comme je suis au chômage j’ai été obligé de revoir mon budget. C’est un drôle de truc l’argent. J’ai installé un logiciel pour répartir mes postes de dépenses. J’épargne depuis sept ans mais je n’ai aucune idée de quoi faire de cette épargne. Tout l’argent que je mets de côté n’a aucune perspective. Je crois que j’aimerais bien acheter un appartement, mais je n’ai pas d’emploi. Parce que j’ai moins de choses à faire de mes journées j’ai envie d’acheter des trucs. Par exemple au lieu de jouer à Magic j’achète des cartes. Au lieu de jouer à la console j’achète des jeux. Si au lieu de vivre je pouvais m’acheter des vies.

Les mesures de l’ennemi

Il ne faut pas chercher bien longtemps pour trouver tout un tas de mots qui ont l’air neutres mais imposent également la même vision de la société : « salarié / salariée » au lieu de « travailleur / travailleuse », nous représentant comme des coûts pour une entreprise (qui verse le salaire dans sa grande mansuétude) en effaçant le fait que nous produisions la richesse

Salarié me semble presque tolérable de nos jours, où le terme qui s’est imposé est collaborateur, qui en plus du reste gomme la relation de subordination et le statut. Un collaborateur peut être auto-entrepreneur, intérimaire ou salarié, secrétaire comme DRH, et donne le sentiment que tout le monde bénéficie des mêmes avantages, des mêmes rémunérations et du même droit à la parole.


Les personnes dans la même situation que moi en ce moment se lanceraient sur Twitch ou décideraient de vivre à 100% de leur pratique artistique jusque-là amateure.

J’identifie très bien d’où vient ma tristesse, mais le château que j’ai construit pour m’en protéger a un level design digne des plus sadiques d’Elden Ring : ennemis embusqués, passages secrets, scènes macabres, multiples boss aux barres de vie infinies.

Les proches qui pensent mieux me comprendre en lisant les relevés sont malheureusement pris dans une illusion profonde. Ils sont fascinés par une énième facette, beaucoup plus confortable à aborder puisqu’elle n’implique pas de dialogue. Vous ne me comprenez pas mieux, vous compreniez mieux seulement ce que vous consentez à voir. Je vis à côté de cette vie, et c’est là que j’aimerais que vous portiez le regard, mais il implique que vous vous découvriez, et personne ne veut parler à découvert quand c’est possible de garder son masque. Mes proches se sont habitués à ma belle collection de masques parce qu’ils peuvent la comparer à celle qu’ils ont sur leurs propres murs.

Je sais que je l’ai déjà écrit, mais ces derniers temps je pense réellement à supprimer ou déménager mes relevés. Je souffre trop de vivre dans l’ombre de ce double. Ce qui était un outil formidable pour mieux me connaître est devenu un outil formidable dont les autres se servent pour se dispenser de mieux me connaître.

Je vais y réfléchir.

Le capitalisme systémique, de plus en plus diffus, de plus en plus apte à capturer toute forme d’hétérogénéité faisant obstacle aux flux innervant le vivant valorisable, n’exige pas moins d’État mais davantage d’État. Jamais on n’a vu autant d’État.

Des gens vont me raconter des fragments d’histoires. Il faudra que j’essaye de comprendre, non pas où ils en sont mais où ils sont. Vers où on va.

Et vers où moi je vais depuis 14 ans que j’assemble des fragments.


J’ai répondu aux messages en attente comme j’aurais fait mes devoirs, par obligation plus que par envie.

Comme toujours dans ces périodes de grand vide, je pense au minimum : boire, manger, dormir, bouger. J’essaie de ne pas trop penser aux autres. Il se dévoue tant à ses études que les autres le pensent figé sur place.

Je n’ai toujours pas pris la moindre photo avec les deux appareils retrouvés chez Manou. C’est un geste qui m’est tellement étranger.

Du point de vue de la relation, la thérapeuthique, plutôt que le recouvrement de l’expérience par des savoirs unifiés, est le recueil et la production de fragments. Recollement de fragments. Ou, plutôt, coalescence. On rencontre quelqu’un. On écoute un bout d’histoire : un fragment. Qu’est-ce qu’un fragment ? C’est le tout contenu dans la partie. – Josep Rafanell i Orra, En finir avec le capitalisme thérapeuthique.

shedding

There were/are so many layers of me…it just felt impossible to excavate something underneath those layers.

Je crois que j’ai du mal à accepter que je vis avec ce que je ne peux pas qualifier de maladie, mais que je pourrais appeler tare ou handicap. Un poids invisible qui fait que ma vie n’a rien à voir avec celles des autres. Et parfois, comme à la lecture de ce post de Winnie Lim, on rencontre quelqu’un qui pense exactement la même chose que nous, dans un autre pays, une autre langue, une autre histoire. Le fait que le miroir soit aussi clair malgré toutes ces différences culturelles me conforte dans l’idée que nous sommes peu à porter un masque sur un masque, sur un masque, sur un masque, sur un masque, sur un masque, sur un masque, sur un visage, qui est peut-être encore un autre masque.

my theme for 2026

This year, I will send out a lot of applications for both new work and a new apartment. That will undoubtedly result in a lot of no’s; the market for both is just incredibly tough right now, and there always seems to be someone better.


