Relevés


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2022

La mise en scène de soi est essentielle pour donner de la valeur à ce que l’on fait. Elle permet même de convaincre les autres d’y accorder de l’attention.

J’ai refait mon site en arrêtant de faire comme si je pouvais continuer à rester dans mon coin. Ce n’est pas un fichier robot.txt qui me protègera du pire.

Je reçois certains mails d’un homonyme qui utilise une adresse identique à un point près de mon ancienne adresse à moi. La semaine dernière, il s’est inscrit sur un site pour faire du trading de cryptomonnaies.

Cet été, il est parti à Ibiza.

Il vit la vie que j’ai toujours rêvé de mener.

Si tu savais comme ma peine et ma douleur sont grandes à cette heure ! Je déteste tout ; je suis dégoûtée de mon travail, alors que ce n’était pas comme ça autrefois. Tu sais, je ne peux pas être oisive, encore que cela inquiète beaucoup de gens. Mais, la tristesse des autres n’égale pas la mienne. – Sadegh Hedayat, L’abîme.


Cette nuit, j’ai fait un rêve.

Je suis dans une grande salle un peu pareil que les salles de vente aux enchères. Il y a beaucoup de gens assis sur des chaises en plastique. Tout le monde regarde dans la même direction, mais il n’y a rien de spécial à voir.

À côté de moi, il y a un homme âgé sympa avec qui je discute. Au bout d’un moment je me rends compte que je le mégenre et il s’en va.

Juste avant qu’il s’en aille, une jeune fille qui travaille pour la salle me donne un papier. Je l’ouvre et dedans il y a une phrase que j’ai oubliée mais qui me menace.

Je me rends compte que c’est Yvon Le Men qui est à l’origine de ce papier.

Il n’a pas du tout apprécié un truc que j’ai écrit sur lui dans mes Relevés où je disais en gros qu’il écrivait de la merde.

Yvon Le Men est lui aussi assis dans la salle, quelques rangées devant moi.

Avant je ne le voyais pas, mais maintenant je le vois.

Il tient comme un journal une version imprimée de mes Relevés. En fait, il a imprimé les extraits des Relevés qui le concernent, puis les a découpés et collés sur une feuille jaune pâle.

Je suis dans la merde, parce qu’il a l’air vraiment en colère.

Je me dis que j’ai fait une connerie.

Ensuite je fais un autre rêve où Squeezie me propose d’écrire un truc pour lui, et je vis très mal la pression que cette responsabilité implique. Je vais à toutes les fêtes qu’il organise parce que je fais un peu partie de son entourage, mais je n’arrive pas à m’intégrer.

J’ai l’impression que Squeezie m’évite.


Qu’est-ce que vous dites là au début de chaque combat ?

Hypervitesse, c’est un petit truc comme ça, c’est un. C’est pour avertir qu’on tire.

Ça fait combien de temps là en fait que tu joues comme ça à Beyblade ?

À Beyblade ça fait environ un petit moment.

Comment ça t’est venue cette passion ?

Quand j’ai vu le dessin-animé. J’ai apprécié.

Qu’est-ce qui te plaît dans le fait de faire de la toupie ?

C’est amusant quoi, c’est un truc, c’est pas vraiment nouveau comme ça les toupies, mais là ils ont sorti quelque chose, c’est nouveau, j’aime bien.

Une peluche interractive vendue 300 FR. Plus on la caresse, plus elle parle. Et si on est patient, elle accouche même d’un bébé.

C’est un produit de la toute nouvelle génération, qui fait suite au Furby, qui est un peu plus perfectionnée, un petit peu plus sophistiquée, et c’est la grande nouveauté cette année en terme de peluche.

Moins romantique, plus agressif, Action Man. C’est un best-seller chez les garçons de 4 à 7 ans, qui adorent son univers fantastique.

Dog.com, ce teckel robot presque grandeur nature jappe, renifle, éternue et peut développer 16 personnalités différentes.

Ils sont électroniques, et font comme les vrais animaux. Ils reconnaissent la voix un peu comme les vrais animaux.

Mais la star c’est lui, le robot raptor, avec 5 moteurs et des capteurs sensoriels.


Crâne de T-Rex mis aux enchères : une vente décevante.

Et là-bas je me suis demandé : pourquoi suis-je autant attaché à l’objet ? Pourquoi mon bureau ressemble à un petit musée rempli de props, et pourquoi cette accumulation ?

Je pense que tout ça, ça a un rapport au temps.

Acquérir tous ces objets, c’est comme reconstituer un puzzle dont les pièces seraient des fragments du passé.

“Literally me” Anime Edition


C’est une vue apocalyptique.

C’est comme un cancer incurable. On le porte en soi. Tout le paysage est en train d’être détruit.

Là, en ce moment, on est devant un village qui s’appelait Borschemich. Il y avait mon meilleur ami quand j’étais à l’école qui vivait là. Ils ne détruisent pas seulement des maisons et des villages, ils détruisent aussi le passé de la vie des gens. Ils détruisent toute votre histoire.

Là où je me tiens, dans deux ou trois semaines, ce sera parti.

Il y a un contrat entre les autorités locales et l’entreprise. Ils doivent mettre des fleurs en plastique dans chaque maison vide, de manière à ce que les gens qui restent dans ces villages ne se sentent pas dans un endroit vide ou mort.

Ce sont des fleurs en plastique dans une maison vide et morte.


South32 paiera 100,000 dollars pour localiser l’homme avec un accent australien se faisant appeler M. Elder et son entreprise.

Notre entreprise de films South32 est harcelée avec des messages violents et menaçant notre vie de la part d’un homme avec un accent australien se faisant appeler M. Elder.

Il cible le cast et l’équipe du film South32 et par conséquent est peut-être associé à la mafia.

Scumbag+Dr+andrew+mackenzie+Rapist+ Scumbag+south32+graham+kerr+ceo+rapist

De nouveaux chiens pour de nouveaux combats.

Cartoon Incorporated

Ici le 911, quel est votre problème ?

Je viens de fuguer parce que nous avons des parents abusifs. Ils aiment nous jeter à travers la pièce. Ils arrachent nos cheveux. Mes deux petites soeurs sont enchaînées en ce moment.

Je suis désolée si je parle trop. Je n’ai jamais parlé à quelqu’un de l’extérieur donc, je n’ai jamais été seule avec une personne avant donc c’est très dur pour moi de parler.

Des animaux de compagnie morts sous des piles d’objets aléatoires.

Voilà ma maison, vue depuis la rue. Voilà ma voiture. C’est un deux chambres style ranch en briques, bien situé. Ma télévision écran plat, 32 pouces. Voilà mon ordinateur. Ma chambre, c’est propre. Je suis sûr qu’elles seront impressionnées. Mon canapé et mon fauteuil, assortis. Les femmes seront vraiment impressionnées.

C’est facile pour moi de cacher mes émotions pour un jour de plus. Faire un long trajet en voiture, écouter de la musique, rêvasser, ou faire des taches ordinaires dans ma maison, qui n’ont même pas besoin d’être faites, qui ne sont pas importantes. Et ainsi passe un jour de plus, et un jour de plus devient une année de plus.

Mon objectif est d’être vrai, d’apprendre à être ému, et d’être capable de me connecter émotionnellement avec les gens.


Je passe le plus clair de ma vie à devoir présenter des excuses pour des choses dont je ne suis pas responsable.

Je ne me suis pas senti aussi isolé depuis très longtemps.

Je ne sais plus vivre sans me faire du mal.

Wallace était très sécoué. Il était perturbé par tout ce numéro ; bien sûr, lui aussi avait soif de célébrité, de reconnaissance, surtout si elle pouvait lui épargner l’enseignement. Mais à quoi tout cela menait-il ? Au cirque dont il avait été témoin ? Et s’il renvoyait Nadell pour s’adresser à un puissant agent new-yorkais ? Cela lui garantirait-il la vie à laquelle il aspirait ? Naturellement, il voulait de plus gros à-valoir, de la célébrité, la crème des agents — mais pour cela, il fallait écrire ce qui plaisait et avait-il vraiment envie de ça ? Il ne savait même pas comment s’y prendre — ou peut-être, au contraire, ne le savait-il que trop bien. Lutter contre ces démons, cela voulait-il dire se condamner à une carrière de prof ? Son esprit tournait en boucle ; il en pleurait d’angoisse. Il parlait sans s’interrompre. Howard eut son premier aperçu des « dysfonctionnements obscurs » de Wallace, qui avait tant de mal à être « humain parmi les humains ». – D.T. Max, David Foster Wallace (trad. J. Alikavazovic).


Ils ont chacun une manette et regardent le même écran. La lumière vient de là. Toute l’ombre en plus sert de couverture. Il lui passe le paquet de frites froides. Le carton a mouillé dans la graisse. Il met les doigts dans sa bouche et l’autre regarde faire. Il lui tend un bout de la couverture pour s’essuyer. Il sort du menu et lance la cinématique. Tout est beau et vrai : les larmes, les paroles. Les vagues sur la plage. La texture du ciel. Ils regardent le même plafond avant de dormir. Il dit : personne ne me comprend. Moi je te comprends, dit l’autre. Il pense aux larmes et aux paroles en images de synthèse. Il dit : je rêve souvent d’une fille qui me sourit. Elle n’est pas au lycée. Son visage se tranforme en gros pixels couleur chair. Il laisse le chaos s’installer.

Sur le compte Instagram de Edouard Louis, une série de polaroïds pris par Edouard Louis avec des personnalités publiques dessus. Edouard Louis fait partie des personnalités publiques.

Le contexte permet de comprendre que les personnalités publiques ont la qualité d’amis.

Edouard Louis écrit : Picture 1 : me and Susanna Kaluza exhausted but happy after the last event at the symposium // Picture 2 : me dancing a tango with Ann Carson. // Picture 3 : Tash and Sofi Oksanen trying to reinvent the concept of posing // Picture 4 : Didier, Tash, and Alan Hollinghurst forming a perfect triangle // Picture 5 : Maaza Mengiste shining like a star, like always

Il ajoute le nom de ses amis pour conforter leur qualité de personnalité.

Tout est en même temps privé et public.

C’est le principe de la bourgeoisie.

C’est aussi un chapitre de Mastodon Farm.


Des lampadaires qui éclairent la rue d’un lotissement. Des haies vertes et des murets autour des jardins. Les allées goudronnées mènent vers des portes closes. L’eau de pluie coule dans les caniveaux et sur la fonte des plaques d’égoût. Tous les traits sous la lumière vont dans la même direction. Quand une voiture passe l’eau s’écarte et s’étend près des baskets d’une adolescente qui marche. Elle porte son sac sur une épaule. La capuche fait que les gouttes tombent aussitôt sur sa bouche. Elle pense : j’aimerais mourir. Les télés éclairent les salons des voisins. Il y a partout le même carrelage par terre. Un enfant joue avec deux figurines ennemies. L’une démembre l’autre. Les pièces sont en plastique mou. Le refuge se trouve à l’intérieur de la maison. C’est une pièce cachée où tout le monde chuchotte. Quelqu’un dit : ils vont nous entendre. Il pose son doigt sur sa bouche. La figurine a toujours les yeux grand ouvert. L’adolescente avance sur les graviers qui mènent au paradis. La porte s’ouvre dans un cube noir. Le premier pas dedans suffit à étouffer la voix.


Déception liée à internet : le streaming a remplacé le piratage.

Bonne nouvelle : Elon Musk ne peut exercer aucune influence sur mes Relevés.

C’était un ami. Maintenant c’est un ennemi et tu vas le tuer.

that’s a dream come true

Quelques années plus tard, Minik découvre qu’en fait la dépouille de son père a été conservée sans qu’il le sache, afin d’être exposée dans les galeries du musée, et sans se douter qu’entre-temps une dispute a éclaté entre le musée, l’hôpital et Peary pour conserver les restes. Finalement, un accord est trouvé. Peary aura le squelette, les autres les tissus mous. – Matthew Henson, Journal d’un explorateur noir au pôle Nord (trad. K. Boukir).


J’ai eu un accident en voiture hier soir. J’étais tout seul, j’ai tapé un poteau en bois dans un virage. Je ne sais pas pourquoi je n’ai pas mieux pris mon virage. Je fais de la kiné vestibulaire depuis plus d’un an parce que j’ai des problèmes (de plus en plus de problèmes) à me situer dans l’espace. C’est un accident qui aurait pu être évité si j’avais été plus attentif et moins malade. Je ressens une grosse fatigue nerveuse depuis plusieurs semaines. Le réservoir de lave-vitre a été troué par le choc. J’ai regardé le liquide couler dans la douve à côté pendant que j’appelais l’assurance. J’ai pensé : il y a quelque chose qui ne va pas, mais je n’ai pas réussi à trouver quoi.