Les angoisses professionnelles refont surface à force de buter sur ce problème : les métiers pour lesquels je suis qualifié ne veulent pas de moi, et je ne suis pas qualifié pour les métiers qui m’intéressent. Je ne trouve pas les mots pour faire la différence. Je ne trouve pas de sens aux journées qui passent. Je m’aventure au fond de cavernes. Je tue des chevaliers, des sorciers et des dragons. Je trouve des parchemins pour apprendre de nouveaux sorts. Quand je reviens avec un talisman, je suis heureux.

Claude Code Won’t Fix Your Life

The people who actually produce things, real things, have boringly simple systems.

Quand je fais de l’administratif, je n’utilise que deux outils : une boîte mail et un fichier todo.txt. Quand j’écris un livre, je n’utilise qu’un seul outil : l’éditeur de texte. J’ai jamais compris tout le délire autour du Second Cerveau alors qu’on est même pas capable d’utiliser le nôtre correctement. Plus d’outils, c’est plus de maintenance, donc plus de charge. Les gens qui utilisent Obsidian ou Notion m’angoissent.

930 (51, Hanımefendi Sk. No:64)

j’ai ressenti quelque chose de vertigineux : les structures dans lesquelles nous sommes pris nous font faire des choses qui, sans recul, semblent vraiment avoir du sens, alors qu’elles n’en ont pas.


Sur le buffet du salon il y a trois cadres avec des photos d’Angélique, de Julien et de moi avec notre mère, mais aucune de nous quatre ensemble.

On a regardé Gravity et When Harry Met Sally, on a écouté Solitude Standing de Suzanne Vega et La disparition de Keren Ann, on a joué à Abalone. J’ai dormi une heure et demi dans le canapé. J’entre dans mes siestes comme dans des trous noirs. Je ne fais aucun rêve, ne ressens aucun appel. On a mangé au restaurant et je lui ai expliqué la différence entre une question ouverte et une question fermée. Je lui ai expliqué que quelqu’un qui écrit : j’espère que tu vas bien ne veut surtout pas que tu lui dises que tu vas mal. L’ambiance dans Dinan était morose. Sur le parking quatre personnes restaient dans leur voiture, qui au téléphone qui en train de manger. Je lui ai dit que me taire c’était ma façon d’être moi.

191225

Ma première réaction est toujours de me dire je suis incapable.

How Markdown took over the world

The people who make the real Internet and the real innovations also don’t look for ways to hurt the world around them, or the people around them. Sometimes, as in the case of Aaron, the world hurts them more than anyone should ever have to bear.

Our Algorithmic Grey-Beige World

Those who think they’re being creative because they’re “creating content” are just living at the whims and fancies of the algorithm, painting by numbers in templates already defined.


Les paroles de Lives de Modest Mouse disent : everyone’s afraid of their own life, if you could be anything you want i bet you’d be disappointed, am i right? no one really knows the ones they love, if you knew everything they thought i bet that you would wish that they’d just shut up.

Je passe mes journées à jouer à Elden Ring et à recevoir des refus pour les offres auxquelles je postule. Je meurs en boucle dans un univers où tous les êtres vivants veulent me tuer.

Je passe trois jours chez ma mère. Je retourne dans cette maison où je ne me suis jamais senti heureux. Je n’ai rien à dire. Je suis fatigué.

Personne ne prend de mes nouvelles parce que je n’en prends de personne.

beware of the bore-out

A full work day of feeling like I actually accomplished something makes it easier to go home and study for my degree or do other projects, compared to hanging around doing basically nothing for 7 hours, which has me arriving home in a sluggish, lazy and tired mood instead.

Piano, vulnerability, and playing guitar

Anyway, this was going to be a post about playing guitar, but it seems I had a lot more to say about my vulnerability than I thought I did.

small thoughts part 6

It’s okay for things to just happen or shift with no reason that is cinematic or cool to tell others.

noclip.website

A digital museum of video game levels.


J’ai dit à ma psy ce matin que je n’avais jamais été aussi malheureux de ma vie, et que parfois je regrettais d’avoir commencé ma thérapie il y a trois ans. Je suis rentré dans un tel tunnel pour sauver la relation avec mes parents que j’ai complètement fermé les yeux sur le reste, et aujourd’hui il n’en reste que des miettes. Je ne sais pas si le résultat en valait la peine.

J’ai écrit sur un post-it une liste avec des sous-catégories de tout ce qui me fait souffrir, et c’est vertigineux. Je ne sais pas comment je vais faire pour me sortir de ce chaos. J’ai l’impression d’être toujours en retard et que je ne peux pas m’occuper des questions du présent à cause de toutes celles du passé. J’entraîne les autres dans ce gouffre. Je rêve d’un lit une place dans une pièce blanche pour m’isoler du monde et ne plus faire de mal aux autres. Je rêve d’être seul pour toujours et de perdre le sens de la parole pour garder en moi ce poison immonde.

J’ai fait un tour dans une librairie pour éviter la pluie : tous les livres sont moches. C’est devenu une industrie hyper cheap.

How to Debug Your Life

We are all drowning in technical debt. Maybe you spent your twenties “moving fast and breaking things” (ignoring your dental health and relationships). Now you’re thirty-five, and the interest payments are due.

Talent can be quiet, if you want it to be

The reason for my irritation: Everyone wants to monetize everything.


La collab Lego x Pokémon est vraiment atroce.