Julien Clerc chante à la télé. Ma mère dit : il vieillit pas lui.

Et pourtant il vieillit.

Ainsi sans doute, par exemple, du mouvement très contemporain vers les jardins potagers dont la visée d’autosuffisance est manifeste… et suffit à dire son ambivalence : tourné vers la subsistance du petit collectif concerné, et de fait désintéressé du changement d’ensemble, soit l’autonomie-expérimentation tournant en autonomie-fuite, sans égard pour ce qui reste derrière. – Frédéric Lordon, Figures du communisme.


J’écoute Enjoy Phoenix parler de sa sexualité. Je n’apprends rien d’intéressant ni sur Enjoy Phoenix ni sur la sexualité.

J’ai regardé le bas de la page et j’ai vu 49 999 mots. C’est une quantité de dégâts honnête pour un boss de Final Fantasy X.

Je me bave souvent dessus quand je me brosse les dents.

Je ne peux pas penser à ce qui me fait vivre si je dois tout le temps penser à ce pour quoi on me paie.

Je me couche trop tard pour être en forme le lendemain.

Le roi et la Couronne n’étaient désormais plus une seule et même chose. – Ernst Kantorowicz, Les Deux Corps du roi (trad. J.-P. et N. Genet).


Ce que j’écris je ne l’oublie pas.

Idée de chapitres : LES ESPACES LIMINAIRES.

Ce n’est pas à moi d’écrire les livres que je ne peux pas écrire. C’est con à dire, mais parfois je l’oublie. À l’inverse, personne n’écrira les livres que je dois écrire. Ce qui les justifie, j’espère.

Rien ne me déprime plus que les personnes qui tentent d’exister en ligne : les posts de promo Facebook sans j’aime ; les tweets qui posent une question et n’ont aucune réponse ; les vidéos YouTube sans vue ; les streams sans viewer. Parce qu’elles agissent en regard de modèles similaires qui fonctionnent, mais leurs actes à elles n’ont pas d’effet.

Je suis triste pour ces personnes qui espèrent avoir une attention que personne ne leur donne.

Ce n’est même pas une communauté réduite, ou temporaire. C’est juste : pas de communauté.

C’est la solitude absolue parce qu’elle se souligne en permanence.

C’est pour cette raison que j’ai tout abandonné sauf les mails et mon site. Je préfère ne pas m’enfermer dans l’illusion d’interactions qui n’existent pas.

Je préfère imaginer que des gens me lisent, et m’aiment.

Il n’y a personne pour me prouver le contraire.

Arctic Monkeys - Perfect Sense (Official Audio)


Le Hueco Mundo.

J’ai adoré The Secret History mais que pour des raisons périphériques à l’intrigue. L’atmosphère, les environnements, les images. J’étais vraiment affecté par la résolution, la trajectoire des personnages et leur mélancolie, alors que je n’ai pourtant cru à aucun moment au drame qui les tourmente. J’ai l’impression que tout m’a été transmis par des détails auxquels personne ne fait jamais attention. Il y a des gestes et des regards qui marquent.

Le roi ne meurt jamais.

Il faut être fort mentalement pour tenir dans ce milieu.

Noms de personnages : Tournesol et Casanova.

C’est dans Max Payne II que les ennemis volent le plus haut.

I really enjoy just existing in hotels. The Long Identical Hallways. The Soulless Abstract art, the weird noises the air conditioner makes. Strange City Lights in The Window. Six Stories off the ground. Strangers chatting in the hall. Nothing in the dresser. No past, but an infinite present.

I lay flat on my back in the ambulance, feeling the summer night flash by warm and mysterious – kids on bikes, moths haunting the street lamps – and wondering if this was what it was like, if life sped up when you were about to die.


Avec le temps, on ne ressent plus le besoin de se valoriser à partir de trucs qui sont à l’extérieur de nous-mêmes.

J’ai lu Le fétiche et la plume : La littérature, nouveau produit du capitalisme. Il y a des trucs bien, mais dans l’ensemble c’est plutôt un mauvais livre. Comme tout livre qui tente une critique du système littéraire, il finit hors-sujet et détourne le regard. On ne comprend d’ailleurs que mal la progression du projet, qui saute du coq à l’âne sans lien de continuité. Et puis c’est très réac sur plein de sujets, souvent par pure méconnaissance (il y a des pages qui m’ont vraiment fait souffler). Le livre se déporte par exemple très vite vers le bouc-émissaire classique : internet. C’est à l’emporte-pièce, tout y passe.

En dehors de la surproduction et de la concentration éditoriale, aucun autre acteur de la chaîne n’est remis en question.

À mon sens, un des marqueurs les plus forts de l’emprise capitaliste est le brouillage permanent des instances de légimitation de la littérature. Par exemple, les librairies indépendantes, souvent érigées comme modèle d’intégrité littéraire, sont en réalité en phase d’homogénéisation totale (pour ne pas dire qu’elle est accomplie). Les mêmes livres des mêmes genres se retrouvent sur les mêmes tables, dans des lieux conçus avec la même architecture et le même mobilier, surchargés des mêmes offices récurrents. Il n’y a plus de libraires dans les librairies. Et les rares exceptions frappent à peine la porte franchie, tant elles divergent de ce à quoi nous nous sommes habitués.

Ou alors les éditeurs indépendants, absorbés à peine nés par les grands groupes éditoriaux, qui revendiquent une certaine exigence juste le temps nécessaire pour ne plus avoir à faire d’efforts.

Il y aurait aussi beaucoup à dire sur le rôle de la majorité des critiques et des universitaires, mêlés au même système médiatique, et aveugles à ce que les marges de l’époque créent. Ce qui permet par exemple à d’Ormesson d’intégrer La Pléiade, ou à des auteurs mineurs et déjà-vus (de la vraie merde à la pseudo-avant-garde) de servir de sujets d’étude.

Aucune remise en question approfondie du modèle n’est proposée (quid de la précarité des auteurs, de la surdiffusion des titres ?), pas plus que d’ouvertures sur les espaces alternatifs français ou étrangers : fanzines, sites internet, microéditions, cartoneros, succès stratosphérique de mangas indéniablement excellents, etc.

Il n’y a pas non plus d’ouverture au champ littéraire contemporain, et les mêmes noms légitimes reviennent comme des rengaines : Michon, Ndiaye, Echenoz, Rolin, etc. Michon qui a écrit la plupart de ses livres suite à des commandes (qu’elles décrient) et Ndiaye qui a quitté la politique d’auteur façon Minuit pour décrocher le Goncourt chez Gallimard. Ce qui prouve le manque de curiosité de celles-même qui se désespèrent de l’époque. Les plus décadentistes sont toujours les plus fainéants.

C’est un livre qui coûte 22,50 euros, et que j’aurais bien aimé pouvoir me faire rembourser.

I stared at the shadows on the ceiling.

I liked the idea of living in a city – any city, especially a strange one – liked the thought of traffic and crowds, of working in a bookstore, waiting tables in a coffee shop, who knew what kind of odd, solitary life I might slip into? Meals alone, walking the dogs in the evenings; and nobody knowing who I was.


C’est vrai que j’aurais du mal à me qualifier de sympa.

Des fois je me dis que j’aurais mieux réussi et que j’aurais été plus entouré si j’avais moins été moi et plus quelqu’un d’autre.

Des fois la solitude me pèse, et des fois non.

La plupart des gens avec qui j’ai été proche, j’ai fini par ne plus être proche d’eux. C’est triste à dire. Ce qui a existé n’existe plus. Je peux créer mais pas conserver. J’essaie d’être là, mais ne le suis jamais. Je garde l’image de l’enfant triste. On se rend compte trop tard que je n’avais pas de mauvaises intentions.

Des fois j’y pense, demain je n’y penserai plus.

Cessez d’être gentil soyez vrai.


Gauvain demande à Lancelot s’il rêve du Graal. Ouais des fois, dit Lancelot. Mais j’essaie de pas trop ressasser.

Gauvain pense à un truc qu’il dit à Lancelot : je me disais que l’objet du vieux sous la lave c’est comme son Graal. Ouais c’est vrai, dit Lancelot. Et comme il a dit qu’il le voyait en rêve, dit Gauvain, je me demandais si toi aussi tu rêvais du Graal.

Ah ouais je comprends, dit Lancelot.

Il demande : tu penses que ce vieux a le Graal ?

Non mais c’est le même principe, dit Gauvain.

Ouais, dit Lancelot. Je crois que je vois.

Tu pensais que le vieux avait le Graal ? demande Gauvain. Non pas forcément, dit Lancelot, mais c’est toi qui as parlé du Graal et de l’objet du vieux. Ouais mais c’est une comparaison, dit Gauvain. Ouais, dit Lancelot, je vois. Mais bon c’est sérieux ma quête du Graal.

Ouais je sais, dit Gauvain. Je sais bien que c’est sérieux. Comme la quête de ce vieux, c’est sérieux aussi.

Il dit : toutes les quêtes c’est sérieux.

Ils regardent toujours la stèle qui leur bloque le chemin.

On pourrait demander au vieux de creuser, dit Gauvain. Ouais, dit Lancelot. Gauvain dit à Lancelot d’attendre là le temps qu’il aille demander au vieux de les aider.

Lancelot reste tout seul devant la stèle.

Il pense au Graal enseveli sous la lave froide. Il l’imagine avoir perdu toute sa lumière et toute sa magie. Il pense que le vieux a l’avantage de savoir où chercher son objet, alors que lui ne sait pas où est le Graal.

Il aimerait bien que Dieu lui dise où creuser.

Gauvain revient sans le vieux.

Il dit : le vieux ne veut pas nous aider.

Il a raison, dit Lancelot. On peut pas être dignes du trésor de notre quête si on se donne pas à fond.

Il dit : moi je veux être digne.

Il prend son épée et commence à creuser dans la roche avec sa pointe.

Gauvain le regarde faire et voit l’image d’un vrai chevalier.


Je vous dévoile enfin ma copine en vidéo.

Tunic est sans aucun doute un des meilleurs jeux auxquels j’ai pu jouer dans ma vie. Il mobilise les mêmes principes que je tente de mobiliser dans mon travail. C’était tellement une joie de résoudre les énigmes et de comprendre ce qu’on voulait que je trouve. De comprendre ce qu’il y a derrière le monde dans lequel notre personnage évolue. C’est un jeu comme une maison.

The dorms were black and silent, and the big parking lot behind the tennis court was empty except for a few faculty cars and a lone green truck from Maintenance. – Donna Tartt, The Secret History.


Je vous fais un résumé vite fait de ma vie ces derniers jours. J’ai retrouvé un sac plastique Carrefour plein de LEGO que ma grand-mère gardait dans le grenier, et j’ai récupéré une malle verte pleine d’autres LEGO que ma mère gardait chez elle. J’ai passé des heures à quatre pattes sur le sol pour construire 8 modèles à partir des notices que j’avais gardées et d’autres que j’ai retrouvées en ligne, dont une fusée avec trois boutons qui déclenchent des bruitages différents. J’ai lu Le Hobbit et maintenant je lis The Secret History. J’ai lu plein de numéros de La hulotte pour mieux connaître et comprendre les animaux qui m’entourent. Je pense à acheter une Switch d’occasion. J’ai continué à écrire Casca, qui en est à 47 000 mots sur les 75 ou 80 000 que je projette. Je suis plutôt content de ce que je fais, et j’essaie de faire les choses bien pour ne pas me décevoir. J’avais réduit le rythme de sport à une séance par semaine parce que je me sentais fatigué, et j’ai repris à au moins trois séances depuis la semaine dernière parce que je me sens mieux. Je fais en sorte d’éviter tout ce qui implique l’actualité littéraire parce qu’il est évident que je n’en ai plus rien à foutre. Dans l’ensemble j’essaie de prendre soin de moi et de me faire plaisir dans la vie, parce que je sais qu’à la fin il ne restera que le plaisir que j’aurai pris à vivre.

Et moi, le maître aryen dans la vieille Egypte, je me suis construit mes deux tombeaux – l’un, le faux, une imposante pyramide dont l’existence peut être attestée par toute une génération d’esclaves ; l’autre humble, minable, secret, taillé dans le roc d’une vallée déserte par des esclaves qui sont morts immédiatement après avoir achevé leur travail…


Lake City Quiet Pills

Je suis tout seul chez moi. J’écoute Nada Surf.

La toge du Christ cache en fait une porte.

Chaque livre est un travail d’archéologue dans ma propre mémoire.

En ce moment, beaucoup de confusion entre style et exercice de style (rappel : ce n’est pas la même chose).


Tranquility Base Hotel and Casino est l’album que j’ai le plus écouté ces dernières années. Maintenant que je sais que The Car sort fin octobre, je ne pense plus qu’à ça.