Je trouve bizarre de dire consommer des livres ou consommer de la musique ou consommer des films.

La conseillère France Travail me posait des questions comme si la recherche d’emploi était un jeu de culture générale. Elle me demandait : mais alors comment vous pourriez faire pour élargir votre recherche d’emploi ? Et moi je lui disais : c’est une question rhétorique ? Ou alors à la fin de l’entretien elle m’a dit : et alors qu’est-ce que vous allez mettre en place maintenant ? Et moi je lui disais : ben juste je vais continuer à chercher. À aucun moment elle ne s’est posée la question de ce que elle pourrait faire pour moi.

On dirait un parent qui te gronde un peu parce que tu as fait une petite bêtise. Je suppose que l’infantilisation fait partie du processus. Je suis parti une heure plus tard sans aucune solution ni aucune piste. Je ne sais pas vraiment en quoi son travail a consisté. Je l’ai vue prendre des notes dans son carnet quadrillé. C’est sans doute la définition d’un bullshit job. Elle m’a fait un tour de magie qu’elle connait par cœur.

C’est un métier qui a l’air très confortable parce que tu peux remettre en permanence la faute sur les autres : le candidat qui ne cherche pas bien, qui ne produit pas les bons documents, qui ne sait pas lire entre les lignes, ou l’entreprise qui est trop exigeante, qui a ses propres réseaux ou ses propres attentes difficiles à décrypter. Elle n’était même pas capable de m’aider dans mon parcours autodidacte à partir d’autres candidats déjà reçus qui auraient eu eux aussi des parcours autodidactes. Elle m’a dit : j’en ai en tête mais là je n’ai rien qui me vient. Et j’ai pensé : tu mens. Parce que moi aussi je mens donc je ne suis pas dupe.

Il y a 30 offres d’emploi pour des postes d’assistant administratif à Rennes, je veux faire de l’administratif, j’ai toutes les compétences demandées à chaque fois, mais elle a l’air de trouver plus logique que je me réoriente vers plombier ou maraîcher. C’est la réalité.


En ce moment je regarde Emily in Paris et j’aime beaucoup le personnage d’Alfie.

Petite digression sur le fait que je regarde Emily in Paris : je regarde tout. J’ai encore du mal à expliquer pourquoi j’ai regardé les huit saisons de Vampire Diaries ou les quatre de Newport Beach ou les douze (oui) de The Walking Dead, mais c’est le cas.

Alfie c’est le deuxième love interest d’Emily et sinon c’est juste un banquier en costume avec une tête sympa. Quand je le vois jouer j’imagine si j’étais banquier et la vie de banquier que je pourrais mener. Les vêtements que je pourrais porter, mon emploi du temps, ma manière de parler, de gérer ma vie sentimentale et ma vie professionnelle.

Je ne peux pas vous montrer le chemin que j’emprunte, mais cette vie imaginaire de banquier m’amène aux deux derniers albums d’Arctic Monkeys, où les narrateurs des chansons ont tous l’air d’être des sortes de banquiers dépressifs dans des univers hantologiques. Dans Star Treatment les paroles disent : hitchhiking with a monogrammed suitcase, miles away from any half-useful imaginary highway, i’m a big name in deep space, ask your mate. Ou dans The Ultracheese : i still got pictures of friends on the wall, i might look as if i’m deep into thought, but the truth is i’m probably not, if i ever was.

J’ai écouté ces deux albums littéralement des centaines de fois. J’aurais aimé écrire presque tous les textes écrits par Alex Turner. J’ai l’impression qu’il a eu les visions que je n’ai pas eues au même âge, et sans doute parce que c’est une star. Je ne peux pas vraiment l’expliquer mais je crois que c’était son code secret pour atteindre ce niveau littéraire. Toutes ses chansons sont de la pure nostalgie de star.

J’aimerais écrire des romans avec une nostalgie de banquier.

Plain Text Doesn’t Have to Be Ugly, It Just Has to Stay Boring in the Right Ways

Of course plain text is boring. The right kind. Once you’re certain you are either pursuing clarity or focus-friendly self-expression and not falling into distraction mode, continue on.

Failure vs. Success is the Wrong Frame

The fear that stops people from making things is almost entirely the fear of the performance frame. Nobody is afraid to experiment. We’re afraid to be judged.


J’ai mis en ligne ma page Réflexions sur le processus d’édition.

C’est la première d’une série de pages isolées que je mettrai en ligne au fil du temps en fonction de mes projets. Elles n’auront évidemment pas toutes la même tête, ni le même sujet. C’est facile pour moi à produire, et pour vous à partager avec un seul lien.

C’est internet, tout simplement.

C’est une petite page pour le moment, mais je trouverai un moyen de la faire évoluer en fonction de mes expériences et de mes rencontres. J’en suis très content. Elle résume bien là où j’en suis. Vous verrez, il y a même des screens de mes textes en cours de correction. Pour les généticiens du texte c’est comme une glace à la vanille. Une petite glace avec pas beaucoup de vanille parce qu’il n’y a pas beaucoup de screens. Ou alors une glace qui a surtout coulé sur les doigts et avec un cornet un peu mou parce que je suis pas Flaubert non plus. Enfin je crois que vous avez compris la métaphore.

Je sais pas si vous avez déjà vu Michael Clayton, mais moi je l’ai regardé hier et c’est vraiment un super film.