Arctic Monkeys - There’d Better Be A Mirrorball (Official Video)

Quand je relis depuis le début tout ce que j’ai écrit de Casca, je me demande qui pourrait prévoir ce que je vais écrire. C’est ce que je préfère imaginer, qu’on ne puisse rien prévoir.

J’éprouve parfois plus de plaisir à trouver la résolution d’un problème qu’à l’écrire.

Moi dont les lèvres n’avaient jamais émis le mot « roi », moi dont l’oreille ne l’avait jamais entendu prononcer, je me souvenais d’avoir été jadis le fils d’un roi. – Jack London, Le Vagabond des étoiles (trad. P. Gruyer et L. Postif).


Tout le monde a la même tête.

Il n’y a pas de mauvaise façon de vivre.

Frank Ocean chante qu’on ne peut rien y faire si le ciel est rose et blanc, si le sol est jaune et noir.

J’en suis à l’avant-dernier tome de Blackwater, que j’ai finalement commencé cet été parce que c’était sans doute le truc à lire un été.

Comme je l’écrivais ici il y a quelques semaines, l’histoire est OK, à partir du tome 4 on se fait un peu chier, c’est une saga familiale (pas mon truc) autour d’une scierie, avec des femmes qui se transforment en bêtes aquatiques. Il n’y a aucune recherche stylistique, donc on avance sans s’en rendre compte, mais on n’en garde rien. Il n’y a pas non plus de mystères ni d’interstices où les théories peuvent s’infiltrer. C’est divertissant mais pas singulier (dans le sens où ça pourrait être singulier dans le divertissement, mais non).

Par contre, je pense que c’est un des meilleurs objets éditoriaux de ces dernières années. Chaque volume se lit à la vitesse de la lumière, c’est très bien rythmé et les livres accompagnent ce rythme : grosse typo, toujours 250 pages, papier souple et petit format qu’on peut trimballer partout. L’alliance entre la qualité des couvertures et la conception des cahiers fait toute la différence. C’est agréable à regarder et manipuler, et pratique à utiliser. Comme le prix de 8 € est abordable on a vite fait d’en acheter au moins 3, ce qui fait au bout du compte plus d’argent qu’un grand format.

Le même texte en un seul volume de 800 pages grand format ferait un bide.

À mon avis on n’a pas encore assez exploré tout ce que le format poche permet à la fiction. C’est le parent pauvre éditorial, redite de ce qui a été déjà publié en grand format un an plus tôt.

Alors qu’il pourrait devenir un truc en soi.


On a eu le projet d’acheter un petit appartement à la montagne, donc dans notre région, qui est dans une station de ski, donc qu’on peut louer etc. On en a repéré un qui nous plaisait énormément, à 50 mètres d’un télésiège donc vraiment trop bien, il était à 37 500, à ce moment-là on avait un petit peu moins que ça, on a proposé 31 500 au propriétaire, et on lui a dit qu’on payait cash.

On avait pas d’objectif particulier de bénéfice sur ce studio, c’était plus un endroit pour mettre notre argent en attendant, et juste le but c’était de ne pas perdre d’argent, donc de le louer en location courte durée suffisamment pour rentabiliser nos charges annuelles.

On le loue sur AirBnb.

Je ne souhaite pas donner le lien ici, je veux pas forcément mélanger YouTube et AirBnb.

On a commencé à le louer il y a 7 mois, et on a déjà réussi à rentabiliser toutes nos charges annuelles mais également à se faire du bénéfice dessus, donc c’est très cool.

Cet appartement c’est vraiment un énorme plaisir pour nous de l’avoir.

On pourra le revendre très facilement, et à mon avis bien plus cher que ce qu’on l’a acheté parce qu’on a vraiment acheté en-dessous du prix du marché.

Dans le coin, les prix ont déjà énormément remonté.

Ils étaient tous à 45 000, 50 000.

On en a vu aucun à 31 500.

Ça on est très contents.

C’est simplement un achat qui nous fait du bien, dans lequel on se sent bien, et c’est tout ce qu’on lui demande.

Donc voilà l’histoire de comment on est devenus propriétaires de 2 appartements.

Dans l’Évangile de Jean, Jésus n’a de présence que partagée entre les lieux historiques où il n’est plus et l’inconnaissable lieu, dit-il, « où je suis », de sorte que son « être-là » est le paradoxe d’« avoir été » ici autrefois, de « demeurer » inaccessible ailleurs et de « revenir » plus tard. Son corps est structuré par la dissémination, comme une écriture. Depuis, les croyants continuent de s’interroger — « Où es-tu ? » — et, de siècle en siècle, ils demandent à l’histoire qui passe : « Où l’as-tu mis ? »


Alors que j’en suis à plus de la moitié de Casca la couronnée, j’ai créé un document miami_=_paradis.pages et j’ai écrit les premières phrases dedans.

Les premières phrases du document ne sont pas forcément les premières phrases du livre.

Ces derniers jours je lis plein d’avis de gens qui disent que le roman GPS est vraiment génial. Je vais sur Google Books pour lire de longs passages (environ 40 pages, donc 20 % du bouquin), et je ne vois rien.

C’est trop bizarre la création, parce que c’est plein de regards sur la même chose, mais qui ne voient pas la même chose. Tout le monde te dit : mais si, regarde, et tu regardes, mais tu ne vois rien.

La question que je me pose est donc : qu’est-ce qui fait déclic dans leur cerveau qui ne fait pas déclic dans le mien ? Pourquoi soudain tout le monde tombe d’accord et moi non ?

C’est la même question pour mes livres : pourquoi font-ils déclic dans mon cerveau, mais dans celui de personne d’autre ?

C’est la même question pour tous les livres.

C’est un mystère.

Trop la flemme de tout.

En vérité, quel pouvoir plus grand Walter Map pouvait-il rêver de donner au roi que le pouvoir sur le temps ?


Un morceau du synopsis du dernier Transformers :

Il y a 1600 ans en Angleterre, le roi Arthur et ses chevaliers sont sur le point d’être défaits lors d’une bataille médiévale. Leur seul espoir réside en Merlin le magicien. Il s’aventure dans un vaisseau extraterrestre et demande de l’aide aux occupants. Il a gardé le secret de leur existence, mais maintenant il a besoin d’eux. Il parvient à convaincre un chevalier Transformers qui lui remet « le Bâton », un mystérieux artefact, lui permettant de contrôler un dragon de métal géant, Dragonstorm. La créature fond sur l’ennemi et Camelot gagne la bataille.

La sacralité du roi rayonne sur les lieux où s’incarnent sa puissance (le palais, la chambre) et sa mémoire (la nécropole : voir l’Escorial) comme sur les officiers qui le servent. – Jean-Claude Schmitt, Le corps, les rites, les rêves, le temps.

LE GRAND ROMAN DU RÉCHAUFFEMENT CLIMATIQUE.

Ce roman qui vient de paraître écrit façon ancien français me met très mal à l’aise.

Ainsi un son devient-il musical quand il cesse d’indiquer un sens (le grincement qui connote une porte) ou une action (le cri qui appelle au secours). Cette métamorphose est fréquente chez les mystiques : le critère du beau se substitue à celui du vrai. – Michel de Certeau, La fable mystique, I.


C’est marrant que l’émission Le Livre favori des français soit sponsorisé par la FNAC.

Laisser la porte ouverte alors que la clim fonctionne, c’est 20 % de consommation d’énergie en plus. Le nouveau geste à adopter, c’est de fermer la porte.

Ce pommeau d’une valeur de 80 € dispose d’une application mobile.

Un agriculteur pleure à la télé parce que personne ne veut reprendre son exploitation.

À chaque fois que j’entre dans une librairie, je me demande comment on peut me vendre autant de livres sans les avoir lus.

Je dois construire des choses pour lesquelles je n’ai pas le mode d’emploi.


Ma grand-mère me dit que c’est en Bretagne que le dernier loup a été tué.

Un yack qui est un ami et un moyen de transport.

Chacun adopte des petites habitudes pour faire des économies d’énergie. Chaque geste compte. Pour le lave-vaisselle, il vaut mieux utiliser le mode éco, ou régler son climatiseur sur 27° plutôt que 22°. Tous ces petits éco-gestes du quotidien permettent de diviser par 2 la consommation d’énergie.

Casca, tu dois prendre tes responsabilités. C’est toi que la couronne a choisie.

Un ours ouvre la portière d’une voiture.

RÉSIDENCES SECONDAIRES : tous les français en rêvent.


300 choeurs chantent avec les stars en duo.

Certains soirs je voudrais tout arrêter, et d’autres je vois que je fais bien. Est-on forcé de se haïr pour s’aimer ?

J’aimerai aller en Crète ou au Canada ( mais trop cher) seulement j’ai peur de m’ennuyer et de déprimer seule. En effet, voir des gens en couple ou en groupes rique de me rappeler ma solitude.

j’ai l’impression qu’il me manque quelque chose si je garde tout pour moi.

j espère que je trouverais sur ce forum quelqun ayant le même rêve que moi pour partatager ce grand moment

je suis MORTE DE TROUILLE de ce qui m’attend et que j’ignore aujourd’hui TOTALEMENT!!!!!!

je deprime je n ai personne autour de moi qui me reconforte je n ai pa d amis donc si quelqu’un pourrait me dire ce quiq m arrive ou si d autre son comme moi je vous en remercie par avance


Des petites gouttes de sueur coulent le long de sa machoire, sur ses joues et son front.

Moshi-moshi.

Le stock d’armement disponible dépasse de très loin la possibilité de déclencher l’apocalypse nucléaire, s’inquiète la petite taupe.

Le méchant principal de Demon Slayer a le même look que Michael Jackson (donc il fait pas peur).

À Matignon, un Geek Factory a ouvert en plein milieu de la bulle spéculative des cartes Pokémon. C’est un type de 23 ou 24 ans qui le tient. Je ne vois jamais personne dans la boutique quand je passe devant. Sur Facebook, il finit toutes ses phrases par des émojis ou des ^^.

Cet immense trou au Chili inquiète la population.

J’ai eu 31 ans la semaine dernière.


J’ai demandé au libraire s’il avait le tome 1 de Dan Da Dan alors que la traduction ne sort qu’en octobre.

L’inverse de rasé n’est pas poilu mais au naturel.

L’année dernière à la même époque, j’écrivais le chapitre 9 de Casca. Un an plus tard, je travaille sur le chapitre 39.

J’ai créé les Relevés il y a un peu plus de 10 ans. J’ai beaucoup changé.

J’ai téléchargé la première saison de Demon Slayer.

C’est vraiment bizarre, la littérature. On dirait qu’on parle tous de la même chose, mais on ne parle jamais de la même chose.


Quand je ne sais plus comment écrire, j’écris comme si je ne savais pas écrire.

Je me demande : à quel point faut-il jouer le jeu pour être vu ? Je me retrouve souvent dans le truc malgré moi : les prix, le réseau, les médias. J’y suis inclus de fait. Mais je n’y trouve que de la tristesse et du ressentiment.

Il y a quelques semaines, un type que je ne connaissais pas m’a croisé alors que j’arrivais au travail, et il m’a dit : c’est vous Quentin Leclerc ? Je voulais vous dire, j’ai lu Rivage au rapport, et c’est vraiment trop bien. Et le type est parti.

C’est véridique, c’est vraiment arrivé.

Comme si j’étais Red et qu’un dresseur venait vers moi pour me féliciter plutôt que pour m’affronter.

Je repense souvent à cette situation. Elle m’a marqué, et elle m’a donné beaucoup de courage. Je n’écris pas pour faire la compétition, pour aller dans les médias dans lesquels les autres ne vont pas, pour avoir les prix que les autres n’ont pas, pour obtenir les bourses que les autres n’ont pas.

On veut me faire croire que j’écris pour ça, mais je n’ai jamais écrit pour ça.

J’écris pour que quelqu’un que je ne connais pas me dise : c’était vraiment cool cette histoire.

Parce que cela n’exclut pas qu’il puisse le dire à quelqu’un d’autre pour un autre livre.

Avant d’être publié, je ne savais pas quels sentiments j’éprouverais après avoir été publié. Et il faut reconnaître que si l’écriture m’apporte beaucoup de joie (et notamment car je sais mieux écrire), la publication m’apporte beaucoup de souffrance, je dirais même toujours plus de souffrance, parce qu’elle m’intègre dans un environnement qui me met mal à l’aise.

Plus on a l’impression de pouvoir être l’élu, et plus il devient difficile d’accepter que ce sont les autres les élus.

Au bout d’un moment, on ne sait plus quel trésor on cherche.

On avance pendant des années en suivant une carte qui nous mène vers un amas de débris. On les range dans notre sac à dos et on imagine que c’est de l’or. On se convainc que c’est de l’or. On nous dit : regarde, c’est de l’or.

Mais ce sont des débris.

Et ce sont les autres qui gardent pour eux les tas d’or.

C’est parce qu’on accepte volontiers les débris que d’autres profitent aussi bien de leur or.

Il faut du courage pour oublier l’image que notre tas d’or est un tas de débris. Pour abandonner cette quête perdue d’avance et dire : je vais trouver un vrai trésor, qui est le mien.

Dire : je ne veux plus des débris, mais je ne veux pas d’or non plus.

En ce moment, je fais demi-tour vers mon point de départ, chaque jour j’abandonne un peu de ces débris que j’ai pris pour de l’or (la reconnaissance, l’argent, la popularité, les réseaux, les opportunités), et je me dirige vers le vrai trésor : des amis.

C’est ainsi que le frère précité vit une poule ouvrant légèrement ses ailes, comme cet oiseau a coutume d’ouvrir ses ailes sur ses poussins, et il lui fut dit en esprit : « C’est le Christ. »


Le monde est une histoire qu’on se raconte.

Celui qui raconte le mieux domine.

Tout le cycle Miami = Paradis repose sur cette idée.

Loyle Carner – Hate

C’est marrant, en 2017, j’ai publié un livre qui s’appelle La ville fond. Et tout à l’heure, j’ai vu l’image d’un quotidien anglais qui titrait Britain is melting.

J’ai aussi vu une vidéo qui parle des escargots géants qui envahissent la Floride. À la fin de Stone Ocean, Weather Report utilise un pouvoir de son stand qui transforme tout et tout le monde en escargots. Stone Ocean se passe en Floride.

Voilà, voyez ! Je passe ma manche sur ma poitrine ; cela produit un son pendant que je le fais, et eux parlent par ce son. Si je me frotte, ils parlent par le son de ce frottement. Si une pierre tombe, cela fait un son ; les démons parlent par ce son et enfin tout ce qui est un son, c’est leur voix.


Tous les youtubeurs investissent dans l’immobilier à Tulum.

Parfois je vois plein de photos de glaces qui s’effondrent et je me dis : mais pourquoi est-ce que ça change pas ? Pourquoi est-ce que ça a toujours pas changé ?

Pour se faire entendre, les voix des démons se coulent dans celles des hommes, des animaux et des éléments comme le tonnerre.

C’est vraiment très dur d’écrire au premier degré et de ne pas faire le petit malin littéraire. Moi je sais que faire le malin.

Donc voilà à 20 000 likes sous cette vidéo je testerai une autre torture, n’hésitez pas à bombarder.

Il y a un absent de taille dans cette liste : le chien, que de nombreux récits contemporains, chez Césaire de Heisterbach par exemple, présentent aussi comme un animal diabolique. Mais pour Richalm, qui se souvient du rêve prémonitoire de la mère de saint Bernard et qui dit de lui-même qu’il est un « chien » voué à répandre la parole du Seigneur, cet animal est positif.


On peut me dire que le monde avance mais ma tête est toujours peuplée des mêmes images.

La communauté que je veux créer par mes livres, et celle que je veux créer par ma vie. Je suis aussi mal parti pour l’une que pour l’autre.

Quand j’étais enfant, ma grand-mère disait que j’étais sauvage parce que je préférais jouer à la Game Boy Advance dans la voiture que de descendre avec elle voir ses amis.

Est sauvage qui préfère jouer à la Game Boy Advance.


L’autre jour j’ai reçu un catalogue LEGO par la poste et je l’ai lu du début à la fin.

Avril Lavigne - Complicated (BBC Top of the Pops 2002)

Des fois j’aimerais me refaire un bon blog à l’ancienne avec un menu à gauche, une blogroll, un code couleur bizarre et une section commentaires. Peut-être pendant les vacances, si j’ai le temps.

Cette semaine je me sens vraiment fatigué. Quand je suis fatigué j’ai plein de mauvais sentiments qui refont surface et je me sens nul. J’aimerais faire plein de choses que je ne fais pas et je culpabilise. J’aimerais avoir un rythme de vie plus sain pour me préserver.

J’ai regardé une vidéo de l’ancien premier ministre japonais qui s’est fait tirer dessus mais on ne voit pas le moment où la balle le touche. Dès qu’il y a la détonation, la caméra arrête de le filmer pour filmer le sol. Après on voit des policiers qui se jettent sur le meurtrier. Tout à la fin, il y a un zoom sur l’arme artisanale qui a été utilisée. On dirait un jouet fabriqué avec des tubes en carton et du papier alu.

Le professeur Bon Oeil fait manger à quatre dinosaures des céréales qui les rendent pacifiques et intelligents.

Dans les 5 premiers joueurs de tennis au classement ATP 2022, 4 vivent à Monte-Carlo.

Alors qu’un auteur moderne revendique l’indépendance et l’originalité de sa pensée, qui justifient à ses yeux son acte personnel d’écriture, l’« auteur » médiéval n’existe que dans la mesure où les textes sacrés ou vénérables qu’il cite l’autorisent à écrire. Son originalité, s’il en a une, ne consiste pas à inventer un contenu entièrement nouveau (du reste le mot novitas a longtemps suscité la méfiance), mais à faire avancer la pensée en agençant autrement et en recomposant à nouveaux frais un savoir antérieur et une langue partagée. – Jean-Claude Schmitt, Le cloître des ombres.


La douche et la robinetterie, tout est incroyable.

Dans le monde tibétain, il est habituel que des jeunes filles tombent en léthargie, voyagent dans l’au-delà, visitent les enfers et les terres pures, y reçoivent une instruction religieuse, puis reviennent enseigner la bonne doctrine. – Thomas de Cantimpré et Sylvain Piron, Christine l’Admirable.

Nom de personnage : Volpiano.

Ceci est une banane verte. Alors oui, elle est jaune à l’intérieur, mais pourtant, c’est l’une des bananes les plus vertes jamais utilisées. Pourquoi ? Car elle est labellisée Rainforest Alliance et parce qu’après avoir récupéré son fruit, nous transformons les peaux en compost ou en nourriture animale. Pour résumer, c’est la plus verte de nos bananes jaunes.

Il surgira de faux Christs et de faux prophètes qui opéreront des signes et des prodiges. – (Mat. 24)

Et un nouveau monde advint.

Le soleil prit la couleur du saphir, et il portait à sa partie supérieure l’image de la lune à son premier quartier. Les hommes, en se regardant entre eux, se voyaient pâles comme des morts. Les choses semblaient toutes baigner dans une vapeur couleur de safran. – Georges Duby, L’An Mil.


Je rentrais chez moi pour regarder Oggy et les cafards, je faisais mes devoirs, je jouais avec mes figurines, c’étaient les plus beaux jours de ma vie.

J’écris comme l’enfant que j’étais. C’est la seule chose dont je suis fier.

Est-ce que la création est une compétition ? Oui.

Création = compétition

Qu’est-ce que je peux faire de plus ?


J’écoutais mes chansons préférées sur un iPod Nano et j’utilisais Avast pour me protéger.

Je ne savais pas qu’on pouvait écrire.

En vrai j’ai peur d’être un nobody toute ma vie. Quand je fais des interviews personne n’en a rien à foutre. Personne ne me trouve inspirant. Les trucs que je dis tout le monde pourrait les dire. Pire : personne ne voudrait les dire.

Je regarde des reportages sur l’équipe OG aux TI 2018 et 2019 pour me rappeler qu’on peut toujours gagner après avoir perdu. Il suffit de travailler, et de faire les bons choix.


Un trou mystérieux est apparu à la fin d’Autriche – Danemark.

Faut être un sacré con pour me dire relax.

Quand on nous vend de forts partis-pris stylistiques et des voix fortes et affirmées, on s’attend à de forts partis-pris stylistiques et à des voix fortes et affirmées, mais en fait quand on lit le livre on n’a rien du tout. Mais c’est pas grave, on est habitué.

Vous pouvez acheter 22-26 de Fujimoto à la place.


Je sors le soir quand tout le monde est couché et qu’il fait trop nuit pour qu’on me reconnaisse.

En ce moment je lis Lunar Park. À la page 105, le traducteur a traduit Pokémon Stadium par un stade Pokémon et j’ai trouvé ça drôle. (Par contre : que ça n’ait toujours pas été corrigé depuis 2005 m’inquiète.)

j’ai quitté ma maison avec un sac à dos qui contenait toute ma vie j’étais jeune et je portais déjà une casquette je voulais rencontrer des gens que je ne connaissais pas mais dont j’avais vu le visage sur mon ordinateur certains me voulaient du mal et racontaient sur moi des histoires que je ne veux pas raconter les villes étaient beaucoup plus grandes que j’imaginais les couloirs souterrains les immeubles les magasins les parcs je volais les pièces en or directement dans les fontaines je ne savais pas ce que l’avenir me réservait mais j’avais le coeur pur et le courage de marcher


Je ne suis pas sûr que mes livres sont faits pour être lus à voix haute.

La littérature s’est enfermée dans une idée de la littérature dont elle ne parvient plus à s’échapper.

À peine arrivée dans la maison, elle l’a annoncé : cette maison est hantée par le fantôme d’un chien, et cela a été révélé au moyen d’une planchette. – Grégory Delaplace, Les intelligences particulières : Enquête sur les maisons hantées.

Si je ne vois pas ce que j’écris, je ne l’écris pas.

Ce dont ces détectives et policiers ont la charge, autrement dit, ce n’est pas seulement, ou pas vraiment, le respect de la loi, c’est plus largement la stabilité et la pérennité d’un ordre supérieur dont dépend la stabilité même de la réalité. – ibid.

Donc, je n’écris pas.

Hans, ce cheval dont les capacités supposées de calcul avaient, dans les premières années du XXe siècle, fait envisager à certains savants allemands la possibilité de transmission télépathique entre humains et chevaux – ibid.


Bill Gates est un vieux type plutôt chiant, et pourtant il a inventé Windows 98.

Quand il fut remonté dans son cabinet, il contempla le fauteuil où elle s’était assise et tous les objets qu’elle avait touchés. Quelque chose d’elle circulait autour de lui. La caresse de sa présence durait encore.

Je m’étais pas rendu compte de tous les emprunts impensés à Flaubert que je faisais depuis que je me suis mis à écrire Rivage, genre :

Ce n’était pas sans but que Jacques Arnoux avait choisi le voisinage de Creil ; en plaçant sa manufacture le plus près possible de l’autre (accréditée depuis longtemps), il provoquait dans le public une confusion favorable à ses intérêts.

Des passages romantiques un peu kitsch :

— « Je n’ai rêvé que de vous », dit-il. Elle le regarda d’un air calme. — « Les rêves ne se réalisent pas toujours. »

Enfin bref je sais qu’à part moi personne ne s’en rend compte donc peu importe.

Un nom de personnage : Saponé.


Mista sort de Miami et roule vers le désert.

Dans le salon de la villa qu’il vient de quitter, une femme avec un hoodie gris pleure. Elle laisse une note vocale sur son iPhone pour se souvenir plus tard des raisons de sa peine.

Elle dit : l’ange qui me protégeait est mort. Le désert d’Atacama s’est transformé en océan. Mars a récupéré le sable qui lui appartenait.

Mista sort de la route et s’engage dans un chemin de terre.

Il n’entend pas le moteur de sa voiture parce qu’il a mis le volume de son autoradio au maximum.

Tout ce qu’on lui a promis a disparu. Les prophètes ont oublié le visage du Christ. Un tueur a enterré 99 999 cadavres dans son jardin pour construire un monde idéal. Les gens lèvent les mains au ciel en espérant qu’un trou noir les aspire.

Mista hurle.

Plus aucun amour n’est possible.

À Myriad Pro, un homme pleure parce qu’il a oublié tous les souvenirs de son adolescence. Il dit : c’est ce que j’avais de plus précieux.

Mista se gare au pied d’un mont rocheux. Il met toute la journée pour le gravir. Quand il arrive au sommet, le soleil s’est déjà couché. Il regarde les couleurs dans le ciel.

Il prend un bout de bois et trace dans le sable les lettres de la seule prière dont il se souvient. Il la prononce une dernière fois. Chaque mot vaut parole divine.

Rien ne change.

Les couleurs finissent par ne plus exister.

Derrière Mista il y a encore les lumières de la ville. Il pense : je trouverai une solution.

La femme dans la villa se scarifie les poignets et se laisse mourir sur le carrelage. Tout son sang l’enrobe dans un cercueil invisible. Son iPhone est encore ouvert sur l’appli Notes.

Elle a écrit : je suis seule pour toujours. J’étais une enfant triste. Je n’ai pas trouvé où aller. Je ne suis pas déçue. Je laisse mon corps à la ville.

La douleur est un mensonge.

Ceux qui meurent sont ceux qui vivent.

Une maison ne vaudra jamais son prix.