J’ai une pensée pour Aaron Swartz, dont j’aurais aimé être le contemporain plus longtemps.

hopping on the cameron winter bandwagon

To me, it sounded like those moments you have, say when you walk by the house your childhood friend no longer lives in

may 2026 be a boring year

I don’t want to be a person who needs to be constantly seeking for something. I would like to be at ease, more than anything. I want to be capable of staring into the abyss of boringness and feel okay with it.


C’est devenu tellement facile de mettre en ligne les relevés que c’en est presque un peu perturbant. Au tout début je devais ouvrir mon dossier, mon serveur ftp, entrer le mot de passe du serveur, ouvrir le terminal, taper les lignes de commande, puis glisser-déposer mon fichier du dossier au serveur. Alors que maintenant j’appuie juste sur HOME+u.

C’est bizarre d’avoir fini par oublier qu’un ordinateur c’est précisément la machine qui est censée travailler à notre place. Elle est faite pour et on continue à entrer des données à la main dans des tableurs Excel.

En triant encore des livres, j’ai pensé que j’avais construit une parfaite bibliothèque de prouveur. Comme je lisais tout, littéralement des centaines de livres chaque année, je crois que je voulais que ce soit visible autant pour moi que pour les autres, si bien que je gardais les livres comme des preuves. J’ai gardé 20 Duras, 20 Beckett, 20 Bernhard, 20 Simon, alors qu’en général je ne me souvenais pas de la moitié de ce qui était écrit dedans, et que je ne les relirai jamais.

Mais c’est une bibliothèque qui ne reflète pas du tout qui je suis. Elle occulte volontairement une immense part de mon identité pour en présenter une autre supposément plus légitime. Mais en réalité tout le monde s’en fout de tous ces livres, et moi le premier. Je me suis surtout construit un mausolée, un tombeau, pour qu’on puisse se souvenir de moi comme celui qui a tout lu.

Alors que je voudrais qu’on se souvienne de moi juste parce que j’ai été gentil.

J’ai plusieurs objets à vendre d’occasion : mon vieux Macbook Air, mon vieux Macbook Unibody, mon clavier Varmilo, mes JoJolion (parce qu’en vrai ce n’est pas très bien), et peut-être mes DanDaDan.

DemainJarretePas

De toute façon j’aime bien être limité
Dans ma consommation culturelle
Je me sens libre

Amaya Home Page

Amaya est un éditeur Web, c’est à dire un outil destiné à créer et mettre à jour des documents directement sur le Web.

ÉFÉLÉ, réimprimeur la nuit

ÉFÉLÉ réimprime fidèlement, sous forme électronique, des textes du bien commun.


Comme souvent avec moi, entre le moment où j’ai dit que j’avais une idée et le moment où je l’ai réalisée, il s’est passé un jour et j’ai déjà presque tout fini. J’ai écrit un document d’environ 3000 mots intitulé Réflexions sur le processus éditorial, que je vais bientôt mettre en ligne.

J’ai compris comment utiliser pandoc pour convertir ce document markdown en page html avec un template et un style css liés. Il y a une ou deux options css que je n’ai réussi à intégrer mais qui étaient du détail. Je vais prendre quelques jours pour peaufiner le document avant d’en parler ici. Même si ce n’est pas grand-chose, j’ai bien aimé l’écrire et il m’aide à y voir plus clair.

Je pense m’amuser à faire davantage de pages de ce genre dans les prochains temps. Internet c’est aussi des pages sur lesquelles on tombe avec des informations random. J’aimerais faire un site pour la soirée Decks à 20 balles qu’on va organiser avec Valentin dans un ou deux mois, en mode bien Magic 1995. Et j’aimerais faire une page collaborative avec Louise, Mimi et Anti de nos avis à l’arrache sur les restaurants où on va à Rennes.

Sinon j’ai postulé à deux nouvelles offres d’emploi.

Au moins je dors beaucoup mieux en ce moment.

Je déteste les professionnels qui prennent le temps d’écrire qu’ils n’ont pas le temps de répondre à une question plutôt que de répondre à la question, parce que de toute évidence le problème ce n’est pas le temps, mais eux.

Les paroles de Say Something Loving de The xx disent : you say something loving, without hesitation it hits me, it hits me, it feels so unfamiliar, before it slips away.

081225

ou plutôt j’ai consenti à ce qu’on coupe les ponts avec moi et n’ai pas cherché de faire l’effort de recoller les morceaux, parce que je savais qu’il me serait impossible d’exister en tant que personne auprès d’eux, et plus comme un enfant.

la résidence continue

J’ai construit ma représentation mentale du temps sur ce schéma. Dans ma tête la semaine est circulaire et installée sur un plan vertical.

It’s hard to join the Indie Web

I’d love it if everyone had their own website, but I’m a hypocrite, talking about how easy it is to blog while I write these words inside a text editor because plaintext files are just so simple to use.


Je vais essayer de trouver la motivation d’écrire une page qui résumerait mes attentes comme auteur dans un processus éditorial cohérent. Du genre quels outils pour quelles étapes, délier l’écriture des corrections et de la mise en page pour retrouver une fabrication cohérente. J’aimerais le faire parce que mes expériences passées dans le domaine se sont révélées décevantes : des outils lourds et peu lisibles, des formats de fichiers à ne plus savoir qu’en faire, un mélange confus des rôles et des attentes et une multiplication épuisante d’allers-retours.