MIAMI = PARADIS


Les gens oublient souvent que l’écriture permet de rendre vrai ce qui est faux. C’est pour ça que l’écriture du réel c’est aussi chiant : il n’y a pas de magie à faire.

Harry Styles - Daylight (Audio)

Des fois je dis des trucs j’ai aucune idée de ce que je dis.

Après mon sport, je passe un peu de temps avec Dieu. J’utilise l’appli Bible.

Regarder les gens vivre normalement me donne envie de vivre normalement. J’ai souvent l’impression de vivre mal, au contraire des gens qui vivraient bien.


La porte vers les Enfers se trouve sur Mars.

Elle est restée cachée pendant des milliers d’années, jusqu’à ce qu’un robot la prenne en photo. Voici la photo :

Dans Rivage au rapport, j’ai écrit Mars est un miroir déformé du Paradis et une citadelle transparente sort du désert. Je l’ai écrit parce que je connaissais déjà l’existence de cette porte, qui est l’ancienne entrée de la citadelle.

C’est un vestige.

Et c’est l’écriture qui m’a permis de connaître l’existence de cette citadelle avant que le robot ne prenne en photo son entrée.

Dans Casca la couronnée, vous pourrez lire d’autres découvertes que j’ai faites avant que la preuve de leur existence ne soit révélée au grand public.

Vous n’êtes pas obligé de me croire, mais tout est vrai.


J’écris des histoires que je décompose comme des principes logiques. C’est une manière de ranger ce que je raconte.

Pour Rivage, je me suis rendu compte au bout de 35 000 mots que le livre auquel j’avais abouti n’était pas celui que je voulais faire. Je l’ai donc repris à zéro.

Pour Casca, j’ai fait la même chose. J’ai mis dans un document chutes tout ce que je ne veux pas conserver dans la version actuelle, et j’ai presque la même quantité de mots inutile.

Moi c’est BLUE. J’ai été un MAITRE pendant un temps. Enfin, pendant quelques minutes. Juste avant que RED me batte… Je le hais ce type…

Excuse-moi !

Laisse-moi deviner… Vu les vêtements que tu portes… Tu serais pas un DRESSEUR POKéMON par hasard ?

Dans certaines tenues, Rosalía ressemble à un personnage de JoJo.

Je plane au-dessus de toutes vos misères sans nombre, participant de la nature des anges ; car vous l’avez dit, ma place n’est pas dans votre étroite sphère. À vous la terre ; à moi l’espace sans bornes. Enchaînés ici-bas par les mille liens de vos sens grossiers, matériels, vos esprits ne plongent pas dans cet Océan limpide de l’infini, où s’abreuve mon âme égarée pour un jour sur vos plages arides. – Herculine Barbin dit Alexina B.


But i want you to want me too

je passe tout mon temps sur TFT

je comprends mieux la logique de Draven carry que celle du monde littéraire

j’arrive à top 1 avec Cho’Gath double titan mais pas avec mon meilleur livre

à chaque nouveau patch chaque perso a sa chance

suffit de pas stuck sur une compo et de faire avec ce que le jeu te donne

même avec une compo full enchanteurs on peut s’en sortir

The Flower Called Nowhere


Ce qui fait la valeur de ce que tu dis c’est l’intérêt que les gens y portent. Ce qui fait la valeur de ce que tu fais aussi.

Même quand j’ai plus rien à faire sur l’ordi, je reste sur l’ordi.

Dans La Marche de Gaule, il y a cette phrase en ancien français :

La nuit le porta aventure a une maison de moines…

Elle a été traduite :

Cette nuit-là, il arriva par hasard à une maison de moines…

Je ne suis pas traducteur de l’ancien français, mais la phrase originale m’a fait penser à la première phrase de Rivage :

La route 71 mène Rivage directement vers sa nouvelle affaire.

Ce que je veux dire, c’est que dans le texte original, ce n’est pas le hasard qui mène Gauvain, mais la nuit. Comme la route mène Rivage. Les éléments dirigent les personnages.

Donc je me suis dit qu’une traduction possible aurait pu être :

La nuit l’embarque vers une maison de moines…

C’est une idée. Je préfère embarque à mène ou guide parce que la nuit est sournoise, et le chemin qu’elle trace beaucoup plus tourmenté. L’inconnu y est beaucoup plus fort que sur une route.

Voilà, j’ai fini de faire mon littéraire pour cette semaine.

Tout ce que j’ai à dire, c’est de vous déclarer que cette lanterne est la lune, moi l’homme dans la lune, ce fagot d’épines mon fagot d’épines et ce chien mon chien. – William Shakespeare, Le songe d’une nuit d’été (trad. P. Collin).


Je vis à Camp Cove dans une maison d’architecte.

Je cherche une façon d’être heureux dans ce que je fais.

Pas mal l’idée de Toussaint Louverture de publier tous les 15 jours le nouveau tome d’un feuilleton romanesque. Les livres ont une belle tronche et coûtent 8,50 € donc ça le fait. Dommage que ce soit encore une réédition d’un feuilleton de 1983 plutôt qu’un texte contemporain, mais bon le kiff maintenant c’est de pas se faire chier en publiant du patrimonial oublié.

Et puis c’est écrit pour les littéraires.

Mais un truc équivalent (joli, pas cher) avec des textes cool, j’aimerais voir.

Je crois qu’ils avaient tenté un truc du genre chez Zoé, mais les textes étaient tellement zzzzzzzzz que personne n’en a rien eu à foutre.

Dans l’ensemble comme d’habitude le problème c’est moins la forme que le fond.


Un restaurant à l’ambiance feutrée.

J’ai trouvé dans un article de 2015 sur le texte brut tous les principes qui guident mon écriture depuis Rivage.

The two most important ways to make your text easy to read are a short line-length and the copious use of paragraphs. Viewing a single large block of run-away text with no line breaks immediately puts stress on the reader, as absorbing the information provided therein requires a high degree of concentration and eye movement.

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Breaking up your text into smaller paragraphs similarly helps the reader relax and facilitates reading comprehension, speed, and ease. Write the text as you would read it out aloud, with paragraphs allowing the reader to catch their breath for a second.

My Static Blog Publishing Setup and an Apology to RSS Subscribers

Quand j’avais 10 ans et que j’entendais le refrain de Serve The Servants à la radio, j’avais peur.

La poésie de Louise Glück me plaît.

We look at the world once, in childhood. The rest is memory. – Louise Glück, Meadowlands.


D’un coup, j’ai été en colère. Je n’avais pas ressenti cette forme de colère depuis longtemps. C’est comme quand vous avez 10 ans, que les autres se moquent de vous et que vous serrez les poings pour ne pas pleurer. Vous leur tournez le dos et vous partez à pied. Vous marchez longtemps. Cette fois, c’était le soir. Il n’y avait aucune raison que la colère arrive, mais elle a été là. Je comprenais pourquoi j’étais en colère, mais je ne voulais pas être en colère. Je voulais être plus fort que les causes de la colère et que la colère elle-même. J’ai pensé que je le méritais, comme je pensais le mériter enfant, et je le pense toujours. Je marchais et je pensais : toute la colère en toi finira par te tuer. Même si des fois tu l’oublies, elle est plus forte que toi. Les remparts que tu lui opposes sont construits avec les mêmes matériaux. Tout ce que tu mets contre te mets dedans. Je me pinçais les yeux parce que je ne voulais pas pleurer. Je serrais les dents parce que je ne voulais pas hurler. J’étais triste. J’ai peur. Je pense à autre chose, je fais autre chose. Je crois que ça a disparu.

Mais c’est toujours là.

Ce n’est pas un état, c’est moi.


Pas d’engouement, pas de partage, pas d’échos, pas de soutien.

Autoportrait au serial-killer.

ALL THIS I DO FOR GLORY

Casca avance. J’ai un tiers presque bouclé. J’ai l’impression d’avoir un tiers depuis décembre, mais je fais tellement d’aller-retour dans la logique du texte que même la plus petite modification doit être intégrée avec un soin infini. Donc les choses avancent sans vraiment avancer.

À la fin l’idée c’est de faire quelque chose de bien.

Réfléchis un peu à ce que peuvent valoir écu, haubert, épée, lance ou cheval puissant sans un coeur d’homme : certes, cela n’a aucune valeur. – La Marche de Gaule.


Il a frappé à la porte en début de soirée. Mon mari était sorti avec des amis, et je n’attendais personne. J’ai hésité à ouvrir, parce que les voisins parlaient déjà d’un homme qui traînait dans le lotissement. J’ai ouvert quand même pour ne pas me laisser avoir par la peur. Il ressemblait à ce que j’avais déjà entendu. Il m’a demandé si j’avais des pinces pour l’aider à recharger la batterie de sa voiture. J’ai regardé par-dessus son épaule et je n’ai pas vu de voiture. Il m’a dit qu’il était garé un peu plus loin, près de la chapelle. Notre voiture était rangée dans le garage, mais je lui ai dit que mon mari était parti avec. J’ai eu l’impression qu’il savait que je mentais. Il ne bougeait pas, comme s’il s’attendait à ce que je lui propose autre chose. Je lui ai montré une autre maison en face, où je sais que celui qui y vit travaille dans un garage. J’ai remarqué qu’il sentait fort la transpiration. Il m’a dit merci et il a fait demi-tour. J’ai fermé la porte et je suis montée à l’étage pour l’espionner. Il n’est pas allé chez le voisin. Il est reparti vers la chapelle.


Ils faisaient trop de bruit alors je suis sorti pour leur dire de baisser leur musique. Quand je suis arrivé, le groupe avait disparu. Ils avaient laissé leurs affaires sur place, comme s’ils étaient partis en courant. J’allais rentrer chez moi, mais j’ai cru voir un homme caché derrière un arbre. J’ai demandé s’il y avait quelqu’un, mais il n’a pas répondu. Je me suis approché, et il est sorti de sa cachette. Il m’a dit bonsoir comme si tout était normal. Je crois qu’il était un peu plus de trois heures du matin. Je lui ai demandé s’il savait pourquoi les jeunes étaient partis en laissant leurs affaires, et il m’a dit qu’il n’avait vu personne. Je ne suis pas du genre à me laisser impressionner, mais j’ai commencé à avoir peur. Il ne bougeait pas, et je ne voyais pas son visage parce qu’il portait une casquette. Je lui ai demandé ce qu’il faisait là, et il m’a dit qu’il venait voir la lune. J’ai regardé le ciel. On ne voyait rien.


Il ne sortait jamais les mains de ses poches. Même quand il parlait avec vous, il restait droit, comme ça. Il n’enlevait jamais sa casquette non plus. Je ne pourrais pas vous dire la couleur de ses yeux. Sa voix était normale, peut-être un peu plus grave que la moyenne. Il était froid, mais sympathique. Comme s’il ne voulait pas faire partie de la vie des gens. C’était de la politesse. Personne ne sait où il habitait. Je ne crois pas que la voiture qui se garait à côté de la chapelle soit la sienne. Je crois que la sienne était plus petite, une voiture d’étudiant. Et puis il se promenait toujours l’après-midi, jamais le soir. Il nous a parlé plusieurs fois. Il voulait savoir combien les maisons coûtaient. Il avait le projet de venir s’installer par ici. C’est vrai que c’est un lotissement agréable. Il a beaucoup pris en valeur depuis qu’on s’y est installé. Je pense que c’était quelqu’un de normal.


Les voisins un peu plus haut m’ont dit qu’ils avaient surpris quelqu’un dans leur jardin. Il leur a dit qu’il marchait dans le sentier derrière et qu’il s’était trompé de route. Ils l’ont cru. Je ne sais pas si je l’aurais cru. Dans ces cas-là, on ne peut pas dire comment on aurait réagi. Les voisins m’ont dit que la seule chose qui avait attiré leur attention était ses mains. Elles étaient pleines de terre, comme s’il avait gratté le sol. Ses chaussures aussi étaient sales. C’est vrai qu’il y a beaucoup de gens à se promener derrière le lotissement. Ce n’est pas un très bel endroit, mais c’est calme. Certains soirs des groupes de jeunes se rassemblent et font du bruit. Depuis que la petite est morte, plus personne ne vient. Tout le monde reste chez soi. Les gens ont peur.


Il sourit, il fait nuit, la rue est vide, les enfants ont peur, il aime cette peur. – Tony Duvert, District.


Je l’ai juste croisé. J’étais pressée, je n’ai pas fait attention. Il ne m’a pas dit bonjour, donc je n’ai pas levé la tête. Je me souviens juste de l’odeur. Ce n’était pas un parfum artificiel. C’était une odeur très forte, comme de la transpiration. Comme quelqu’un qui aurait fait du sport.

C’est tout ce dont je me souviens.


Il était presque deux heures du matin. Je ne rentre pas aussi tard d’habitude, mais j’avais un dossier urgent à finir au bureau.

À l’entrée du lotissement, la route s’élargit, comme si c’était une place vide. Et sur le bord de la route, il y a une étendue d’herbe avec une chapelle qui n’ouvre que pendant l’été.

J’ai remarqué qu’une voiture était garée le long de la chapelle. Je n’ai pas vu la marque. Il n’y a pas de lampadaires à cet endroit. Toutes les maisons à côté étaient éteintes, on était en début de semaine, je me souviens avoir trouvé ça inhabituel. En plus, il y a beaucoup de places dans les rues, il n’y a pas besoin de se garer aussi loin des maisons.

Après avoir fermé mon garage, j’ai regardé vers la chapelle. La voiture était toujours là.


J’ai vu un homme qui marchait dans la rue. Je me souviens de l’avoir remarqué parce que c’est une rue où les gens passent surtout en voiture. Il portait un manteau vert, un jean et une casquette. Je n’ai pas vu son visage à cause de l’ombre de la visière. Il marchait normalement, comme quelqu’un qui se promène.

Je suis sortie dans le jardin pour étendre du linge, et j’ai vu qu’il discutait avec le voisin qui vit deux maisons plus loin. Il n’avait pas l’air agité. J’ai entendu qu’on sonnait à la porte d’entrée et j’ai quitté le jardin. Quand je suis revenue, il n’était plus là.


Le 23 janvier 2009, le corps de Dylan T., une adolescente de 11 ans, est retrouvé sans vie dans un pavillon résidentiel de ???, une station balnéaire.

Le pavillon était inoccupé pour l’hiver. C’est une voisine, Madame N., alors âgée de 55 ans, qui a alerté les propriétaires après avoir vu de la lumière sur leur terrasse la nuit du 22 janvier.

Le corps a été découvert par les propriétaires, qui ont aussitôt prévenu la police.

Dylan T. était portée disparue depuis le 15 janvier 2009. Ce jour-là, elle devait rentrer à pied du collège, mais n’est jamais arrivée chez elle. Plusieurs camarades l’ont vu prendre le chemin habituel jusqu’à la maison familiale. D’après leurs témoignages, elle avait l’air dans le même état d’esprit que les jours précédents.


Parmi les 6 outils fétiches de Sosuke Toka, son ordinateur de bureau avec un boîtier Antec, processeur i5-7400, 16Go de RAM et Windows 64 bits.

J’imagine Rivage écouter Life on Mars sur son iPod, quelque part entre Jupiter et Uranus. Il regarde la Terre au loin. Il pense au passé.

Dans une interview, Antoine Wauters dit que les mots Google et smartphone salissent les pages d’un roman. OK.

When I was still a teenager myself and trying to be a writer, it was clear that the things my friends and I did, thought, believed, and made were being automatically undervalued and negated by our parents and most of the other adults we had to deal with. I didn’t understand that at the time. […] When I got older, I started to realize that a lot of adults are threatened by things that challenge the organization of the lives they’ve settled on, and that they don’t want to be reminded of the days when they were more ambitious and wild and wanted greater from their lives. – Dennis Cooper in conversation with Ryan Mangione


Nous n’avions pas peur de la mort, mais nous avions peur de la réalité.

J’ai fini Motor Spirit ce matin. C’est un très bon livre de non-fiction, qui ne fait pas semblant d’être littéraire (ce que je déteste). Je pense que c’est un livre bien pour qui ne connaît rien au Zodiac à part le Zodiac de Fincher, comme moi. Il y a une vibe qui est la vibe que je recherche en littérature et que je ne trouve nulle part. Une sorte de mystère malsain. Pas que dans les meurtres, mais dans le délire. J’ai hâte de lire la suite, How to Find Zodiac.

Et encore une preuve que l’objet-livre n’a aucune importance si le contenu est bon.

D’ailleurs dans le podcast avec Ellis où il parle de ses bouquins, Kobek regrette un certain type de livres des années 70, des genres de livres de poche grand public. Je pense qu’il y a une forme de bouquin à trouver, à genre 5 euros, avec un papier bof, taille poche (ou format manga), avec des histoires cool. C’est un peu contre-intuitif dans l’ambiance actuelle, mais je pense que c’est une bonne idée quand même. Quelqu’un devrait le faire.

Graysmith’s book is like any other. Ninety-five percent of the people who buy the object will not read the text. But books are funny things. They don’t need to be read. Hold them in your hand and you absorb the concept. – Jarett Kobek, Motor Spirit.


Quand j’ai ouvert la porte de la cuisine, j’ai vu qu’un homme se cachait. Il s’est adressé à moi avec un accent américain. Il était habillé en noir et portait des gants.

Il était habillé avec un manteau noir, avec des gants. Il ne voulait pas être vu. Il ne se comportait pas d’une manière normale.

Ma chambre se trouve au 4ème étage, en face de la cuisine commune. La porte était fermée, alors qu’elle est toujours ouverte. Les lumières étaient éteintes. J’ai pris une casserole pour chauffer du lait. Dans la cuisine, les fenêtres étaient ouvertes, il faisait froid.

Je me retourne et suis surprise par un garçon assis par terre, recroquevillé, la tête sur les genoux.

J’ai acheté Motor Spirit, de Jarett Kobek. Le livre est horrible. J’ai remarqué que beaucoup d’éditeurs américains indépendants utilisent le Print On Demand d’Amazon, avec sa maquette à la con, ses couvertures basse-def et son papier blanc. Je ne sais pas quoi en penser. Mais ce n’est pas agréable.


Batman dit : salut Alfred.

Salut Batman, dit Alfred. Tu vas bien ? Ouais ça va, dit Batman. J’ai roulé un peu dans Gotham, ça fait du bien. Ouais ça change les idées, dit Alfred, surtout dans la Batmobile, elle est vraiment adaptée pour se mettre dans le mood.

C’est vraiment une voiture de fou, dit Batman.

Le classicisme du neuf.


Batman roule dans Gotham City. Il pense à la noirceur de la ville et à la pègre qui contrôle tout. Il pleut des trombes et la lumière jaune des lampadaires crée des beaux reflets dans le sol.

Batman pense à cette femme que la police de Gotham a retrouvée morte au port, enfermée dans le coffre d’une voiture.

Il pense : je me bats contre un ennemi qui n’existe pas.

Il arrive à l’Iceberg Lounge et frappe à la porte en métal. Un vigile ouvre et lui demande ce qu’il vient faire ici. Batman dit : je veux voir Pingouin. Il est occupé, dit le vigile en refermant la porte.

Batman frappe à la porte. Le vigile rouvre et Batman lui donne un coup de poing dans la gorge qui le met KO. Il enjambe son corps pour entrer dans le club.

Il y a des centaines de personnes qui dansent en écoutant de la house. Les stroboscopes empêchent de voir une seconde sur deux.

Des gardes du corps repèrent Batman et essaient de l’arrêter. Batman se bat contre eux entre les gens qui dansent. Il en assomme un avec un coup de coude sur la nuque, en neutralise un autre avec un coup de poing dans le foie, étrangle un troisième avec le câble de son grappin, s’accroche aux poutrelles de la charpente pour esquiver les autres, et saute sur la passerelle qui mène aux bureaux.

Il balance dans le vide deux autres vigiles qui barrent sa route. Les gens qui dansent hurlent quand ils voient les corps tomber sur la piste mais la fête ne s’arrête pas.

Batman arrive devant un vigile qui a l’air plus fort que les autres parce qu’il fait partie de la garde rapprochée de Pingouin. Il a une prothèse à la place du bras gauche et une cicatrice autour d’un oeil en verre.

Il sait qu’il ne peut pas battre Batman donc il ouvre la porte du bureau de Pingouin avec un air menaçant.

Pingouin est assis derrière son bureau en train de fumer un cigare.

Il tourne le dos à Batman et regarde par la baie qui donne sur Gotham.

Batman, dit-il, je vous attendais.


Batman est seul dans la Batcave. Il est installé à son bureau devant 9 écrans HD sur lesquels il lit des données en lien avec son enquête sur le Pingouin ou sur lesquels il regarde des enregistrements pris avec ses lentilles-caméra.

Dans un coin de la Batcave, une grille d’ascenseur s’ouvre et Alfred en sort.

Alfred est le majordome du manoir Wayne. Il est vieux donc il a une moustache et des cheveux gris. Il est habillé comme un majordome normal avec un costume trois pièces bien taillé.

Il dit : bonsoir, Monsieur Wayne.

Bruce Wayne est l’identité de Batman quand il ne porte pas son costume.

Bonsoir Alfred, dit Bruce Wayne.

Alfred porte un plateau en argent avec du thé et des biscuits. Il le pose sur le bureau de Bruce Wayne et regarde les écrans.

Il demande d’où viennent les images.

De l’Iceberg Lounge, dit Bruce Wayne.

C’est un peu contre-intuitif, mais je me force à m’arrêter d’écrire quand je rentre dans un élan irréfléchi et que les pages s’écrivent seules. C’est l’assurance du moins bon sur lequel je vais devoir revenir. Donc autant partir faire autre chose et m’y remettre quand je serai vraiment concentré sur mon affaire.

Les livres qui se laissent aller sont ceux qui m’agacent le plus.


Je n’écris pas des livres sur, mais des livres avec.

J’ai été voir The Batman, qui est vraiment un super film. À la fin de la scène de course-poursuite en voiture j’ai même cru que j’allais pleurer tellement j’étais pris dans l’intensité de la fiction. C’est un Batman plein de colère et de dépression. Il y a plusieurs plans impressionnants, dans l’eau avec la fusée de détresse, dans le club, toutes les scènes à moto, et puis les bastons font vraiment ressentir les coups. Le scénario est OK, mais on ne regarde pas ce genre de film pour le scénario.

Je le dis autant comme une promesse que comme un défi : j’écrirai un Batman dans les prochaines années.


Je serai le plus grand dresseur de POKéMON du monde.

Je viens de recevoir des infos du PROF.ORME. Apparemment, c’était un jeune garnement aux longs cheveux rouges. Il s’appelait SILVER.

Je ne suis pas dresseur. Mais si tu regardes quelqu’un dans les yeux, prépare-toi à combattre.

MAUVILLE La ville aux senteurs du passé

J’ai fini d’écrire un chapitre qui m’a demandé beaucoup d’énergie et m’a empêché de faire ma séance de sport.


J’ai écouté une interview de Laylow d’une heure et j’ai vu que le prochain Cooper sortait en avril. Bonne nouvelle.

L’armée de Black Hole a éradiqué toute opposition sur le territoire de Macro Land. Ailleurs, son influence va grandissant.

Voici la mer. Certains POKéMON se trouvent uniquement dans l’eau.

Je deviens aigri mais au moins je deviens quelque chose.


Un des obstacles principaux de Casca : comment écrire de bonnes scènes de combat ? Personne ne se pose plus cette question parce que tout le monde est tellement obsédé par l’expérience de la langue ou la matière des mots ou la poésie.

Élaborer des stratégies cohérentes, détailler les coups, équilibrer le rapport de forces, faire image, mine de rien, c’est compliqué.


Dans Casca, j’essaie de supprimer toute la distance ironique qu’il y avait dans Rivage, et qui en fait un livre encore trop pour littéraires. C’est très dur de bien écrire au premier degré, mais c’est le défi que je me lance. Je suis épuisé de cacher mes personnages et mes aventures sous des regards obliques. Je veux trouver une voix sincère, qui croit à ce qu’elle dit.

Je crois avoir débloqué un noeud qui me contrariait depuis plusieurs mois.

Avant même que le livre soit lu, vous avez déjà tout compris (sur-défini, sur-vendu, surexpliqué) : on vous dit quel goût a le pain avant même que vous puissiez croquer dans la baguette.

Quel est le dernier livre que vous avez lu et dont vous ne saviez rien ?


Qu’une autre CE2 dessine mieux que moi, c’est hors de question, dit Fujino. Je vais pas me laisser doubler sans rien faire.


les corps des prieurs s’envolent dans le ciel et rejoignent une masse de nuages noirs qui se tordent en spirales s’enfoncent comme un typhon dans l’espace et guident les âmes pures dans un domaine qui reconnaît les siens la lumière s’engouffre dans cette colonne modélisée sur unreal engine 5 avec les mêmes paramètres que décrits dans l’ancien testament pour accéder à l’au-delà la lumière brûle sans douleur les villes sont les nouveaux sanctuaires la foudre tombe entre les immeubles une femme prie au milieu du chaos à genoux sur le trottoir ce n’est pas la guerre il y a des palmiers en 2D et des fontaines avec de l’eau compacte tout le monde y croit j’y crois aussi miami = paradis


je voulais écrire des trucs bien mais la littérature me semblait être un truc naze alors que je voulais que la littérature soit un truc OK donc j’avais pas les bons outils j’avais pas le bon mood je voulais écrire comme dante mais je vivais dans un univers en 3D où tout le monde pleurait à cause de la mort du beau qui était pourtant là dans une texture cachée du réel comme dans ce vieux Zelda où les herbes hautes ressemblent à des poignards

*

je voulais écrire pour tout le monde une histoire facile à comprendre avec des émotions vraies parce que je les pensais tous les jours mais j’étais incapable d’écrire ce que je voulais écrire parce que je n’avais aucune idée de ce que je voulais dire vraiment je mentais les paysages, les émotions, les visages tout était faux la pluie était fausse la nuit je trafiquais mes historiques MSN pour oublier qu’on ne répondait jamais à mes ça va

*

je voulais écrire à des gens qui n’ont jamais été là pour moi et leur dire : je t’aime je te pardonne même les meilleurs dresseurs soignent leurs Pokémon


J’aimerais écrire un roman Batman.