J’ai aussi mon expérience de lecteur pour plusieurs maisons d’édition qui joue. Par exemple je pense qu’il n’y a rien de pire que de lire des manuscrits en PDF. Ce qui m’a sauvé la vie c’est d’avoir une liseuse et de tout convertir en EPUB. Personne n’a la force de lire 300 pages sur un écran d’ordinateur ou une tablette, c’est une connerie autant au niveau de l’attention que de la santé.

Or, parmi les dénonciateurs du mensonge, le mélancolique est de longue date au premier rang. Davantage spectateur qu’acteur, se méfiant d’une réalité qui lui échappe, il voit des masques partout. Sa distance vis-à-vis du monde l’incline à vouloir démasquer et cela le situe à la fois dans le cadre d’une symptomatologie et d’une éthique. – Fernando Vidal, L’expérience mélancolique au regard de la critique.

Je ne me suis réconcilié avec l’écriture qu’au moment où j’ai commencé à écrire avec la conscience que je le faisais de toute façon en pure perte. – Roger Caillois, Le Fleuve Alphée.

Un nouveau site

On a mis dedans toute notre énergie pour être en mesure de faire au mieux ce pour quoi nous avons créé les éditions Burn~Août en 2019 : publier des textes et les rendre toujours plus disséminables et accessibles.

Même si la gestion et l’ouverture de leur catalogue est salutaire et sans comparaison dans le paysage éditorial actuel, je suis un peu déçu du nouveau site avec ses quatre blocs à faire défiler et ses informations textuelles dans tous les sens, ses cases à cocher, ses liens à cliquer. Le mode liseuse est parfait et le reste du site aurait à mon avis dû s’en inspirer.


J’allais écrire en détail sur le fait que j’avais passé la journée d’hier à pleurer, et puis j’ai été pris d’une fatigue intense à l’idée d’écrire, et j’ai tout supprimé. J’ai juste l’impression que ma tête est un fardeau et que le capitalisme est en train de la broyer.

Tout le monde porte son masque, certains avec une petite ficelle, d’autres un élastique, d’autres comme une cagoule en latex, d’autres comme les bandages d’une momie. Le mien était greffé directement à ma peau : l’enlever laisse des cicatrices. Pour le moment je ressemble à un grand brûlé. Des fois j’imagine aussi mon masque comme celui de Tobi, d’abord détruit en partie, puis explosant complètement sous la pression d’un Rasengan de Naruto. La surprise est totale de découvrir derrière un visage connu. Celui que tout le monde pensait mort est en vie, sauf qu’il n’est plus vraiment en vie.

Je sais pourquoi je me perds autant dans les outils en ce moment : je n’ai rien à raconter, alors je fais semblant de bouger la machine, comme les vieux golfeurs qui changent tous les quinze jours leur matériel pour ne pas se poser les vraies questions sur leur niveau de jeu.

Je m’en veux d’avoir abandonné Miami = Paradis. Le site est une ruine, et désormais je le visite comme une ruine.

C’est ma mère qui me réveille le matin. Quand je sors de mon lit je sais qu’une grande aventure m’attend, mais je ne sais pas encore laquelle. Tout est à sa place : mon ordinateur, ma Nintendo 64, mon bureau et mon petit palmier. Je suis déjà habillé pour partir, je n’ai pas besoin de me changer.

Je descends dans le salon où ma mère m’attend. Elle me donne un peu d’argent pour la route et me conseille de rendre visite au professeur Chen qui vit dans la maison d’à côté. Elle me dit : il arrive qu’un jour le fils aimé quitte la maison. C’est la vie. Je ne suis pas triste de la quitter parce que je sais que je pourrai revenir quand j’aurai vu assez de choses et traversé assez d’épreuves. Quand je passe le porte j’oublie même de lui dire au revoir.

Mais s’il y a, comme ici, une attente, fût-elle frustrée, la mélancolie n’a donc pas tout à fait partie gagnée. Qu’un futur, même si rien ne doit s’y produire, reste ouvert devant la conscience, le vide alors change de signification. Une plénitude est redevenue possible. – Jean Starobinski, L’encre de la mélancolie.

Information is still free

The web was a place where you could put some information out there in an attempt to connect others to it.

Blogging is An Act of Courage

The way I see it, if you want a blog to be interesting, particularly from a business perspective, it has to be personal, authentic and even controversial. Otherwise, don’t blog – it’s not going to be interesting.

D’ailleurs, les blogs existent depuis un peu de plus de 25 ans, et j’ai par exemple l’impression qu’aucune recherche littéraire ne porte sur leurs spécificités stylistiques, alors qu’il y a déjà un corpus plutôt riche et varié.


J’ai décidé de concentrer mes nouvelles recherches techniques sur mon processus d’écriture. C’est encore mieux d’apprendre à utiliser des outils qui peuvent véritablement me servir dans la vie quotidienne. Par exemple si je pouvais écrire tous mes prochains projets en Markdown et les convertir avec pandoc, je crois que ce serait une belle avancée. L’étape qui m’interroge toujours c’est la collaboration éditoriale sur un même document, mais je m’en occuperai en temps voulu.

Les supports pour ordinateurs portables sont littéralement des lutrins vendus beaucoup plus chers que les lutrins.

Il y a une offre d’emploi pour être professeur de trombone en visio.

En discutant avec Laura au restaurant hier soir, j’ai réalisé que la recherche en littérature n’est plus un domaine dynamique de notre époque, ce n’est plus un outil de lecture des événements ni des émotions. Là où j’ai le sentiment que la sociologie, l’anthropologie, la géographie, voire la philosophie (j’en lis un peu moins) se renouvellent et proposent des clés d’accès, la littérature végète. Les corpus sont la plupart du temps paresseux, datés, sans enjeux, et l’écriture critique hermétique et déphasée. J’ai lu quelques essais sympas ces dernières années, sans plus, d’autres carrément nuls, aucun en tout cas n’a approfondi ma compréhension du monde.

Why I Left Substack

And when I looked at some of the people Substack wanted to give hundreds of thousands of dollars (funded in part by subscription income), I didn’t like what I saw.

Une année déjà a passé depuis La Grande Migration d’Instagram vers Substack. Tout le monde a déjà pris de nouvelles bien mauvaises habitudes en ayant pourtant l’impression d’avoir fait un grand pas en avant. Je crois que c’est ce qui me crispe le plus dans cette histoire.

Pokémon World in 2000


Pour la première fois depuis un moment j’ai pensé que je n’aurai peut-être rien à écrire ni à mettre en ligne aujourd’hui. Je me suis engouffré dans des rabbit hole techniques sur mon ordinateur qui en général recouvrent un manque de sens dans mes actions et dans mes choix. C’est une de mes stratégies de défense. La preuve : j’ai des tensions nerveuses dans mon pouce gauche et dans mon poignet droit. Je n’ai pas fait de sport depuis une semaine parce que je suis trop occupé à avoir mieux à faire.

Comme je m’y attendais Gurvan m’a aidé à résoudre le problème de mon script bash, et j’ai donc officiellement un script fonctionnel qui me permet de compiler et mettre en ligne les relevés avec un simple raccourci clavier. J’ai même une notification qui s’affiche sur mon bureau pour dire Relevés mis à jour !, si c’est pas le comble du luxe.

La torpeur qui m’empêche de me mettre en mouvement ces derniers jours m’inquiète un peu. Ce n’est pas si facile de trouver du fuel pour alimenter la machine. Même quand il neige, ce n’est que de la neige.

J’oublie que la fiction m’a déjà fait défaut, que j’ai déjà expérimenté un sentiment de trahison narrative lorsque l’histoire ne se déroulait pas comme dans les livres, que tout ne se terminait pas par un happy end, une révélation, un retour de karma, un rétablissement de la justice, une transformation profonde. – Marie Kock, Après le virage, c’est chez moi.

C’est comme une relation amoureuse où, sur le papier, je ne pourrais rien reprocher à l’autre, mais dont je sens bien au fond que nous ne sommes pas faits pour être ensemble. Un crush passager dont les petites manies que je trouvais adorables au début finissent par me taper sur les nerfs.

A Metabolic Workspace

I was spending more time organizing thoughts than having them.


Si les newsletters me filent autant le cafard c’est parce que je visualise parfaitement les boites mal gérées avec 4529 emails non lus. Chaque nouveau mail est une pierre de plus ajoutée au sommet de ces édifices démoniaques.

Choqué d’apprendre que Lily Collins est la fille de Phil Collins.

J’ai rêvé que je m’étais fait voler mon portefeuilles dans une sorte de ville labyrinthique dans laquelle je vivais avec d’autres personnes dont j’ai oublié les identités dans des logements insalubres et minuscules. J’étais vraiment très angoissé par ce vol qui m’empêchait d’une façon ou d’une autre de pouvoir rentrer chez moi.

Quand j’ai une idée de roman en tête, comme en ce moment Mon voyage à Kanto, je remets toujours à plus tard le début de l’écriture parce que j’aime la sensation d’un projet qui m’attend. Il peut encore être parfait dans ma tête, et pas tout raté et nul comme la plupart de mes projets terminent. C’est l’idée d’un livre parfait qui pousse à en écrire des imparfaits.

welcome to desk stops

@deskstops explores the relationship between creative technologists and their desktop setups.

Dans l’idée c’est presque un site de rêve pour moi. Dans la réalité : ennui ultime. 95% des participants sont sur Mac, avec les icônes rangées à peu près pareil, c’est-à-dire pas vraiment rangées, et des fonds d’écran random. En fait il n’y a aucune variété d’environnements, ce qui m’inquiète un peu pour des artistes et des designers. Tous ces bureaux sont sincèrement interchangeables. L’évolution de l’informatique nous a fondu dans une même identité. Quelle est cette identité ?

High School Radical (1/4)

As a teenage exchange student in 2014, Max left his native France for a year to live out the American dream in the quintessential American town of Owassa, Oklahoma. Ten years later, in the runup to the presidential election in November 2024, he goes back to see what has happened to all his friends from the time.


Cette année c’est les 30 ans de la licence Pokémon, autant dire que je suis dans mes petits chaussons. J’ai déjà repéré une collection de tee-shirts Uniqlo qui sort en mars. Je n’aurais jamais pensé écrire cette phrase.