Je pense que c’est une bonne idée.

Il s’intitulerait Batman et raconterait une aventure de Batman contre plusieurs méchants, avec une enquête de détective, à l’ancienne quoi.

Batman fait un signe de la main à Alfred et monte dans la Batmobile. Elle tourne sur une plateforme mobile pendant que son énorme propulseur émet une vive lumière bleue.

Un passage s’ouvre dans la falaise sous le manoir des Wayne et la Batmobile en sort à 300 km/h.

Batman roule vers Gotham City.

Il pense : j’aurais dû prendre la Lamborghini. Elle est beaucoup plus subtile.

Des chauves-souris traversent le ciel.

Il y aurait ce genre de passage.

Il faut que je bosse. Je me mets tout seul dans la merde. Je regrette une vie que je ne peux pas avoir si je ne fais rien. Le temps passe vite. À un moment il sera trop tard. Le monde dans ma tête est un monde mort.

Je propose de vous raconter une histoire.

C’est une origine du cosmos.

Écoutez-moi bien.


Sentiment paranoïaque et inconfortable des autres qui se mettent à écrire comme vous.

Des fois vous vous demandez pour qui vous écrivez ? Parce qu’on dirait pas.

Je dois devenir hyper con. Je ne comprends plus un texte sur deux qui se revendique littéraire.

J’attends deux choses : Look Back et le nouvel album de Placebo.


Trish dit : je ne sais pas, Casca. On a passé tellement de temps ensemble, et j’ai été heureuse avec toi. Mais c’est ta quête, pas la mienne. Je dois aussi penser à moi, vivre quelque chose qui m’appartient. À Portobello, ou à Miami, je ne sais pas. Je ne me suis jamais posée la question. Je pensais que tout irait bien pour toujours. Je t’ai suivie parce que je n’avais personne d’autre dans ma vie. Mais maintenant j’ai peur de vivre dans le passé, alors je suis prête à vivre seule, pour moi. Je n’aurai pas le même destin que toi, mais je peux vivre heureuse. J’ai plein de gens à rencontrer, que je ne connais pas encore. À Miami il y a la plus haute tour du monde, et j’aimerais bien aller la voir. J’aurai plein de choses à raconter. Je reviendrai te voir. Je sais que tout ira bien maintenant. Tu vas me manquer, et c’est comme ça que je sais que je tiens à toi. On se retrouvera quand je serai devenue quelqu’un. Quand j’aurai trouvé ma couronne.


Il faudrait vivre.

Snow Patrol - Open Your Eyes


Street Fighter II: The Warrior World est un jeu de combat dans lequel les joueurs s’affrontent en un-contre-un jusqu’au KO.

Il y a 8 personnages jouables, qui viennent du monde entier.

Par exemple, Ryu et Ken sont deux karatékas rivaux avec des goûts opposés : le premier aime les traditions et le combat à mains nues, l’autre les femmes et la vie moderne. Seul l’amour du karaté les rassemble.

Il y aussi Chun-Li, une femme avec des cuisses énormes qui maîtrise un mélange de kung-fu, de capoeira et de taekwendo. Elle devient détective à 18 ans et participe au tournoi pour retrouver l’assassin de son père.

Ce qui relie tous ses combattants est le Shadaloo, une organisation dirigée par le maléfique M. Bison.


Lancelot et Gauvain ont super bien dormi à l’auberge.

Leur jauge d’énergie est remplie à 100 %.

Je sens que ça va être une bonne journée, dit Gauvain. Quand j’ai bien dormi, je vois toujours les choses du bon côté. Il trempe sa tartine dans un bol de chocolat et la mange avec appétit.

Lancelot regarde une carte de la région.

C’est le type de la veille qui la leur a donné. Il a dit : vous allez vous perdre si vous continuez à traverser toutes les forêts au hasard. Avec une carte, on se repère mieux.

Lancelot l’a remercié pour son cadeau, et ils se sont séparés.

Il dit : il y a une grotte pas très loin de la stèle. On devrait aller voir. Ouais OK, dit Gauvain.

Ils finissent de manger, enfilent leur équipement et partent à pied vers la grotte.

L’entrée est gigantesque, comme celle d’un palais.

Je pensais pas que c’était ce genre de grotte, dit Gauvain. Il allume un flambeau et entre en premier. Il y a des flèches peintes sur les parois qui leur indiquent dans quelle direction avancer.

Ils continuent leur route jusqu’à ce que le chemin principal se sépare en deux. Allons à gauche, dit Lancelot. C’est son intuition qui le guide.

Ils voient une lumière orange tout au fond du tunnel.

Un vieil homme est en train de creuser avec une pioche dans la pierre. Il a posé une lanterne sur une caisse en bois pour voir ce qu’il fait.

Bonjour, dit Lancelot. Qu’est-ce que vous faites ?

Je creuse, dit le vieil homme.

Vous cherchez quoi ? demande Lancelot. Ma maison, dit le vieil homme.

Il y a des années, un volcan est entré en éruption et la lave a recouvert toute cette zone. Les gens ont fui avant de mourir et le volcan est devenu une montagne.

Le vieil homme est parti en laissant un objet très précieux dans sa maison. Depuis, il creuse pour le retrouver. C’est un objet unique, dit-il, je ne pense qu’à lui. Toutes les nuits je le vois dans mes rêves parce que c’est ma quête.

Lancelot pense à propre quête.

Gauvain demande : et l’autre chemin il mène où ? Nulle part, dit le vieil homme, c’est un cul de sac. La voie est bloquée par une grosse pierre avec des symboles dessus.

Lancelot et Gauvain font demi-tour pour prendre l’autre chemin et arriver jusqu’à la pierre. C’est la même pierre que la stèle. Ils comprennent que la stèle n’était pas posée sur le sol, mais qu’elle s’enfonçait sous terre.

Tu penses qu’elle s’enfonce jusqu’où ? demande Gauvain.

Aucune idée, dit Lancelot.

J’ai pas envie de creuser, dit Gauvain.


Lancelot marche vers la stèle.

Il lit plein de mots qu’il ne comprend pas. Il se retourne vers Gauvain et lui demande : tu comprends ce qui est écrit ? Gauvain essaie de lire mais il ne comprend rien non plus. Non, dit Gauvain, je comprends rien. C’est quoi comme langue ?

Je sais pas, dit Lancelot, c’est peut-être la langue des ancêtres.

Je connais la langue des ancêtres, dit Gauvain, et c’est pas celle-là. C’est plutôt une langue du futur. Les formes me font penser au futur.

Il faudrait demander à Merlin, dit Lancelot.

Bof, dit Gauvain, il raconte que de la merde.

Ouais, dit Lancelot.

Ils entendent quelqu’un qui sort de la forêt parce que les branches et les herbes hautes font du bruit. Ils voient un type en armure apparaître et marcher vers eux.

C’est qui ? demande Gauvain. Aucune idée, dit Lancelot. Tous les deux mettent la main sur la garde de leur épée.

Le type marche dans la prairie jusqu’à les rejoindre.

Salut, dit-il. Il pointe la stèle. Je me demandais si vous aviez compris ce qui était écrit sur la stèle. Non, dit Lancelot, justement on se demandait quelle langue c’était.

Il dit : mon ami pense que c’est une langue du futur.

Ah ouais, dit le type.

Il voit que Lancelot et Gauvain sont prêts à dégainer leurs épées. Il demande : vous voulez qu’on se tape ? C’est pas obligé, dit Lancelot. On doit juste comprendre ce qui est écrit sur la stèle avant de rentrer. Vous habitez où ? demande le type.

Dans un château, dit Lancelot, avec d’autres chevaliers.

OK, dit le type, ça a l’air sympa. Ouais c’est sympa, dit Lancelot, y a une bonne ambiance.

Ils ne savent pas trop comment continuer leur conversation.

Et toi tu vis où ? demande Gauvain. De l’autre côté de la forêt, dit le type, dans un village normal. Je suis le gardien de la stèle, même si personne ne sait à quoi elle sert.

En fait, dit-il, je croyais que vous aviez compris ce qui était écrit dessus. Tout le monde au village aimerait savoir. On sent qu’elle cache un truc mystique. Une stèle magique ? demande Lancelot.

Non, dit le type, la magie c’est normal. On pense à un truc beaucoup plus puissant, comme voyager dans le temps, ou tirer des lasers avec les yeux. Des trucs de ce niveau-là.

Comme tous les trois n’ont pas de solution pour comprendre ce qui est écrit sur la stèle, le type leur propose de les accompagner jusqu’au village et qu’ils dorment à l’auberge.

Lancelot et Gauvain acceptent.

La plupart des romans ont une espèce de faux ton explicatif, un truc un peu ambigüe de la voix qui ne sait pas où se placer. Le narrateur en dit toujours beaucoup trop en essayant de faire semblant de moins.


MGMT - Indie Rokkers

I found blood and I saw stars All in the backseat of your car And I told you it was love But you won’t know the truth I’m a young man in my prime With my heart still filled with fear

salut je suis revenu finalement en 2009 personne ne me croyait quand je disais que j’étais seul je ne pouvais pas le dire autrement la sensation a toujours été là je suis jaloux de ceux qui comprennent comment faire sur google ils n’apprennent pas comment faire même sur dofus les amis servaient surtout à crafter sa pano scara moins cher ensuite je les ai oubliés ils sont partis dans d’autres guildes où je n’avais plus ma place je ne sais pas qui je pourrais inviter à mon anniversaire je regarde les noms sur cette longue liste de fantômes je mets le doigt sur une ligne j’ai oublié son visage


Rejoinder: Third World Magicks with Mike Kleine

Rien ne va dans le monde du livre et tout le monde s’en contente. Et même ceux qui ne s’en contentent pas, en fait, s’en contentent.

Dans un article sur l’édition indépendante, un éditeur dit qu’il faut des livres qui aient une valeur, avec un beau papier, une bonne impression et une couverture solide, parce que le livre moche et pas cher incite au passage à la liseuse.

La majorité des mangas a un papier dégueulasse, une impression moyenne, une couverture souple, coûte entre 6 et 7 €, et il s’en vend des millions.

Tous les best-sellers sont vendus avec des maquettes horribles.

Les beaux livres c’est une lubie de bourgeois, pas de lecteur.

Ce que veut le lecteur, c’est une bonne histoire.

L’Odyssée, c’est une bonne histoire.


MIAMI = PARADIS

C’est ce qui est tatoué dans son dos, d’une épaule à l’autre.

Windows Millenium me manque.

L’oeil de Sauron vous voit les fitgens.

J’écoutais les instructions et je pensais à Adam, le vrai. Lui me comprenait. Il terminait ses ordres par : des objections, jeune dame ? Il savait que je ne protesterais pas, voulant ainsi réaffirmer notre confiance. Mais puis-je me fier à cet ordinateur ?

C’est quoi une vie normale ?


Nous sommes en l’an 2035.

Japon.

Des foules de spectateurs se rassemblent en prévision de la première éclipe solaire totale du XXIe siècle.

Je m’appelle Soma Cruz. Je suis étudiant et je participe à un échange au Japon.

J’habite près du temple de Hakuba, lieu saint fortement empreint de mythologie japonaise.

Mina Hakuba, fille unique du gardien du temple, est à la fois une camarade de classe et amie.

Je commençais à me diriger vers le temple pour assister à l’éclipe solaire avec Mina, mais bizarrement, l’escalier qui menait au temple semblait plus long, comme si une chose tentait de nous éloigner.