Maintenant que mon filler arc est terminé et que je me retourne sur les trois mois qui viennent de passer, je suis pris d’un léger effet d’étrangeté. Il y a eu des événements réels qui me semblent faux, de nouvelles rencontres transformées en spectres, des mouvements aussitôt figés dans le temps. Je ne sais plus vraiment quel visage j’ai présenté aux autres. Il me reste quelques marques sur le corps et dans la tête, mais je peine à les relier. Je suis de retour d’une île dont j’ai presque tout oublié. J’oublierai cette île aussi un jour, et ses coordonnées. Je saurai à peine la situer sur une carte.

La boîte de V-Rally 3 que j’ai retrouvée chez Manou est l’exemple parfait de l’objet qui ne me dit rien en soi mais pour lequel je me rappelle précisément des circonstances de l’achat : un dimanche soir, mon père m’avait emmené en voiture dans le Carrefour de la zone commerciale de Langueux, où pour une raison que j’ignore j’avais choisi cette boite parmi les dizaines qui couvraient le mur du rayon jeux vidéo. J’ai encore une impression assez nette des lumières de ce soir-là.

J’ai passé beaucoup trop de temps à essayer de créer le raccourci clavier d’un script bash qui me permet de compiler puis d’uploader l’index des relevés. Il fonctionne sans souci dans le terminal, mais mon raccourci ne lance pas la suite de commandes. Je demanderai lundi au club informatique si quelqu’un a une idée de comment résoudre ce problème.

Le je qui s’exprime ici, agile et ingénieux, sait qu’il est tout au plus l’ombre du moi espéré. Sa liberté, sans entraves et sans garant transcendant, lui est un tourment ; ce qu’il attend, c’est la confirmation absolue d’une nécessité intérieure, c’est l’équilibre d’une relation de soi à soi qui ne laisserait subsister aucune zone lacunaire, aucun résidu opaque.

Unworthy

When I see myself reflected in someone else, I shrink back. I construct something more palatable, a cleaner, plastic version of me. But I can’t hide the rot underneath.

Je suis un peu troublé par la précision avec laquelle son ressenti rejoint le mien, tout comme les articles de Starobinski sur Kierkegaard (dont la citation plus haut est un extrait) éclairent d’une nouvelle lumière ma quête.

Tempête dans un verre de cristal

Derrière l’argument du « professionnalisme » et du « sérieux » employé par la note Rubio, on voit que c’est aussi un imaginaire de pouvoir et de royauté qui se reflète dans un choix de caractère.

L’occasion peut-être de revoir la police de mes citations, qui s’affiche étrangement selon l’appareil sur lequel mon site est lu.


Je commence à prendre conscience que ce site devient un espace de curation et que c’est un travail à part entière.

Je suis allé déposer de nouveaux livres dans la boîte à livres, qui devient une bibliothèque à proprement parler vu le nombre d’ouvrages qu’elle voit défiler chaque semaine, puis j’ai échangé mes cartouches de Pokémon Pinball et Golden Sun 2 en double contre 28€ de bon d’achat pour des cartes Magic, et enfin j’ai acheté deux pellicules 35mm pour mes appareils photo. J’en ai mis une dans le Olympus : tout fonctionne, maintenant il faudra attendre un peu avant de savoir si vraiment tout fonctionne.

D’ailleurs, pendant les vacances j’ai écrit à Valentin car j’aimerais bien organiser à Rennes des soirées Magic Decks à 20 balles. Le but c’est de jouer uniquement des decks Commander dont l’ensemble des cartes vaut autour de 20€, terrains inclus. Je me dis que ce serait l’occasion de réunir autour d’une vision de Magic différente de gagner avec mon deck qui vaut plus cher que le tien, donc les lots (s’il y en a) pourraient venir récompenser d’autres spécificités que la victoire seule. Et on pourrait organiser des bulk fiesta avant ou après les matchs pour échanger toutes les cartes de merde que d’habitude personne ne veut.

Starring the Computer

Starring the Computer is a website dedicated to the use of computers in film and television. Each appearance is cataloged and rated on its importance (ie. how important it is to the plot), realism (how close its appearance and capabilities are to the real thing) and visibility (how good a look does one get of it).

“The era of the business idiot”

Reduce. Simplify. Protect attention. Return to what matters. This is not a magic recipe, it is a way of bringing the discussion back to the most concrete level. Which devices actually produce useful work, and which devices mostly produce proof of work.

Sur les dernières années à la Maison de la Poésie, on en était à un tel point de compétences, de simplification et d’automatisation avec Lucie qu’on avait réduit notre temps de travail quasiment par sept. Je pouvais sans aucun souci concentrer ma semaine de travail en une matinée sans mettre de côté aucun des enjeux de l’association (administratif, communication, médiation, programmation). Le travail administratif aujourd’hui est écrasé par les processus, ordres et logiciels inutiles. Débarrassez-vous des diaporamas et des réunions et vous verrez déjà un bout du paradis.

Working with the end in sight

My writing happens while I am reading.

En dehors des citations que je peux transcrire ici, je ne prends jamais de notes de mes lectures. Je ne surligne rien, n’écris rien dans les marges de mes livres. Je laisse faire ma mémoire défaillante et je crois que j’aime l’idée d’oublier, de ne plus savoir que vaguement, de peiner à retranscrire un argument, voire de peiner à transmettre un enthousiasme. Quand je vois la complexité des systèmes de prise de notes comme dans ce billet, je suis admiratif mais je me dis que c’est un dédale d’informations dans lequel j’aurais bien de la peine et du plaisir à circuler.

The 7 lessons I learnt about making and happiness

Not many things were sure back then, but I remembered the important lesson I learned as a child: I could always make.


Je me suis amusé à ajouter une icône lien externe à l’ancienne à côté des liens.

Je déteste les tops, les listes, les données et de manière générale tout ce qui a tendance à quantifier et analyser numériquement nos pratiques, nos loisirs et nos passions. Je me fous de savoir qui a gagné la compétition des livres, des albums et des films de l’année.

L’année dernière j’avais arrêté mon apprentissage de certains outils bash après une boulimie de nouveautés suite à l’achat de mon ordinateur. Je m’y suis remis hier parce que c’est une occupation de jour férié parfaite. J’ai enfin compris comment personnaliser et vraiment bien utiliser fzf, et j’ai installé starship qui m’a enfin permis de comprendre pourquoi mon terminal n’avait pas la même tête que ceux que je voyais sur les tutos. J’ai aussi corrigé un petit bug de navigation entre les fenêtres dans kitty. Il suffit en général d’un peu de temps et de recul pour mieux résoudre les problèmes. Je m’interroge encore sur le nombre important de dpkg installés sur mon système, mais je n’ai pas encore les compétences pour bien lire ce qui est utile ou pas. Je crois que la prochaine étape serait de faire un peu de tri dans mes plugins neovim, et de configurer ncmpcpp pour remplacer cmus.

Vivre à l’état d’ombre, vivre entre parenthèses, être le double d’un autre, tel est le tourment de celui qui a délaissé son vrai moi ou qui en a été délaissé. Seulement, il faut supposer qu’un vrai moi existe, qu’une édition originale a été déposée avant toutes les contrefaçons. Il y a donc un visage, un nom, une essence qui sont nôtres, de toute éternité. Libre à nous de les méconnaître. Notre vie alors se déleste de son sens, jusqu’à devenir fantomatique. Nous ne sommes plus que l’anagramme de notre nom. Les lettres en ont été brouillées, il faut le recomposer. […] Rejoindre son vrai nom n’est pas une tâche moins difficile que rejoindre l’éternité : c’est la même tâche.

journaux brésiliens – décembre 2025 (quelques notes de fin d’année)

je n’ai pas été prise et ça m’a quand même fait de la peine, parce que j’avais imaginé une vie un tout petit peu meilleure, et que ça m’avait coûté.

The Case for Blogging in the Ruins

Diderot spent twenty years on his infrastructure.

A website to destroy all websites

Illich also describes the concept of radical monopoly, which is that point where a technological tool is so dominant that people are excluded from society unless they become its users.

L’occasion de développer ce que je disais il y a peu quand je parlais de la honte de partager. On s’est habitué à se terrer dans un coin pour regarder les autres faire et on a fini par oublier notre propre capacité de création, de réflexion et d’émerveillement. On a oublié que même les plus petites choses valent la peine d’être présentées. C’est une inhibition générationnelle, paradoxalement à une époque où le branding personnel est omniprésent. Je ne peux que vous encourager à reprendre en main vos outils d’expression, mais surtout à retrouver de la confiance dans vos plus petits accomplissements. C’est ce qui participe à construire une société curieuse, et non voyeuriste.

On wearables

All of this stacks on top of the documented harms of digital gadgets, gear acquisition syndrome, and the creeping politics of health tech. Taken together, wearables are increasingly an unbearable shit sandwich.


Une question me trotte quand même dans la tête en ce moment : si finalement je n’étais pas en dépression, j’étais en quoi alors ?

Au rayon boissons du Super U un type m’a demandé si je savais s’il y avait des réglementations sur l’alcool pour la soirée. Je lui ai dit que je n’en savais rien, mais je ne lui ai pas dit que c’est parce que je ne buvais pas d’alcool. J’ai pris sous ses yeux une bouteille de limonade, ce qui était peut-être une façon de le dire.

Je pensais mériter mieux pour commencer 2026 qu’un pseudo-lumbago et un email de France Travail. C’est la pochette surprise des adultes.

Surimpression des trois sœurs de The Corrs sur les trois sœurs de Charmed.

Singer-songwriter Claire Cottrill (Clairo) discusses having different phases, going down research rabbit holes, and acknowledging that, for better or worse, music is the important thing.

I never really like to stay the same, anyway.

Technic and Magic: Introduction

For one, I wondered, what am I to do with myself, while we journey through these gloomy, penultimate times? And secondly, is it really true that a sociopolitical revolution would be sufficient to change the course of the events? Or is it perhaps the case that something else, at a different level, would have to change?

My website is a shifting house next to a river of knowledge. What could yours be?

A website can be anything.

Je n’arrive pas à voir mon site autrement que comme un site, je ne peux le comparer à rien, et c’est précisément pour cette raison qu’il me semble unique. Il ne pourrait être rien d’autre, il ne ressemble à rien d’autre dans ma vie. Sa disparition entraînerait un vide que je ne saurais pas comment combler. Peut-être le plus grand vide, d’ailleurs.

The Story Behind Pierre Sernet’s Mobile Tea Room

In the series, often referred to as Guerrilla Tea, the artist presents photographs in which randomly selected guests, from a variety of cultural worlds and backgrounds, are invited to share a bowl of tea.