Quand je réussis enfin à franchir la porte du temps, mes sens commencèrent à se brouiller…

Le soleil couleur d’ébène maintient l’opacité chaotique des ténèbres, tentant de réveiller une âme dormante comme s’il cherchait son alter ego…


Je veux rentrer à la maison. Le monde m’angoisse. Je veux que les choses redeviennent comme avant. Je fais du sport. J’essaie de surmonter mes mauvais penchants. La vie m’humilie tous les jours. Je ne trouverai jamais ma place. La chaos se loge dans les yeux des gens. Les cerveaux sont pétrifiés. Dans l’espace tout le monde est libre. Chaque matin un chat m’attend, assis sur une poubelle. Il me regarde comme un homme. Il n’attend rien de moi. Je suis terrorisé. J’ai caché une bombe sous ma langue. Elle explose chaque fois que je vous parle. Sam Delta dit : la solitude est là. Le premier homme est un caillou. Les fusées s’envolent toutes vers le même trou noir. On atteindra Uranus pour se noyer dedans. La malédiction flotte au-dessus de ma tête avec la forme d’une bougie qui fond. Toutes les images existent. J’ai 13 ans et je découvre un passage vers le paradis en soulevant une plaque d’égoût. Les autres enfants déjà là ne veulent pas que je vienne avec eux. Je dis : le paradis est à tout le monde. Je pars m’assoir sur un mur. Sam Delta dit : la solitude est là. Sam Delta dit la vérité. Le seul remède c’est l’action. Qui pardonne s’éteint.

J’écris pour des gens qui ne savent pas que j’existe et qui m’aiment en secret.


Dans ce roman, dit Nina Léger, je voulais que la fiction vienne infiltrer le réel.

Camille a avoué avoir tué un ses amis, Théo, 23 ans, après une soirée en tête à tête passée chez elle.

Elle lui aurait planté un couteau dans le ventre avant de l’étrangler avec la cordelette d’une de ses jupes.

Le corps de Théo a été retrouvé caché dans un placard, emballé de nombreux sacs plastiques scotchés entre eux, les mains nouées dans le dos.

Dracula a péri en 1999.

En l’an 2035, un nouveau maître viendra au château et il héritera de tous les pouvoirs de Dracula.


Sam Delta se gare devant une maison vide.

Il marche dans le jardin et ouvre une porte à l’arrière, qui donne dans le garage. Les étagères sont pleines de trucs mais l’espace au centre est vide. Il manque une voiture.

Il entre dans la cuisine et va jusque dans le salon. Il prend un cadre posé sur une commode et regarde la photo. Il pense aux gens qui sont dessus et qu’il n’a pas vus depuis des années.

Il sent l’atmosphère de la pièce et se souvient d’un jour où il était heureux. Il pense : les fantômes sont mes amis. Même les vivants ont disparu. Il repose le cadre là où il l’a pris.

Il pense : la fin du monde approche.

La maison explose mais reste intacte.

Sam Delta n’est plus dedans.

Je raconte des histoires avec des personnages qui vivent dans ma tête et dans mon coeur.


L’espace se distend sous leurs yeux et un homme prend forme.

Bryan Vega.

La terreur qu’il inspire est si grande que plus personne ne bouge. Nocturne comprend pourquoi son plan n’avait aucune chance de marcher. Il incarne le chaos.

Son aura seule répand le désespoir.

Gon court vers lui. Bryan, dit-il, c’est elles qui nous ont attaqués sur le bateau. Il pointe Nocturne et Leblanc. Elles ont dit qu’elles voulaient te tendre un piège. Vega frotte les cheveux de Gon. Ne t’inquiète pas, dit-il, je les connais bien. Elles ne veulent pas me faire de mal.

Vega regarde Leblanc.

Il quitte Gon et avance vers elle. Tout le monde a l’impression qu’il marche au ralenti. La gravité est perturbée par ses mouvements et crée des micro-fissures dans l’air.

Il arrive à sa hauteur. Il fait deux têtes de plus qu’elle.

Leblanc, dit-il.

Bryan, dit Leblanc.

C’est agréable de revoir des visages qu’on connaît, dit Vega. Il regarde autour de lui. Il demande : Tim est dans le coin ? Non, dit Leblanc, il est occupé ailleurs.

Pour récupérer la pierre ? demande Vega.

Leblanc ne répond pas.

Apparemment, c’est un gamin qui l’a, dit Vega. C’est la rumeur à Miami. Il se prend pour Dieu. J’ai hâte de le rencontrer. Je me demande à quoi Dieu ressemble.

Il recoiffe la mèche qui tombait sur son front.

Pauvre Tim, dit-il, sans pierre, sans couronne, sans corps. Je m’inquiète pour lui. J’irai lui rendre visite, bientôt. On parlera du passé et des bons souvenirs. Il vit toujours au même endroit ?

Oui, dit Leblanc.

Génial, dit Vega, je n’aurai qu’à sonner.

Mes jeux Game Boy Advance : Castlevania : Aria of Sorrow Golden Sun Golden Sun : L’Âge perdu Final Fantasy Tactics Advance Metroid Fusion Pokémon Rouge Feu Super Mario Advance 4 Sword of Mana Warioland 4 Zelda : The Minish Cap Zelda : A Link To The Past

J’ai envie de dire des trucs mais je suis lassé par les mots.


La mélodie lancinante de Lester résonne dans la ville. Des âmes sont bouleversées. Même les âmes des disparus sont émues.

La mélodie atteint jusqu’au lointain château Granz.

Luna dit : si tu as l’intention de faire face à ton destin, j’irai avec toi. On peut pas broyer du noir éternellement, non ?

The Smile - You Will Never Work In Television Again

Sa tenue est faite d’un gilet pare-balles enfilé sur un hoodie noir, d’un pantalon cargo de la même couleur, de bottes militaires et d’une cagoule en cuir avec une épaisse fermeture éclair qui s’ouvre du menton jusqu’au front.


Pas besoin d’un disque de diamant, je vis de mon art je suis déjà content. Dans la vie faut faire preuve de bon sens.

Jazzy Bazz - .RAW Spleen feat. Laylow

J’vais peut-être finir nez à nez avec ton boule à MIAMI.

C’est vrai que j’écris de moins en moins des choses qui viennent de moi, et me contente désormais de retranscrire ce que les autres disent.

J’ai reçu cette semaine ma GBA modée, autant vous dire que j’ai oublié l’idée même de littérature.


2022 je veux être l’homme de l’année, envoyer du son comme personne ne l’a fait.

Avouez, dit Pidi, il est trop bien mon reels.

Ce qui me frappe, partout où l’on parle des livres, c’est qu’on ne voit jamais le texte : articles, blogs, réseaux sociaux, peu importe, le grand absent, c’est toujours le coeur.

Les libraires sont très sensibles au principe du Livre dont vous êtes le héros, surtout quand ce n’est pas mentionné sur la couverture (il y a un effet de surprise).

En plus, ça a le mérite de cacher le néant de phrases comme La caractéristique de la réalité c’est qu’elle dépasse toujours la fiction.

Sur Facebook, quelqu’un a demandé des références de mangas pour son fils de 10 ans. Dans les commentaires, Lynda-Nawel Tebbani dit : Soleil Manga. La littérature classique en manga! Un must. Hamlet en manga. Dostoïevski. Etc.

J’ai éclaté de rire.


You are now listening to 103.5 Dawn FM. You’ve been in the dark for way too long. It’s time to walk into the light and accept your fate with open arms.

Le cristal est le lien qui connecte le monde. Je suis né pour le défendre. Je suis le fidèle serviteur des êtres blancs. Les machinistes qui m’ont créé.

Cette culture de l’excellence, cet état d’esprit de l’excellence, si tu veux te créer une vie libre et épanouie, tu n’as pas le choix, il faut que tu passes par là.

Parce que les gens qui vivent dans cette culture de la médiocrité, qui ont toutes ces petites habitudes quotidiennes qui visent qu’à apporter de la gratification instantanée, du petit plaisir facile, ces gens-là, au fil du temps, ils deviennent des individus mous, des individus complètement accros à la dopamine, des individus qui sont incapables de surmonter la procrastination pour reprendre leur vie en main, pour atteindre leurs objectifs.

Et la conséquence, c’est qu’ils finissent par subir leur vie.

Et ça c’est ce qu’on veut pas, on veut pas subir notre vie, on veut être acteurs de notre vie.

Et là tu te demandes peut-être : mais Emilio, quel est le lien avec la musculation ?


Je me demande quel est le budget de Cécile Coulon pour sponso ses posts Insta.

Les prix des jeux Game Boy Advance sont devenus indécents. Aucun Castlevania, ou Metroid, ou Pokémon à moins de 40 € en loose. Ils se font tellement rares que maintenant on vend des faux pour 20 €. J’aurais mieux fait de garder ces cartouches quand je les avais. À la place j’ai des milliers de livres qui ne prennent aucune valeur et qu’on trouve partout.

Aussi pour dire : si jamais vous avez des jeux GBA qui traînent chez vous, je suis preneur.


Upa, dit Speedwagon. Mircea, dit Upamecano.

Ils se serrent dans les bras.

Je suis tellement heureuse de te voir, dit Speedwagon. Moi aussi, dit Upamecano. C’était un long voyage, mais j’ai accompli ma quête. Il pivote et montre Casca, juste derrière lui, debout dans la neige. Speedwagon demande : c’est elle ? Oui, dit Upamecano, je te présente Casca. La nouvelle gardienne.

Enchantée, dit Speedwagon en lui serrant la main. Casca dit : Upamecano m’a beaucoup parlé de vous. Speedwagon sourit. Elle dit : on a une longue histoire tous les deux.

Suivez-moi, dit Speedwagon, j’ai quelque chose à vous montrer.

Pour sauver ce Monde, celui de la Lumière, tu dois reconquérir le Pouvoir d’Or. Tu dois aussi sauver les sept jeunes filles qu’Agahnim a envoyées dans le Monde des Ténèbres. Étant de la même lignée que les Sages, elles ont des pouvoirs qui t’aideront sûrement.

Les jeunes filles sont enfermées dans des donjons cachés, pleins de créatures diaboliques et de pièges.

Va au Palais des Ténèbres !

Scott, tu es mon seul espoir ! Donne vie à ce rêve de vieil homme, je t’en supplie !


J’ai fait un détour par le EasyCash de Langueux, où j’ai trouvé une version loose pas chère de Golden Sun : L’Âge perdu.

Je lis les livres mais ne vois rien.

Derrière les mots, il n’y a aucune image.

Don’t Look Up! c’est Melancholia sauf qu’ils ont remplacé Kirsten Dunst par Leonardo DiCaprio et la cabane en branches par un pavillon de banlieue.

How and Why I Stopped Buying New Laptops


Pendant ce temps, François Bon fait l’éloge des NFT et ouvre sa page Rarible. C’est un vrai pro de la blockchain, même s’il préfère ne pas entrer dans le détail.

Les meilleurs remèdes contre la maladie : beaucoup d’eau et de sommeil.

Je suis bien Sahasrahla, l’Ancien du village et l’un des sept descendants des Sept Sages.

Je suis surpris, Scott, qu’un jeune homme comme toi puisse chercher l’Épée du Diable. Il n’est pas donné à tout le monde d’utiliser cette lame.

La légende transmise par les Hyliens dit que seul le Héros qui aura les trois Pendentifs pourra manier cette épée.

Donc maintenant la tendance c’est les romans en vers libre.


En ce moment, je ne vais pas très bien. Je me sens tout le temps fatigué et ne trouve plus d’intérêt à faire ce que je fais. Je n’ai pas lu un roman depuis trois mois, ce qui ne m’est pas arrivé depuis dix ans. Je lis à peine la poésie que je dois lire pour le travail, et la lis sans comprendre ce que je dois y trouver. Je commence à programmer les invitations comme elles viennent, ce qui est la pire façon d’envisager ce métier. Dans l’ensemble, je travaille trop, mais je ne trouve pas d’issue pour travailler moins. Rivage est un échec considérant le temps que j’ai passé dessus. Il n’a rien produit de ce que j’espérais. Tout ce pour quoi je me consacre est englouti dans le néant. Je me demande un jour sur deux si écrire vaut vraiment le coup, ce qui est sans doute normal quand on écrit, mais n’en demeure pas moins démoralisant. Je n’ai presque plus de relations amicales, et peine à m’investir dans celles qui subsistent. Je ne réponds pas aux appels en absence, peu aux messages. L’année dernière, j’ai entendu des choses qui m’ont rendu plus triste que d’habitude, mais je ne l’ai pas dit sur le moment parce que j’avais peur d’avoir tort. Je ne sais pas si c’est la dépression, mais certains jours ça y ressemble. La vie que je mène a l’air d’être celle d’un étranger. Il ne me reste que Cécile. Parfois l’incapacité de ma famille à se dire les choses me pèse. Je suis sans doute un enfant gâté. Moi aussi j’aimerais partir dans une fusée vers les étoiles. Je suis impatient d’une vie que je ne connais pas. Le futur est un soleil noir. J’ai hâte d’aller mieux.


Je commence l’année malade.

Dans mon demi-sommeil, j’ai pensé à plusieurs trucs sur l’état de l’art, et à la fin j’ai conclu par : qu’importe l’ivresse, pourvu qu’on ait le flacon.

À 4 heures du matin, ça avait du sens.